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1-MYSTÈRES DÉVOILÉS

Le temps est venu où la Grande Sagesse, tenue et gardée pendant de nombreux siècles en Extrême–Orient, doit se répandre maintenant sur la Terre au commandement des Grands Maîtres Ascensionnés qui dirigent, protègent et aident à l’expansion de la Lumière dans l’humanité sur cette Terre.

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MYSTÈRES DÉVOILÉS
1934, Saint Germain Press

Compilé par www.bibledunouvelage.org, 2026 à partir de la publication originale en anglais

Traduction française : DeepL (logiciel IA, version Pro)
(Pour toute erreur de traduction, merci de le signaler à contact@bibledunouvelage.org)

SOMMAIRE

Hommage 3
Avant–propos 4
Chapitre I : Rencontre avec le Maître 7
Chapitre II : Le désert du Sahara 23
Chapitre III : Le Teton Royal 42
Chapitre IV : Mystères du Yellowstone 59
Chapitre V : Mémoires Inca 67
Chapitre VI : Cités enfouies de l’Amazone 85
Chapitre VII : La vallée secrète 100
Chapitre VIII : La Puissance Omniprésente de Dieu 110
Chapitre IX : Vénus visite le Teton Royal 124

Hommage

Le temps est venu où la Grande Sagesse, tenue et gardée pendant de nombreux siècles en Extrême–Orient, doit se répandre maintenant en Amérique au commandement des Grands Maîtres Ascensionnés qui dirigent, protègent et aident à l’expansion de la Lumière dans l’humanité sur cette Terre.

À travers cette série de livres, le Grand Maître Ascensionné Saint–Germain est l’un de ces Puissants Êtres Cosmiques qui appartient à la Grande Armée des Maîtres Ascensionnés gouvernant notre planète.

Il est la même Grande Présence Maîtresse qui travailla à la Cour de France avant et pendant la Révolution française et dont l’Avis, s’il avait été suivi, aurait épargné de grandes souffrances. Il est indissolublement lié à l’Amérique d’hier, d’aujourd’hui et de demain, car une part importante de son Œuvre sur Terre consiste à purifier, protéger et illuminer le peuple d’Amérique pour qu’elle devienne le Porteur de la « Coupe de Lumière » aux autres nations de la Terre à l’Age d’Or qui s’ouvre devant nous.

La Liberté même de l’Amérique, au début de son existence, est due en grande partie à ses efforts inlassables pour protéger et encourager ceux qui en furent les initiateurs. La rédaction de la Déclaration d’Indépendance résulte aussi directement de son Aide et de son Influence, et c’est son Amour, sa Protection et sa Gouverne qui soutinrent Washington et Lincoln aux heures les plus sombres de leurs vies.

Ce Frère Bien–aimé de l’humanité, qui œuvre infatigablement à sa Lumière et à sa Liberté, travaille même encore aujourd’hui en Amérique, dans le monde des affaires gouvernementales et apporte certains changements bénéfiques qui béniront l’Amérique et, par elle, le monde entier. Avant longtemps, les peuples d’Amérique et de la Terre sauront tout le bien qu’ils doivent à ce Grand Maître Ascensionné, auquel il est impossible de rendre complètement justice, si ce n’est dans un Amour très profond, en obéissance et service à l’Idéal qu’il défend et pour lequel il ne cesse de travailler.

La connaissance approfondie de ses Activités dans notre pays rend possible un sentiment de contact étroit et d’Amour envers lui, qui devient une Force vivante et tangible dans la Vie du lecteur.

Le Rayonnement de ce livre est tel qu’il ne peut être effusé que par un Maître Ascensionné, en l’occurrence Saint–Germain, le Grand et Bien–aimé Porteur de Lumière.

Godfré Ray King

Avant–propos

C’est grâce à l’Assistance de Saint–Germain que j’ai eu le privilège de connaître les expériences relatées dans cette Série de Livres, et l’autorisation a été donnée de les mettre en une forme qui puisse être portée à la connaissance du public. Sans avoir soi–même bénéficié d’une Assistance similaire, personne ne peut réaliser combien sont grands et éternels mon amour et ma gratitude envers lui et ceux des autres Maîtres Ascensionnés dont je reçus l’Aide.

À l’exception de Saint–Germain, et à son Ordre, les Noms réels des Maîtres Ascensionnés, les lieux exacts, les enregistrements, les dates et le trésor décrits sont gardés secrets, intentionnellement et pour des raisons évidentes : ce n’est que par un Service d’Amour et sur Invitation des Maîtres Ascensionnés que s’acquiert le droit d’être avec eux dans des corps visibles, tangibles, vivants et respirants. Toute autre voie d’approche est condamnée à la déception et à l’échec, car la Grande Présence et Puissance qui veille depuis des siècles, Les garde encore.

La pureté intérieure, la force et l’accomplissement sont les seuls sauf–conduits par lesquels on aborde ces activités et on entre en association avec les Maîtres Ascensionnés. Lorsque, par l’autocorrection consciente de ses faiblesses, un individu atteint un certain point, rien dans l’Univers ne peut le tenir éloigné d’eux.

Il existe en Amérique l’un des plus Anciens Foyers de la Grande Fraternité Blanche, l’une des plus Anciennes Retraites des Maîtres Ascensionnés, qui a œuvré pour la Liberté de l’homme depuis son avènement sur cette planète. Certaines des activités dans cette Retraite sont révélées au lecteur afin qu’il puisse, s’il y est prêt, établir un contact conscient à travers sa propre Lumière Intérieure avec la Lumière Supérieure qui se déverse à travers ce Puissant Centre de Radiation Divine, et par là s’abreuver à nouveau à la Fontaine de l’Ancienne Sagesse et porter à ses frères las la Coupe de Cristal de Paix, d’Amour, de Force et de Victoire.

Par ce livre mis entre les mains du public, le but poursuivi est de transmettre à l’individu l’encouragement et la force qui l’élèveront et le soutiendront au cours de la période de transition que nous traversons aujourd’hui et de révéler aussi quelques aspects des Fondations solides et saines sur lesquelles se construisent l’avenir de Notre Pays et l’âge entrant.

Ce livre est écrit dans le cadre majestueux et imposant du mont Shasta, dont le sommet est toujours nimbé de ce Blanc pur et scintillant, symbole de la « Lumière de l’Éternité ». Ses pages relatent comment j’ai été amené à entrer en contact avec le Maître Bien–aimé Saint–Germain et ces autres Grands Maîtres Ascensionnés qui travaillent sans relâche pour aider l’humanité de cette Terre luttant sur le Chemin de la Paix, de l’Amour, de la Lumière et de la Perfection Éternelle.

Moi, dont ce fut l’expérience, je me tins fermement à un grand désir dominant, venant de l’Intérieur, de voir, d’entendre et de connaître infailliblement la Vérité de la Vie. Pas à pas, je fus guidé à réaliser et à accepter à l’intérieur de mon propre Être la Puissante Présence Divine, la Lumière qui illumine tout homme venant au monde", le "Christ". Son Omniprésence Omnisciente et son Infaillible Activité m’ont été révélées, et je les transmets au lecteur dans ces pages.

Je ne peux relater qu’une partie des évènements qui se produisirent et de l’Enseignement que je reçus. Mes grands désirs se sont accomplis un à un, parce qu’ils étaient constructifs et désintéressés. Ma quête de Vérité et de bonheur a été longue et constante, mais j’ai trouvé l’une et l’autre, et aucun être humain ne peut me les enlever, car ils sont éternels et proviennent de mon propre Grand Soi Divin. Je fais part de cette expérience en priant le plus profondément que le lecteur reçoive la Lumière, soit béni et réussisse sur son Chemin de Vérité qui, seul, permet de trouver le Bonheur Permanent. C’est là, et seulement là, que le chercheur de Lumière trouvera la Paix Éternelle et l’Activité dans le Service d’Amour. Si mon présent effort à diffuser ces livres dans le monde peut apporter de l’Amour, de la Lumière et du Bonheur – que j’ai reçus – à ceux de la Terre qui ont aussi cherché la Lumière, j’aurai été amplement récompensé.

Le Grand Maître Ascensionné Saint Germain nous a dit que les livres de la série Saint–Germain sont reliés dans des Couvertures de Joyaux dans l’Octave de Lumière des Maîtres Ascensionnés.

Ils contiennent l’Éternelle Loi de la Vie et resteront la Loi pour l’humanité et la Terre pour des milliers d’années !

La Loi du I AM de Maître Ascensionné est l’Unique Voie que fournit la Vie pour élever l’activité des êtres humains vers la prochaine Octave de Vie, au–dessus de l’humain. C’est l’Unique Voie par laquelle les individus peuvent corriger les erreurs du passé et, libérés de celles–ci, s’engager plus avant dans le futur. C’est le moyen que la Loi de la Vie accorde à l’individu pour restituer en compensation à l’Universel l’énergie de Vie dont il a mésusé, au lieu de réparer individu à individu, ce qui entraînerait une chaîne de réactions sans fin.

Cette possibilité de compensation universelle est certainement la plus Grande Miséricorde de la Vie accordée à Sa Création. C’est la Grâce que Jésus a enseignée et par laquelle il obtint son Ascension. Tous les Maîtres Ascensionnés, et il y en a des milliers, ont utilisé exactement cette même application pour devenir la Perfection et la Puissance de Vie qu’ils sont aujourd’hui.

Par la lecture de cette série de livres, vous cherchez à comprendre ce qui exprime une Perfection Infiniment Supérieure à ce que vous ou d’autres êtres humains de cette Terre expriment. Il n’y a pas de divergences dans cette explication de la Loi, telle que les Maîtres Ascensionnés l’ont donnée. Ils sont des Êtres entièrement Purs, Parfaits et Tout–puissants, qui jamais ne commettent d’erreurs. Celui qui lit ces livres devrait réaliser combien il connaît peu de ce qu’il existe dans ce Magnifique Univers, hormis lui–même, et dont il n’a jamais entendu parler.

Chacun sait positivement qu’il existe une Puissance Intelligente et une Activité de Vie plus grands que ses propres esprit, corps et intellect humains ou que ceux de toute l’humanité rassemblée.

Chacun sait que notre monde et le Système de Mondes auxquels appartient notre Terre furent conçus, créés et sont soutenus par une Intelligence et une Puissance plus grandes que tous les intellects humains et consciences sur notre planète.

Alors, plutôt que de dire ou penser qu’il y a des divergences dans cet Enseignement des Maîtres Ascensionnés, qui est Parfait, essayez de réaliser combien votre intellect humain ou celui de l’humanité tout entière connaissent peu de la Perfection. Pourquoi les êtres humains, qui sont si limités et font eux–mêmes tant de fautes, oseraient–ils prétendre que les Maîtres Ascensionnés, qui sont totalement Purs, Parfaits, Aimants et Tout–puissants commettent des erreurs, alors que c’est impossible ?

Une telle attitude ne reflète que l’ignorance humaine qui juge la Vie Divine et la Manifestation de l’Univers à travers la discorde des sentiments humains dans sa rébellion contre l’obéissance à la Loi de la Vie. Jamais les Maîtres Ascensionnés et nous–mêmes n’avons recours à une force destructrice. Nous n’en avons pas besoin ! Toute énergie qualifiée de façon destructive est l’outil de la force sinistre qui habite des individus rebelles qui ne veulent pas obéir à la Loi de leur propre Vie pour leur propre bien supérieur.

La Puissance et la Victoire de la Lumière établissent leur Empire aux États–Unis d’Amérique, car les Maîtres Ascensionnés et les Êtres Cosmiques ont émis un Décret pour que la Perfection de la Vie s’exprime pleinement à travers le peuple de cette Terre. Cette Perfection débute en Amérique par la Compréhension des Maîtres Ascensionnés et l’usage conscient de la Grande Parole Créatrice « I AM ».

Tous ceux qui utiliseront cette Parole, comme les Maîtres Ascensionnés le font, libéreront les mêmes Victoire et Perfection de Lumière Toutes–puissantes que les Maîtres, car ils sont leur Perfection et Puissance totales. Ils les sont devenus en utilisant cette Parole. Tous peuvent faire exactement la même chose et devenir Parfaits et Tout–puissants aussi.

Le dicton « la Vérité est plus étrange que la fiction » s’applique à ce livre. Il appartient au lecteur d’accepter ou de rejeter, à son gré, mais les Maîtres Ascensionnés, dont j’ai reçu l’aide, m’ont dit souvent : « Plus l’humanité peut accepter notre Présence, plus grande s’ouvre à nous la porte par laquelle nous lui apporterons une aide toujours plus grande. Mais notre rejet par ceux qui ne sont pas d’accord avec cette Vérité ne nous éliminera pas et ne changera pas son Activité dans l’Univers. »

Ceux qui acceptent la Vérité présentée ici trouveront une Force nouvelle et puissante entrant dans leur vie. Chaque exemplaire de ce livre porte en lui cette Présence Puissante, Sa Radiation et Sa Puissance de Soutien. Tous ceux qui étudieront ces pages avec honnêteté, sincérité, profondeur et persistance entreront en contact avec la Réalité de cette Présence et de cette Puissance. A ceux qui lisent ce livre, je veux dire que ces expériences, qui toutes se sont produites d’août à octobre 1930 sur le mont Shasta, en Californie, USA, sont aussi Réelles et Vraies que l’est aujourd’hui l’existence de l’humanité sur cette Terre.

Godfré Ray King
Chapitre I
Rencontre avec le Maître

Le mont Shasta se dressait fièrement dans le ciel de l’ouest, le pied entouré par une forêt de pins et de sapins qui lui donnait un air de joyau d’une blancheur brillante de diamant serti dans un écrin de verdure. Ses pics recouverts de neige scintillaient et changeaient d’un instant à l’autre de couleur alors que les ombres s’allongeaient au soleil déclinant vers l’horizon.

Le bruit circulait qu’il s’y trouvait un groupe d’hommes, d’Êtres Divins en fait, appelé la Fraternité du Mont Shasta, qui constituait une dépendance de la Grande Loge Blanche, et que ce Foyer issu de temps très anciens avait perduré sans interruption jusqu’à ce jour.

J’avais été envoyé pour affaires gouvernementales dans une petite ville située au pied de la montagne et, en dehors de mon travail, j’occupais mes heures de loisirs à élucider cette rumeur concernant la Fraternité. Je savais par mes voyages en Extrême–Orient que la plupart des rumeurs, des mythes et des légendes recèlent quelque part quant à leur origine une Vérité profonde sous–jacente, qui reste habituellement ignorée de tous sauf de ceux qui sont de réels étudiants de la vie.

Je tombai amoureux de Shasta et, chaque matin, je saluais, presque involontairement, l’Esprit de la Montagne et les Membres de l’Ordre. Je percevais quelque chose de très inhabituel dans toute cette localité et, à la lumière des expériences qui suivirent, je ne m’étonne pas que certaines s’y soient fait pressentir.

J’avais pris l’habitude de faire de longues randonnées le long des sentiers chaque fois que je voulais réfléchir seul ou prendre des décisions importantes. Ici, sur ce Géant de la Nature, je trouvais la détente, l’inspiration et la paix qui calmaient mon âme et vivifiaient mon esprit et mon corps.

J’avais projeté de faire, pour mon plaisir – comme je le croyais – une telle excursion, et de passer quelques heures au cœur même de la montagne, lorsque l’expérience ci–après fit irruption dans ma vie au point de la changer si complètement que j’aurais pu presque croire me trouver sur une autre planète, n’eût été mon retour à la routine que je connaissais depuis des mois.

Le matin en question, je partis à l’aube et décidai d’aller là où la fantaisie me conduirait, et je demandai vaguement à Dieu de guider mes pas. A midi, j’avais gravi le côté jusqu’à un point d’où la vue sur le sud était belle à rêver.

Le jour avançant, il faisait de plus en plus chaud et je m’arrêtais fréquemment pour me reposer et jouir pleinement de la remarquable étendue englobant les rives de la rivière McCloud, sa vallée et la ville. Le moment de déjeuner arriva et je cherchai une source d’eau claire et fraîche. Alors que, coupe en main, je me penchais pour la remplir, un courant électrique me parcourut le corps de la tête aux pieds.

Je regardai autour de moi, et juste derrière moi se trouvait un jeune homme qui, à première vue, semblait être, comme moi, en excursion. Je l’observai plus attentivement et réalisai immédiatement qu’il ne s’agissait pas d’une personne ordinaire. Au moment où cette pensée me traversait l’esprit, il sourit et me dit:

« Mon Frère, si vous me donnez votre tasse, je vous servirai une boisson bien plus rafraîchissante que de l’eau de source. » J’obéis et, instantanément, la coupe se remplit d’un liquide crémeux. En me la rendant, il me dit : « Buvez ! »

Je le fis, et dus avoir montré mon étonnement. Alors que son goût était délicieux, l’effet électrique vivifiant qu’eut cette boisson dans mon esprit et dans mon corps me coupa le souffle. Ne l’ayant pas vu verser quoi que ce soit dans la tasse, je me demandai ce qui s’était passé.

« Ce que vous avez bu », expliqua–il, « provient directement de la Fourniture Universelle, pure et stimulante comme la Vie elle–même ; en fait, c’est de la Vie, Vie Omniprésente, car elle existe partout autour de nous. Elle est sujette à notre contrôle conscient et à nos ordres, obéissant volontiers pour autant que nous manifestions un Amour suffisant, parce que tout l’Univers obéit au commandement de l’Amour. Quel que soit mon désir, il se manifeste si je l’ordonne avec Amour. J’ai tenu la coupe, et ce que je désirais pour vous est apparu. Regardez ! Je n’ai qu’à tendre ma main, et si je désire utiliser de l’or, l’or est là. » Instantanément il eut dans la paume de sa main un disque de la taille d’une pièce d’or de dix dollars. Puis il poursuivit :

« Je vois en vous une certaine compréhension Intérieure de la Grande Loi, mais vous n’en êtes pas suffisamment conscient extérieurement pour produire ce que vous désirez directement de l’Omniprésente Fourniture Universelle. Vous avez désiré voir quelque chose de ce genre si intensément, si honnêtement et avec tant de détermination que ce ne pouvait plus vous être refusé.

« Cependant, la précipitation est l’une des activités les moins importantes de la Grande Vérité d’Être. Si votre désir n’avait pas été libre de tout égoïsme et de la fascination des phénomènes, une telle expérience n’aurait pu venir à vous. En quittant votre maison ce matin, vous pensiez, pour ce qui est de l’activité extérieure de votre esprit, faire une excursion. Mais dans un sens plus large et plus profond, vous répondiez en fait au désir ardent de votre Soi Divin Intérieur qui a conduit à la personne, au lieu et à la circonstance par lesquels votre désir le plus intense pouvait s’accomplir.

« La Vérité de la Vie est que vous ne pouvez pas désirer ce qu’il est impossible à manifester en quelque lieu de l’Univers. Plus le ressenti à l’intérieur du désir est intense, plus vite il sera satisfait. Cependant, si quelqu’un est assez insensé pour désirer quelque chose qui blesse un autre enfant de Dieu ou toute autre partie de Sa Création, alors cette personne paierait la sanction en discorde et échec quelque part dans sa propre expérience de Vie.

« Il est très important de réaliser pleinement que l’intention de Dieu pour chacun de Ses enfants est l’abondance de toute chose bonne et parfaite. Il a créé la Perfection et doté Ses enfants exactement du même pouvoir. Ils peuvent créer et maintenir la Perfection aussi et exprimer la Maîtrise Divine sur la Terre et tout ce qu’elle abrite. À l’origine, l’humanité a été créée à l’Image et à la Ressemblance de Dieu. La seule raison pour laquelle tous ne manifestent pas la Maîtrise est qu’ils n’utilisent pas leur Autorité Divine, celle dont chaque individu est doté et par laquelle il est censé gouverner son monde. C’est ainsi qu’ils n’obéissent pas à la Loi d’Amour qui veut qu’ils déversent paix et bénédictions sur toute la création.

« Ceci est dû à leur incapacité de s’accepter et de se reconnaître eux–mêmes comme les Temples du Très Haut Dieu Vivant et de garder cette vérité avec reconnaissance éternelle. Dans sa présente limitation apparente de temps, d’espace et d’activité, l’humanité est dans la même situation qu’une personne dans le besoin à qui une main secourable tendrait une poignée d’argent. Si le demandeur ne s’avance pas pour accepter l’argent qui lui est tendu, comment au monde cette personne pourrait–elle jamais en obtenir les bienfaits ?

« Aujourd’hui, la masse des humains est exactement dans cet état de conscience, et elle y restera tant qu’elle n’acceptera pas le Dieu dans son cœur comme étant le Propriétaire, le Dispensateur et Réalisateur de tout le Bien qui est jamais entré dans sa vie et dans son monde.

« Le soi personnel de chaque individu doit admettre complètement et inconditionnellement que l’activité humaine ou extérieure de la conscience ne possède absolument rien en propre. L’énergie même, par laquelle on reconnaît le Grand Dieu Intérieur, est irradiée dans le soi personnel par le Grand Soi Divin.

« L’Amour et la louange du Grand Soi Intérieur, ainsi que l’attention maintenue focalisée sur la Vérité, la santé, la liberté, la paix, la fourniture ou toute autre chose que vous pouvez désirer pour en faire bon usage, et maintenus fermement dans votre pensée et vos sentiments conscients, les amèneront dans votre monde et votre usage aussi sûrement qu’il y a une Grande Loi d’Attraction Magnétique dans l’Univers.

« La Loi Éternelle de la Vie est: ‘Ce que vous pensez et ressentez, vous l’amenez dans la forme ; là où est votre pensée, vous êtes, parce que vous êtes votre conscience et vous devenez ce sur quoi vous méditez’.

« Quiconque laisse son esprit s’attarder sur des pensées de haine, condamnation, luxure, envie, jalousie, critique, crainte, doute ou suspicion et permet à ces sentiments d’irritation de se développer en lui, connaîtra certainement la discorde, l’échec et le désastre dans son esprit, dans son corps et dans son monde. Aussi longtemps qu’il persiste à laisser son attention retenue par de telles pensées, qu’elles portent sur des nations, des personnes, des lieux, des conditions ou choses, il absorbe ces activités dans la substance de son esprit, de son corps et de ses affaires. En fait, il les oblige, les force, à entrer dans son expérience.

« Toutes ces activités discordantes atteignent l’individu et son monde à travers sa pensée et son ressenti. Souvent, le ressenti se flashe avant même qu’il soit conscient de la pensée dans la conscience extérieure qu’il pourrait l’utiliser pour la contrôler. Ce type d’expérience devrait lui enseigner combien est grande l’énergie de ses nombreuses créations, qu’il a accumulée par habitude.

« L’activité émotionnelle de la Vie est le point de la conscience humaine sur lequel on est le moins sur ses gardes. C’est l’énergie accumulée par laquelle les pensées sont propulsées dans la substance atomique, et ainsi, les pensées deviennent des choses. Je vous le dis : la nécessité de surveiller l’émotionnel ne peut pas être trop fortement soulignée, car le contrôle des émotions conditionne la partie la plus importante de n’importe quoi dans la Vie, qu’il s’agisse du maintien de l’équilibre mental, de la santé dans le corps, du succès et des réalisations en affaires et dans le monde personnel de chaque individu. Les pensées ne peuvent jamais devenir des choses jusqu’à ce qu’elles soient sous–tendues par des sentiments.

« L’Esprit Saint représente le côté émotionnel de la Vie Divine, Dieu l’Activité d’Amour Divin

ou l’Expression Maternelle de la Déité. C’est pourquoi le péché contre l’Esprit Saint est mentionné comme celui qui cause une si grande détresse, car toute discorde dans les sentiments enfreint la Loi de l’Amour, qui est la Loi d’Équilibre, d’Harmonie et de Perfection.

« Le plus grand crime qui puisse être commis dans l’Univers contre la Loi de l’Amour est l’émission quasi incessante par l’humanité de toutes sortes de sentiments d’irritation et destructifs.

« Un jour, la race en viendra à réaliser et à reconnaître que les forces sinistres et destructives qui se manifestent sur cette Terre et dans son atmosphère, générées – notez–le – par la pensée et les sentiments humains, n’ont pu pénétrer dans les affaires des individus et des nations que par un manque de contrôle des émotions dans les expériences personnelles journalières de chacun. Même les pensées destructives ne peuvent s’exprimer en tant qu’actions ou évènements, ou devenir des choses matérielles qu’en passant par le monde des sentiments, car c’est dans cette phase de la manifestation que s’exerce l’activité par laquelle l’atome physique fusionne avec les formes–pensées.

« Tout comme le bruit d’une explosion soudaine choque le système nerveux de celui qui l’entend, déclenchant une sensation de tremblement dans la structure cellulaire du corps, de la même manière les éclats de sentiments irrités choquent, dérangent et désorganisent la substance plus fine dans la structure atomique de l’esprit, du corps et du monde de la personne qui les émet consciemment ou inconsciemment, intentionnellement ou non.

« Les sentiments discordants produisent les conditions que nous appelons désintégration, vieillesse, perte de mémoire et tout autre défaut dans le monde de l’expérience humaine. L’effet sur la structure du corps est le même que celui qui se produirait sur un immeuble par des coups répétés, si le mortier liant les briques devait recevoir des chocs répétés augmentant chaque jour. Ce choc continu ferait éclater les particules composant le mortier, et l’édifice s’effondrerait en une masse chaotique et sa forme n’existerait plus.

« C’est ce que l’humanité fait subir constamment à la structure atomique du corps humain.

« Laisser s’exprimer en soi les pensées et sentiments discordants revient à suivre le chemin de moindre résistance. Ce qui est le fait des individus indisciplinés, peu développés et entêtés qui refusent de comprendre la ‘Loi de leur propre Être’ et d’amener le soi personnel, qui n’est que l’instrument de l’expression, à obéir à cette Loi.

« Celui qui ne peut ou ne veut pas contrôler ses pensées et sentiments fait fausse route, car chaque porte de sa conscience reste largement ouverte aux activités désintégrantes éjectées par les esprits et les émotions d’autres personnalités. Ni force, ni sagesse, ni entraînement ne sont nécessaires pour laisser libre cours aux impulsions méchantes et destructives, et les personnes adultes qui le font ne sont que des enfants dans le développement de leur self–control.

« C’est une tache sur la Vie des hommes que, du berceau au tombeau, si peu de contrôle des émotions leur soit enseigné. Mettre l’accent sur ce point précis est la première exigence aujourd’hui en Occident. Il est facile de donner libre cours aux pensées, sentiments et activités discordants parce que la masse de l’humanité est pour ainsi dire submergée par un environnement et une association créées entièrement par elle–même.

« Par le contrôle de sa conscience extérieure, l’individu doit faire l’effort de s’élever de son plein gré hors de cette condition, de manière à transcender ces limitations de manière permanente ; personne ne peut espérer débarrasser sa vie et son monde de la misère, de la discorde et de la destruction tant qu’il ne bride pas fermement ses propres pensées et sentiments. S’il parvient à les brider, il refuse que la Vie, qui afflue à travers son esprit et son corps, soit qualifiée par la discorde résultant de chaque petit évènement perturbateur dans le monde autour de lui.

« Au début, une telle discipline exige un effort continu et déterminé, car les pensées et sentiments de quatre–vingt–quinze pourcent de l’humanité courent aussi libres et incontrôlées qu’un jeune chien errant.

« Toutefois, quels que soient les efforts nécessaires pour soumettre ces deux activités, il vaut la peine d’y consacrer tout le temps, toute l’énergie et tous les efforts possibles. Sans cela, aucune maîtrise réelle et permanente de sa propre Vie et de son monde ne peut être acquise par personne. J’aurai le plaisir et le privilège de vous enseigner l’usage de ces Lois Supérieures. Leur application et usage vous permettra de libérer la Véritable Sagesse et d’amener toute Perfection.

« La première étape vers le contrôle de vous–même est d’apaiser toute activité extérieure de l’esprit et du corps. En pratiquant l’exercice suivant de quinze à trente minutes le soir, avant de vous coucher, et le matin, avant de commencer le travail de la journée, chacun pourra réaliser des merveilles s’il consent à en faire l’effort nécessaire.

« La deuxième est de vous assurer de ne pas être dérangé. Après vous être vraiment apaisé, visualisez et ressentez votre corps enveloppé d’une Lumière Blanche Eblouissante. Les cinq premières minutes, tout en conservant cette vision, reconnaissez et ressentez intensément la connexion entre votre soi extérieur et votre Puissant Dieu Intérieur en focalisant votre attention sur le centre du cœur et en le visualisant comme un Soleil Doré.

« L’étape suivante est la reconnaissance : ‘J’accepte maintenant joyeusement la plénitude de la Puissante Présence Divine, le Pur Christ.’ Ressentez la grande brillance de la ‘Lumière’ et intensifiez–La dans chacune des cellules de votre corps pendant au moins dix minutes encore.

« Enfin terminez la méditation par ce commandement : ‘Je suis un Enfant de la Lumière, j’aime la Lumière, je sers la Lumière, je vis dans la Lumière, je suis protégé, illuminé, approvisionné et soutenu par la Lumière, et je bénis la Lumière.’

« Souvenez–vous toujours: ‘On devient ce sur quoi on médite, et comme toutes choses sont venues de la Lumière, la Lumière est la Perfection et le Contrôle Suprêmes de toutes choses.

« La contemplation et l’adoration de la Lumière forcent l’illumination à prendre place dans l’esprit, contraignent la santé, la force et l’ordre à entrer dans le corps, et la paix, l’harmonie et le succès à se manifester dans les affaires de chaque individu qui veut réelle ment le faire et qui cherche à le maintenir.

« Tout au long des siècles, à chaque époque et dans toutes les circonstances, tous ceux qui ont exprimé les Accomplissements supérieurs de la Vie nous ont dit que la Lumière est Suprême, qu’elle est partout et que dans la Lumière existent toutes choses.

« Cette Vérité est aussi vraie aujourd’hui qu’elle l’était il y a un million d’années. Aussi loin que l’on remonte pour trouver une trace de l’humanité, les Êtres grands et sages de tous les âges sont représentés avec une radiation de Lumière émanant de la tête et du corps de chacun.

« Cette Lumière est réelle, aussi réelle que les lumières électriques dans vos maisons. Le jour n’est pas loin où des machines seront construites pour révéler la Lumière émanant de chaque individu, lumière que pourra percevoir visuellement toute personne soucieuse de l’observer. Une telle machine montrera aussi la contamination ou décoloration qui devient un nuage autour de la Lumière de Dieu et que le soi personnel génère par des pensées et sentiments discordants. C’est la manière, la seule, par laquelle l’énergie du Grand Courant de Vie est mésusée et qualifiée incorrectement.

« Si vous voulez pratiquer fidèlement cet exercice et le ressentir profondément, intensément, dans chacun des atomes de votre esprit et de votre corps, vous en recevrez la preuve abondante de la formidable Activité, de la Puissance et de la Perfection qui résident et sont actives pour toujours dans la Lumière. Quand vous en aurez fait l’expérience, même pendant une courte période, vous n’aurez plus besoin d’autres preuves. Vous serez devenu votre propre preuve. La Lumière est Le Royaume. Entrez–y et Soyez en paix. Retournez à la maison du Père. Passés les dix premiers jours, il sera bon de faire cet exercice trois fois par jour : matin, midi et soir.

« Nous entendons souvent la plainte : ‘Oh ! mais je ne peux pas y consacrer tout ce temps’. À tous ceux qui partagent cette opinion, je dirai simplement ceci :

« Le temps qu’un individu moyen passe à critiquer, condamner et « Le temps qu’un individu moyen passe à critiquer, condamner et blâmer les personnes, les conditions et choses de n’être autres que ce qu’elles sont, s’il est employé à reconnaître et à utiliser la Lumière, ce temps fera que le ciel se manifestera sur Terre pour celui qui aura osé essayer et qui aura eu la détermination suffisante pour persévérer. Rien n’est impossible. La Lumière ne faillit jamais.

« La Lumière est le Moyen que Dieu utilise pour créer et maintenir l’Ordre, la Paix et la Perfection dans toute Sa Création. Chaque être humain sur cette Terre peut avoir tout le temps qu’il veut pour le faire si son désir est suffisamment intense. L’intensité dans le désir lui–même réarrangera le monde, les conditions et les choses des gens de manière à fournir ce temps, si l’individu désire sincèrement l’utiliser pour son élévation. Personne au monde ne fait exception à cette Loi, car le désir intense de faire quelque chose de constructif est, quand il devient suffisamment intense, la Puissance Divine qui libère l’énergie nécessaire pour créer et exprimer la chose désirée.

« Chacun a le même privilège suprême de contacter la Toute–puissante Présence de Dieu, et c’est le Seul Pouvoir qui a jamais élevé, qui élève maintenant ou élèvera jamais le soi personnel et son monde au–dessus de la discorde et des limitations terrestres.

« Mon Fils Bien–aimé, essayez–le avec la plus grande détermination et sachez que Dieu en Vous est Votre Victoire Certaine.

Alors que son discours prenait fin, je commençai à réaliser qu’il devait être l’un des Maîtres Ascensionnés, car il m’avait non seulement donné par la précipitation la preuve de sa Maîtrise sur les éléments, mais il l’avait en plus instruite et expliquée, comme il l’avait fait. Assis, je me demandais comment il se faisait qu’il me connaissait.

« Mon Fils », dit–il, répondant instantanément à ma question, « je vous connais depuis des éons.

En élevant votre pensée par votre effort conscient, cela a rendu possible que je puisse venir à vous en cet instant. Alors que j’ai toujours été en contact avec vous, lorsque nous étions les deux dans nos corps plus fins, votre effort conscient d’atteindre un des Maîtres Ascensionnés m’a ouvert la voie pour que je vienne vers vous d’une manière beaucoup plus tangible, c’est–à–dire tangible pour vos sens physiques.

« Je vois que vous ne me reconnaissez pas complètement dans votre conscience extérieure. J’étais présent lors de votre naissance, lors du décès de votre mère et j’ai amplement contribué à vous réunir, Lotus et vous, au bon moment, pour ne pas retarder votre accomplissement. A nouveau, je vous ai aidé, vous et votre fils, à vous associer dans cette incarnation. Mais soyez patient:

« Restez assis tranquillement quelques instants, regardez–moi attentivement ; je vais vous révéler mon identité. » Je fis ce qu’il me demandait et, une minute plus tard à peu près, je vis son visage, son corps et ses vêtements devenir la Présence vivante, respirante et tangible du Maître Saint–Germain, qui souriait à mon étonnement et se réjouissait de ma surprise.

Il se tenait droit face à moi, magnifique Figure Divine, revêtu d’une robe blanche ornée de joyaux, une Lumière et un Amour pétillant dans ses yeux qui révélaient et prouvaient la Maîtrise et la Majesté qui sont les siennes.

« Celui–ci », expliqua–t–il, « est le corps dans lequel je travaille une grande partie du temps, lorsque je suis occupé au bien–être de l’humanité, à moins que le travail que je fais à un moment donné n’exige un contact plus étroit avec le monde extérieur des affaires et, dans ce cas–là, je fais en sorte que mon corps revête les caractéristiques et les habits de la nation avec laquelle je travaille momentanément. »

« Oh ! », m’exclamai–je, « maintenant je vous reconnais, car, maintes fois, je vous ai vu ainsi aux niveaux de conscience Intérieurs. »

« Mon Fils », expliqua–t–il, « ne voyez–vous pas ce qu’est effectivement la maîtrise réelle ? Nous, dans l’État Ascensionné, nous pouvons contrôler la structure atomique de notre monde comme un potier modèle son argile. Chaque électron et chaque atome de l’univers obéissent à notre désir et à notre commandement en vertu de la Puissance Divine par laquelle nous les contrôlons et dont nous avons obtenu le droit d’être les Directeurs.

« A leur état non–ascensionné, les hommes s’étonnent de ces choses, mais je vous le dis : nous ne faisons pas plus d’efforts pour changer l’apparence et l’activité de nos corps que l’être humain ordinaire pour changer d’habits. La condition malheureuse de la conscience humaine qui maintient les individus dans leurs limitations auto–créées résulte de leur attitude mentale qui craint ou ridiculise ce que l’esprit ne comprend pas ou, pire encore, qui dit dans son ignorance : ‘c’est impossible.’ Une chose peut ne pas être probable dans certaines conditions humaines, mais le Soi Divin, qui est la Grande Lumière, peut les modifier de manière à ce que rien ne soit impossible.

« Chaque individu a en soi la Divine Flamme de Vie, et ce Soi Divin est Déterminant où qu’il se trouve dans l’univers. Si l’individu, à cause de sa propre inertie mentale, ne veut pas faire l’effort nécessaire de réordonner ses habitudes séculaires de l’esprit ou du corps, il continuera d’être attaché aux chaînes qu’il s’est forgées lui–même. Mais s’il décide de connaître le Dieu

Intérieur et qu’il ose conférer à ce Soi Divin le contrôle complet de ses activités extérieures, il recevra une fois de plus la connaissance de sa Maîtrise sur toute substance, connaissance qui fut sienne dès le début.

« Le temps est venu où de nombreux humains s’éveillent rapidement et, d’une manière ou d’une autre, ils doivent être induits à comprendre qu’ils ont vécu maintes et maintes fois, des centaines, parfois des milliers de vies, chaque fois dans un nouveau corps physique.

« La Loi de la réincarnation est, dans la croissance humaine, l’activité qui donne à l’individu la possibilité de rétablir un équilibre des conditions dont il a consciemment provoqué le déséquilibre. Ce n’est qu’une activité de la loi de compensation, de cause et d’effet, ou de ce qui pourrait s’appeler un processus d’équilibrage automatique régissant toutes les forces, partout dans l’univers. La compréhension correcte de cette Loi fournit l’explication de nombreuses conditions de l’expérience humaine, qui, sans cela, paraissent tout à fait injustes. C’est la seule explication logique aux complexités et expériences infinies de la création humaine ; elle révèle le mode opératoire et la Loi sur laquelle repose toute manifestation. Elle enseigne que le hasard ou l’accident n’existe pas. Tout est régi par la Loi Parfaite, directe et exacte. Chaque expérience de conscience a un antécédent, et toute chose est à l’instant même la cause d’un effet à venir.

« Si, au cours d’une vie, un homme a porté préjudice à une femme, il peut être certain de se réincarner dans une forme féminine et de passer par une expérience similaire jusqu’à ce qu’il réalise ce qu’il a fait endurer et qu’il en fasse l’expérience. La même chose est vraie pour une femme qui a été injuste avec un homme ou lui a fait tort. C’est le seul moyen par lequel un individu est obligé, ou plutôt il s’oblige lui–même, à faire l’expérience et de la cause et de l’effet de tout ce qu’il génère dans le monde. Un individu peut créer tout ce qu’il veut dans son propre monde et en faire l’expérience, mais s’il choisit de faire ce qui a pour effet de causer chez d’autres l’expérience de la discorde, alors il s’oblige lui–même à traverser une expérience similaire jusqu’à ce qu’il comprenne quel effet sa propre création entraîne sur le reste de la Vie de l’univers.

« Venez avec moi et revoyons ensemble la vie physique dans laquelle vous avez utilisé une forme féminine en France, où vous étiez une cantatrice merveilleusement accomplie, dotée d’une voix d’une beauté et d’une puissance rares. »

Immédiatement, sans le moindre effort de ma part, je me trouvai hors de mon corps physique, le voyant nettement reposer sur le sol. Je me demandais s’il était en sécurité là, sur le flanc de la montagne, lorsque Saint Germain, en réponse à ma pensée, répondit :

« Ne soyez pas troublé. Rien au monde ne peut blesser votre corps pendant notre absence. Regardez ! »

Instantanément, je le vis entouré d’une Flamme Blanche formant un cercle d’environ quinze mètres de diamètre.

Il m’entoura de son bras droit, et je vis que nous nous élevions rapidement du sol, mais je m’ajustai vite à son action vibratoire. Je n’éprouvais aucune sensation précise de déplacement à travers l’espace, bien qu’à ce moment–là, notre regard se portât déjà sur un village du sud de la France, et il poursuivit :

« C’est ici que vous vîntes au monde, fille unique d’une femme splendide dont la vie était un

exemple d’idéalisme, très en avance sur la majorité en cette période. Votre père était un mari et compagnon des plus dévoués, très cultivé et inspiré par l’Esprit Chrétien primitif.

« L’éther atmosphérique de chaque environnement garde la mémoire de tout ce qui est arrivé dans cette localité. Je vais revivifier ces Enregistrements Éthériques, et vous verrez des images vivantes de tous les détails de votre vie.

« Vous chantiez à l’église de ce village et vous étudiiez avec une maîtresse qui persuada vos parents de lui laisser vous donner des cours. Vous fîtes de rapides progrès et bénéficiâtes d’encore plus d’avantages lorsque vos parents s’installèrent à Paris. Après un an de cours intensifs, vous eûtes l’opportunité de chanter devant la Reine de France, et grâce à son patronage, vous vous produisîtes dans nombre de ses salons. Le succès de votre carrière musicale en fut assuré. La France et le succès vous prodiguèrent sans compter leurs bienfaits au cours des cinq années suivantes, et vous accumulâtes beaucoup de richesses.

« Soudain, vos deux parents connurent ce changement appelé mort, et le choc pour vous fut très grand et suivi de nombreuses semaines de grave maladie. Lorsque, vous étant rétablie, vous reprîtes vos concerts, votre voix avait acquis par l’expérience récente du chagrin une résonance nouvelle d’empathie.

« Un homme qui vous avait guidé pendant vos études musicales devint directeur de votre travail public, et vous en vîntes à compter sur lui comme sur un homme de confiance. Suivirent alors quatorze ans de grand succès, au terme desquels vous tombâtes subitement malade et trépassâtes en l’espace d’une semaine. Vos bijoux et vos richesses furent confiés au directeur pour venir en aide à d’autres et pour servir à la réalisation de certains plans pour lesquels vous aviez travaillé toute votre vie. Mais à peine les derniers sacrements vous étaient–ils administrés qu’un changement total se produisit en lui. La cupidité s’en empara totalement. Maintenant, je vais vous faire voir cet homme, que, dans cette présente vie, vous avez rencontré ici, en Amérique, il y a quelques années. Je suis certain que vous allez très bien vous souvenir de cet incident d’affaires. »

Alors, il me montra une association d’affaires dans laquelle, quelque dix ans auparavant, pendant que je me trouvais à l’Ouest, j’avais tenté d’aider plusieurs personnes en coopération avec un représentant du gouvernement belge.

« Cet homme », poursuivit–il, « eut alors une occasion de réparer le mal qu’il vous avait fait en France. Cette condition lui fut montrée et il fut bien au fait de la situation, car nous la lui avions montrée, mais il n’était pas encore assez fort pour permettre à la Grande Loi Cosmique de Justice de la résoudre et de compenser cette dette. S’il l’avait fait de son plein gré, cela l’aurait libéré de maintes manières et lui aurait permis de progresser bien plus rapidement au cours de cette incarnation. »

C’est ainsi que la vie extérieure maintient l’individu attaché à la roue de la nécessité, de la renaissance, de la lutte continuelle et de la douleur jusqu’à ce que nous laissions la Lumière du Christ Intérieur nous illuminer et nous purifier, afin que nous ne répondions qu’au Plan de Dieu : Amour, Paix et Perfection pour Sa Création. C’est le genre de leçon qu’on n’oublie jamais, car l’enseignement objectif enregistre l’expérience dans la vision aussi bien que dans l’esprit. L’enregistrement visuel est plus profond et il reçoit nécessairement plus d’attention de la part de l’activité extérieure de l’intellect.

L’essence de cette expérience, oubliée depuis longtemps, s’est certainement gravée d’elle–même dans ma mémoire de manière permanente parce que je peux aujourd’hui encore m’en rappeler chaque détail, aussi clairement que lorsque je l’ai observée avec lui.

« Maintenant », dit–il encore, « rappelons une autre de vos incarnations, une que vous eûtes en Égypte. »

Nous nous élevâmes de la Terre et avançâmes rapidement. Je fus parfaitement conscient de la Méditerranée, alors que nous passions au–dessus de ses magnifiques eaux. Nous poursuivîmes vers Karnak et Louxor, puis reprîmes contact avec le sol.

« Regardez attentivement », dit–il, « cet enregistrement est celui d’un très ancien temple à Louxor, pas de ceux dont les archéologues explorent les ruines aujourd’hui, mais un temple antérieur à tous ceux qui ont été découverts jusqu’ici. S’ils savaient où chercher, les archéologues trouveraient des temples splendides dans un état de conservation quasi parfait. »

Le Maître indiqua un certain endroit recouvert de ruines, qui sont tout ce que le voyageur peut voir aujourd’hui, et la scène fit place à l’activité dans l’éther, telle qu’elle avait été à l’origine, dans toutes ses beauté et splendeur, dont la magnificence dépassait de loin tout ce dont la présente génération a idée.

Les jardins et les plans d’eau étaient entourés de grands piliers de marbre blanc et granit rose. Le lieu tout entier devint vivant, réel, vibrant et aussi tangible que n’importe quelle ville sur Terre aujourd’hui. C’était si parfaitement naturel et normal que je me demandai comment il rendait ces expériences si vivantes.

« L’homme et ses créations », répondit–il, « comme la Nature, ont une contrepartie éthérique, un modèle, qui marque l’atmosphère autour de lui d’une impression éternelle, où qu’il aille. Le modèle de l’activité et de l’expérience de vie de l’individu est constamment dans son aura. Un enregistrement similaire existe dans l’aura de chaque localité. S’il le veut, un Maître Ascensionné peut revivifier ou revêtir l’enregistrement des activités passées de l’individu, où que cette personne se trouve, car le modèle sur lequel le Maître agglutine la structure atomique se trouve toujours dans l’aura dudit individu. Lorsque le Maître revivifie l’enregistrement d’une localité, il doit le faire sur l’emplacement même de celle–ci; car une fois revêtu, un tel enregistrement redevient la même forme et structure vivante qu’il était au moment où il fut construit pour la première fois dans la substance physique.

« Il est possible ainsi de coaguler la structure physique de bâtiments entiers et de leurs alentours, si le Maître Ascensionné le souhaite, pour atteindre un bon objectif. Lorsque quelqu’un a atteint cette Maîtrise de source Divine, il peut réellement revivifier et réanimer tout Enregistrement Éthérique qu’il désire rendre visible pour l’instruction et le bénéfice d’étudiants ou d’autres personnes.

« Lorsqu’il le fait, c’est aussi réel que la réalité elle–même, et les objets revivifiés peuvent être photographiés, manipulés et rendus physiquement tangibles aux sens physiques de l’observateur.

« Notez », me rappela–t–il, « que vous faites l’expérience de ces activités dans votre corps subtil, mais elles n’en sont pas moins réelles, parce que votre corps physique n’est qu’un vêtement que vous, individu Conscient de Soi, pensant et expérimentant, portez sur vous.

« C’est comme si vous portiez un lourd manteau dans l’atmosphère glaciale de l’hiver et seulement un ensemble léger par un jour d’été caniculaire. Les expériences dans vos habits d’été sont certainement aussi réelles que celles que vous avez vécues dans votre lourd manteau. Je le rappelle à votre attention, afin que vous compreniez les activités les plus limitées et les moins limitées de la Vie. » Nous examinâmes les sols, la région environnante et l’architecture.

« Venez, entrons ! », dit–il, et tout en parlant, il fit quelques pas et franchit l’entrée principale du temple. Puis, nous devînmes les acteurs vivants et en même temps les observateurs de l’expérience ci–après. Nous avançâmes dans la partie principale du temple et nous dirigeâmes vers le Sanctuaire Intérieur. Le Grand Prêtre vint directement à nous, et il semblait me connaître.

« Ce prêtre des jours anciens », expliqua Saint–Germain, « est maintenant votre fils. » Un prêtre inférieur apparut alors, dont j’eus immédiatement le sentiment que je le connaissais, et il remarqua :

« Ce prêtre assistant était vous–même. » Nous entrâmes dans le Sanctuaire Intérieur et aperçûmes la vierge vestale gardant le Feu Sacré. Celle que je voyais maintenant était Lotus, mon bien–aimé Rayon Jumeau, que j’ai rencontrée et épousée il y a quelques années et qui est la mère de notre fils.

La scène changea et nous vîmes un prince d’une province lointaine en visite, qui projetait de s’emparer de la vierge vestale pour en faire son épouse. Tout semblait aller bien jusqu’à ce que le Grand Prêtre reçût la vision de ce qui allait arriver. Il fut troublé, mais n’en dit mot.

Restant sur ses gardes alors qu’entraient les esclaves du prince, il les observa se diriger vers le Sanctuaire. Quand ils s’approchèrent encore plus, il s’avança et ne dit qu’un mot, qui signifiait :

« Stop ! »

Un esclave, plus audacieux que les autres, continua d’avancer. Le Grand Prêtre lui enjoignit de reculer, mais l’esclave continua de s’approcher. Lorsqu’il eut atteint un certain Cercle Sacré de force qui émanait de l’Autel, le prêtre n’hésita plus. Il s’avança jusqu’au bord extérieur de ce Rayonnement Protecteur, leva sa main droite et la pointa droit sur l’esclave.

Une Flamme fulgurante jaillit tel un éclair et l’esclave tomba sans vie sur le sol. Le prince, qui observait la scène, s’avança, pris d’une rage folle.

« Stop ! » ordonna à nouveau le prêtre d’une voix qui claqua comme un coup de tonnerre. Le prince hésita un moment, abasourdi par la puissance même de l’ordre, et le prêtre poursuivit :

« Écoutez–moi bien ! Vous ne profanerez pas le plus grand des Dons de Dieu fait au Temple de Vie. Partez ! avant que vous ne suiviez l’exemple de votre esclave trop effronté et fourvoyé ! »

Le Grand Prêtre avait parfaitement conscience de la puissance qu’il pouvait exercer et, en même temps qu’il continuait à surveiller le prince, il était l’incarnation même du self–control, d’une Force illimitée, maintenue consciemment soumise à sa volonté. Il était toute Majesté, couronnée de Puissance Éternelle.

La volonté du prince aussi était puissante, mais il n’avait aucun contrôle sur lui–même, et comme il se trouvait à nouveau face à une opposition, il fut aveuglé par une autre vague de colère et, laissant libre cours à ses appétits, il se précipita en avant.

Le prêtre, tel l’éclair, leva sa main, et la Flamme jaillit une seconde fois, frappant le prince qui connut le même sort que feu son esclave.

Saint–Germain se tourna vers moi et il m’expliqua cette expérience plus en détail :

« Voyez–vous », commença–t–il, « c’est ainsi que réagit la qualité à l’intérieur de chaque force sur celui qui l’émet. Le prince et son esclave sont venus avec, dans leurs sentiments, les qualités de haine, d’égoïsme et de dépravation. Lorsque le prêtre dirigea sur eux la force, dont il était le maître, celle–ci se chargea de leurs qualités au moment où elle toucha leurs auras. Le prêtre ne fit que retourner sur eux leurs propres sentiments et leur égoïsme. Dans son effort désintéressé de protéger autrui, le prêtre fut lui–même aussi protégé. »

Cet incident ayant pris fin, la scène de splendeur s’évanouit et, à nouveau, nous nous trouvâmes au milieu des ruines du temple. Saint–Germain me fit encore d’autres révélations, qui ne peuvent être rapportées ici.

« Il n’y a qu’une façon », ajouta–il, « pour éviter la roue cosmique de cause et d’effet, la nécessité de se réincarner, et c’est par l’effort conscient de comprendre la Loi de la Vie. Il faut rechercher avec sincérité le Dieu Intérieur, établir un contact conscient permanent avec ce Soi Intérieur et s’y tenir fermement face à chaque condition dans la vie extérieure. J’aurai le plaisir et le privilège de vous montrer davantage, mais seulement pour l’instruction que cela vous apportera, à vous–même et à d’autres. Venez ! Nous devons rentrer maintenant. » Lorsque nous approchâmes de mon corps, il m’indiqua encore :

« Regardez disparaître le cercle de la Flamme Blanche ! » Je regardai, il avait disparu. Quelques instants plus tard, je fus de retour dans mon corps. Le soleil se couchait, et je savais qu’il serait près de minuit lorsque nous arriverions à la maison.

« Passez votre bras autour de mes épaules », dit Saint–Germain, « et fermez les yeux. » Je sentis mon corps se soulever du sol, mais je ne fus pas spécialement conscient de me mouvoir. Puis, mes pieds se posèrent sur le sol et j’ouvris les yeux : j’étais dans le pavillon. Saint–Germain fut très amusé lorsque je demandai comment nous pouvions être revenus de cette manière sans attirer l’attention des gens autour de nous. Il me répondit :

« Souvent, nous enveloppons nos corps de la cape d’invisibilité lorsque nous nous déplaçons parmi les gens ayant la forme physique », dit–il, et une seconde plus tard, il était parti.

J’avais entendu parler des Grands Maîtres Ascensionnés qui peuvent emporter leur corps avec eux où qu’ils aillent, et manifester ou rendre visible toute chose qu’ils désirent attirer de l’Universel. Toutefois, faire l’expérience d’un contact réel avec l’un d’eux était une chose très différente, et j’essayai de réaliser pleinement le côté merveilleux de l’expérience. Pour Saint– Germain, il s’agissait à l’évidence d’un évènement des plus ordinaires.

Je m’assis pendant un long moment en contemplation sereine, dans un état de profonde gratitude, essayant de comprendre et de réaliser toute la portée de son explication de la Loi concernant le désir. Il en avait souligné l’importance et l’activité comme celle d’une puissance motrice pour propulser dans l’univers de nouvelles idées entraînant une expansion de conscience dans la Vie de chaque individu. Il l’avait expliqué en disant :

« Le Désir Constructif est l’activité d’expansion à l’intérieur de la Vie, car ce n’est qu’ainsi que

des idées, des activités et des accomplissements de plus en plus grands viennent à s’exprimer dans le monde extérieur de la substance et de la forme. Tout Désir Juste renferme la puissance de son accomplissement. L’homme est le Fils de Dieu. Le Père lui demande de choisir comment il doit diriger l’énergie de Vie et quelle qualité il souhaite qu’ exprime son désir accompli. C’est ce qu’il doit faire, car le libre arbitre est son droit de naissance.

« La fonction de l’activité extérieure de l’intellect est de guider toute expansion à travers des canaux constructifs. Voilà l’objet et le devoir du je extérieur. Permettre à la Grande Vie, ou Energie Divine, de n’être utilisée que pour la satisfaction des désirs des sens – ce qui est habituel pour la majorité des hommes – c’est en faire un usage destructif, qui, sans aucune exception, entraîne toujours la disharmonie, la faiblesse, l’échec et la destruction.

« L’usage constructif du désir, c’est guider consciemment l’Energie Divine illimitée par la Sagesse. Tout désir conduit par la Sagesse apporte quelque bénédiction au reste de la création. Tout désir conduit par le Dieu Intérieur se projette avec le sentiment d’Amour et bénit toujours. » Je consacrai les quelques jours qui suivirent à écrire le compte rendu de mes expériences. Puis, un matin au réveil, je trouvai une carte dorée posée sur la table à côté de mon lit. Elle ressemblait à une pièce d’or métallique, sur laquelle, en une magnifique écriture ombrée de charmante couleur violette, figurait une courte phrase :

« Soyez à notre lieu de rendez–vous sur la montagne à sept heures du matin. » Signé : Saint– Germain.

Je rangeai soigneusement la carte. Mon attente était si grande que je pus à peine attendre l’heure fixée. Le lendemain, tôt le matin, alors que je préparais un lunch, je reçus l’impulsion précise de ne rien emporter. J’obéis et décidai confiant que l’Universel pourvoirait directement à mes besoins.

De cœur léger, je fus très tôt en chemin, déterminé à ne manquer aucune occasion de poser des questions, si j’en avais la permission. Alors que j’approchais du lieu convenu, mon corps se fit de plus en plus léger jusqu’à ce que, à moins de cinq cents mètres, mes pieds ne firent plus qu’effleurer le sol. Personne n’était en vue, et je m’assis sur un rondin pour attendre Saint– Germain, ne ressentant aucune fatigue malgré ma randonnée de plus de quinze kilomètres.

Alors que je pensais au merveilleux privilège et à la bénédiction qui devaient m’arriver, j’entendis craquer une brindille ; je regardai autour de moi, dans l’attente de l’apercevoir. Imaginez ma surprise quand, à moins de quinze mètres, je vis une panthère qui s’approchait lentement. Mes cheveux durent se dresser droits sur ma tête. Je voulus m’enfuir, hurler n’importe quoi, tant en moi–même je paniquais. Mais il aurait été inutile de fuir, car un bond de la panthère m’aurait été fatal.

Mon esprit tourbillonnait, tant ma peur était grande, lorsqu’une idée surgit nettement en moi et retint mon attention. Je réalisai que j’avais juste en moi la Puissante Présence de Dieu et que cette Présence était tout Amour. Ce superbe fauve aussi faisait partie de la Vie de Dieu, et je me forçai à le regarder droit dans les yeux. Alors, la pensée s’imposa qu’une partie de Dieu ne pouvait pas en blesser une autre. Je ne fus plus conscient que de ce fait.

Un sentiment d’amour me submergea et, tel un Rayon de Lumière, il fila vers la panthère et, avec lui, ma peur s’envola. Son pas feutré s’arrêta, et je m’avançai lentement vers elle, sachant

que l’Amour de Dieu nous habitait tous les deux. Son regard méchant s’adoucit et, calmé, l’animal se redressa et s’approcha, frottant son épaule contre ma jambe. J’abaissai ma main et caressai la tête veloutée. Il me regarda un instant droit dans les yeux, puis se coucha et roula sur le dos comme un chaton espiègle. Sa fourrure était d’un beau brun roux et brillant, et son corps était long, souple et puissant. Je continuai à jouer avec lui quand, levant les yeux, je vis soudain Saint–Germain, debout à mes côtés.

« Mon Fils », dit–il, « j’avais vu en vous cette grande force, sans quoi je n’aurais pas permis une épreuve aussi difficile. Vous avez dominé la peur. Mes félicitations ! Si vous n’aviez pas vaincu le soi extérieur, je n’aurais pas permis à la panthère de vous blesser, mais notre association aurait cessé pour un certain temps.

« Je n’avais rien à voir avec la présence de la panthère à cet endroit. C’était inhérent à l’opération Intérieure de la Grande Loi, comme vous allez le voir avant que l’association avec votre nouvel ami ne prenne fin. Maintenant que vous avez réussi le test du courage, il m’est possible de vous apporter une plus grande assistance. Chaque jour, vous deviendrez plus fort, plus heureux, et vous exprimerez une bien plus grande liberté. »

Il tendit sa main, et alors apparurent quatre petits gâteaux d’un beau brun doré d’environ trois centimètres de côté. Il me les offrit et, à son invitation, je les mangeai. Ils étaient des plus délicieux.

Immédiatement, j’eus une sensation de picotement stimulant dans tout le corps, et j’éprouvai un nouveau sentiment de santé et de lucidité d’esprit. Saint–Germain prit place à mes côtés et mon instruction débuta.

Chapitre II
Le désert du Sahara

« Au lieu de vous projeter hors de votre corps, comme lors de votre récente expérience, nous allons utiliser aujourd’hui la Conscience Projetée », remarqua–t–il en mettant le pouce de sa main droite entre mes yeux et les autres doigts au sommet de ma tête. Une sensation telle un puissant courant électrique enveloppa tout mon corps. Retirant sa main, il continua :

« Je veux que vous graviez fermement dans votre esprit le fait, et que vous le rappeliez fréquemment pour le méditer, que ces Lois que je vous explique et vous apprends à utiliser doivent vous amener à un état de Maîtrise Consciente sur toutes les forces et choses sur Terre. Cela signifie que, quelle que soit l’expérience faite, vous avez toujours et à tout instant un contrôle complet et conscient sur vos propres esprit et corps et que vous êtes capable d’utiliser votre libre arbitre en tout temps.

« Dans cet état de Conscience Projetée, vous êtes à tout instant entièrement conscient et vous avez la pleine maîtrise sur toutes vos facultés. Il n’y a absolument rien à propos de quoi que ce soit de cet Enseignement et de son utilisation qui procède d’une condition de transe ou d’hypnose à n’importe quel moment, car dans les deux cas, la Volonté Consciente de l’individu ne fonctionne pas, ce qui est une activité des plus dangereuses et désastreuses pour toute personne lui permettant de s’insinuer dans son esprit et dans son corps.

« Il n’y a aucune Maîtrise ou Autorité Consciente dans les pratiques de transe ou d’hypnose ; elles sont des plus destructives et dangereuses pour la Croissance de l’Ame de celui qui les admet. S’il vous plaît, comprenez profondément que le Contrôle, la Maîtrise et l’usage Conscients des forces et choses sur cette Terre doivent demeurer en tout temps sous la direction de votre propre Dieu Intérieur, au travers de la coopération et de l’obéissance parfaites de toutes les facultés extérieures à cette Guidance Intérieure, à la fois dans le corps et dans l’esprit.

« Il n’y a aucune Maîtrise sans cela, et ceux connus sous le nom de Maîtres Ascensionnés ne s’immiscent jamais, jamais, dans aucune activité qui affecte la prérogative donnée par Dieu du libre arbitre de l’individu.

« Un étudiant peut bénéficier d’une expérience de Projection, si un Maître Ascensionné choisit d’étendre sa conscience temporairement, en sorte qu’il fasse l’expérience de diverses choses se produisant au même moment en deux lieux ou plus. Dans un tel cas, les facultés de l’étudiant se trouvent entièrement sous le contrôle et la direction de son libre arbitre, à chaque instant. Il est totalement conscient et actif, où que se trouve son corps, et aussi à l’endroit sur lequel le Maître Ascensionné choisit de diriger son attention pour l’instruire.

« La raison pour laquelle un Maître Ascensionné élève temporairement la conscience de l’étudiant est de lui montrer comment il peut faire cette même chose pour lui–même, consciemment et à volonté, par son propre effort.

« La Conscience Projetée n’est que le fait d’augmenter la fréquence vibratoire de la structure atomique à la fois dans le corps et dans l’esprit de l’étudiant. Cela se fait par la radiation émanant d’un Maître Ascensionné, et c’est une activité de la Lumière qui élève la fréquence vibratoire jusqu’à la tonique qu’il a fixée pour l’expérience. A cette fréquence supérieure, l’individu se sert de ses facultés de la vue et de l’ouïe exactement comme il le fait dans la vie de tous les jours, sauf qu’elles sont étendues à l’octave ou à la zone au–dessus de l’humain.

« Une telle utilisation de nos sens est la même que celle dont nous faisons l’expérience à tout moment à l’état de veille, parce que nous pouvons devenir conscients exactement au même instant de ce qui est proche et de ce qui est distant. L’expansion ou la contraction de notre conscience dépend entièrement de ce sur quoi portent les désirs de l’individu. C’est toujours sujet au libre arbitre et à la direction consciente de l’étudiant.

« Selon son propre choix, quelqu’un peut être conscient d’un certain arbre dans son jardin ou du jardin tout entier. Pour observer l’un ou l’autre, il utilise la même faculté de vue, et il l’utilise exactement de la même manière. Lorsqu’il veut voir la totalité du jardin, il fait élargir l’activité de sa vision jusqu’à inclure tout ce qu’il veut. La plus grande expansion contient encore la plus petite. Ainsi, voyez–vous, vous devez être conscient du contrôle total de toutes vos facultés aux deux endroits en même temps. L’activité qui a lieu est réellement un agrandissement du champ de force dans lequel la vue agit.

« L’utilisation de votre faculté de vue dans cette projection ou expansion de conscience s’accomplit par l’élévation de la fréquence vibratoire dans le nerf optique. Tout le processus correspond à la chose qui prend place lorsqu’on utilise des jumelles marines ou de campagne.

« Dans l’expérience ordinaire, la conscience humaine a été habituée à n’utiliser ses facultés que dans certaines zones ou champs de force. La preuve en est que quelqu’un peut très bien entendre le son de la voix d’une personne qui est physiquement présente dans une pièce et qui lui parle, et qu’il peut également entendre retentir la sonnerie d’un téléphone quelque part ailleurs dans la maison, absolument au même instant. Toutes les facultés de l’activité extérieure sont élastiques. Elles peuvent être utilisées soit comme un microscope, soit comme un télescope, et elles dépendent entièrement du désir et de la volonté de l’individu.

« Si l’on peut être conscient d’un son dans la chambre où se trouve le corps physique et, par exactement le même processus, en percevoir un autre à deux ou trois pièces de distance, on peut aussi entendre sur une plus grande distance par une expansion encore plus grande de cette faculté. Pour y arriver, on doit accroître la fréquence vibratoire jusqu’à ce qu’elle atteigne cette zone plus éloignée.

« Lorsque vous contemplez cette Grande Activité Divine Intérieure, ne voyez–vous pas combien les sens extérieurs se fondent parfaitement et facilement dans l’Intérieur, et que ce qui a été deux devient Un ?

« Cette activité de la conscience peut être appliquée à tous les autres sens, à l’exemple de ceux de la vue et de l’ouïe. Un tel processus d’élévation est naturel, normal et harmonieux, aussi simple que l’accord de votre poste de radio sur n’importe quelle longueur d’onde désirée. Les longueurs d’ondes radiophoniques et celles de la vue et de l’ouïe font partie de la même activité. Le son contient la couleur et la couleur contient le son. Dans l’expérience quotidienne ordinaire, les êtres humains peuvent entendre la couleur et voir le son chaque fois qu’ils deviennent suffisamment calmes.

« À l’intérieur de certaines zones ou octaves, la vibration agit sur les nerfs optiques, et le résultat est ce que nous appelons la vue. D’autres agissent sur les nerfs auditifs, et le résultat est ce que nous appelons l’ouïe. Les yeux de l’homme moyen ne voient que les objets dont la fréquence vibratoire est comprise à l’intérieur de certaines octaves, car ils ne peuvent pas voir au–dessous de l’infrarouge ou au–dessus de la zone ou rayon ultraviolet. Grâce à la Radiation d’un Maître Ascensionné, la structure atomique du cerveau et de l’œil vibre suffisamment vite pour s’étendre dans l’octave supérieure au–dessus de l’humaine.

« Cette même activité peut s’étendre à plusieurs octaves plus loin, soit par la Radiation du Maître, soit par ordre du Soi Intérieur ou Divin de l’individu. Nombre de personnes ont connu involontairement de telles expériences, mais elles ont rarement compris ce qu’elles signifiaient ou comment elles se produisaient. C’est ce qui s’est produit dans les cas où des individus ont eu des moments de Conscience Transcendantale, ou bien été hautement inspirés, bien qu’ils aient rarement reconnu l’assistance qui leur était donnée.

« La Conscience ou Vision Projetée n’a absolument rien à voir avec les images mentales produites par les suggestions qui n’existent que dans les esprits d’autres êtres humains. Ces pensées et images ne sont que flashées directement dans l’esprit d’une autre personne par un individu envoyant la suggestion. C’est la même activité que celle qui consiste à refléter l’image du soleil dans un miroir, puis à la réfléchir sur un mur.

« La suggestion est aussi différente de la Conscience Projetée que penser à un lieu l’est d’y être présent physiquement. La Projection est vive, vivante, réelle, comme lorsque votre corps physique traverse une expérience, car il s’agit de l’action de votre Soi Intérieur Divin, avec Lequel le Maître Ascensionné est UN, le Suprême. »

Saint–Germain et moi–même devînmes les observateurs et les acteurs d’une scène très ancienne. À nouveau, j’étais conscient de vivre des expériences qui m’étaient présentées en pensée, en sentiment et en action. Toute l’opération était aussi naturelle et normale que la respiration, et la seule sensation inhabituelle à son sujet était celle d’un sentiment de plus grande liberté et de maîtrise. Tous deux nous restâmes silencieux quelques instants pendant qu’il revivifiait les Enregistrements Éthériques, et mon instruction commença.

« Voici le Désert du Sahara », dit–il, « à l’époque où il était un pays fertile au climat semi– tropical. »

Il y avait de nombreux cours d’eau transportant une abondante humidité partout dans le pays. Au milieu de cet empire se trouvait la capitale, célèbre dans le monde entier pour sa splendeur. Les bâtiments administratifs étaient situés au centre, sur une légère élévation, et de là, la ville s’étendait uniformément dans toutes les directions.

« Cette civilisation », ajouta–t–il, « atteignit son apogée il y a soixante–dix mille ans. »

Nous entrâmes dans la ville et ressentîmes une activité rythmique inhabituelle qui donnait au marcheur une sensation étrange de légèreté. Tout le monde se déplaçait avec beaucoup d’aisance et de grâce. J’en demandai la raison à Saint–Germain, qui me répondit :

« Ces gens se souvenaient de leur Source et se savaient eux–mêmes Fils de Dieu, donc possesseurs et opérateurs d’une puissance et d’une sagesse qui, pour vous, peuvent sembler miraculeuses et surhumaines. Pour parler sincèrement, il n’y a rien de tel qui soit miraculeux, car tout est en accord avec la Loi et ce qui semble miraculeux selon le concept actuel de l’humanité n’est que le résultat de l’application des lois auxquelles la conscience humaine n’est pas habituée et qui ainsi lui paraissent étranges et inhabituelles. »

« Lorsque la Réalité de la Vie est comprise correctement, toute manifestation qui semble miraculeuse pour votre conscience actuelle se révèle n’être qu’une expérience aussi naturelle et normale que l’est la formation de mots pour celui qui a appris l’usage de l’alphabet. Tout est action d’une manifestation de Vie dans la forme, toujours en expansion et en progression, et cela se produit en tout temps à travers un processus ordonné de la Loi, dans l’amour et la paix.

« Quelque étrange, inhabituelle et impossible qu’une expérience puisse paraître à l’état mental actuel de l’humanité, elle n’est pas la preuve de l’absence d’une plus Grande Loi et d’une Intelligence plus Sage œuvrant pour produire de plus grandes merveilles de création qui nous entourent en permanence.

« Le savoir des plus grands esprits de l’humanité dans le monde extérieur actuel n’est, par rapport à cette Grande Sagesse et Puissance Intérieure, que ce que la compréhension d’un petit enfant est vis–à–vis de l’étude du calcul. »

Dans un édifice du groupe central, nous trouvâmes les préposés parés des plus splendides habits de couleurs douces et brillantes, qui s’harmonisaient avec la décoration intérieure. L’un d’entre eux nous servit de guide, nous conduisant vers l’édifice central, où il nous présenta au roi de ce grand peuple. Le roi s’avéra être Saint–Germain.

A ses côtés se tenait une très belle jeune fille. Elle avait des cheveux comme de l’or filé descendant presque jusqu’au sol et des yeux d’un bleu violet perçant. Tout son maintien était empreint d’autorité aimante. J’adressai à Saint–Germain un regard interrogateur, me demandant qui ce pouvait bien être, et il répondit :

« Lotus »

Un jeune homme d’à peu près vingt ans et un garçon peut–être âgé de quatorze ans se tenaient à ses côtés. Le jeune homme était celui que nous avions vu dans le temple à Louxor en tant que Grand Prêtre, et le garçon était le prêtre de rang inférieur. C’étaient les enfants du roi. À nouveau, nous quatre travaillions ensemble.

« Avec cet aperçu de vies antérieures », dit–il, « entrons dans l’activité de ces gens bénis. Je dis intentionnellement ‘bénis’ ; vous verrez bientôt pourquoi. La plupart d’entre eux gardaient encore, en tant que Fils de Dieu, l’usage conscient et complet de toute leur puissance et sagesse, et ils l’exerçaient presque sans limite, sachant parfaitement d’où ils venaient et de quoi ils étaient les héritiers.

« L’extérieur était uniquement l’instrument du Soi Divin, comme il devrait l’être, et il n’était autorisé à faire que ce pourquoi il avait été créé. Bien sûr, le Grand Soi Intérieur pouvait agir sans entraves et, naturellement, la perfection et l’activité de cette période était celle de superbes accomplissements. »

À l’époque de cette ancienne civilisation, tout l’empire baignait dans une grande paix, le bonheur et la prospérité. Le Roi Empereur était un « Maître de l’Ancienne Sagesse » et un vrai « Porteur de Coupe de la Lumière ». Il régnait par cette Lumière, et son empire était l’exemple vivant de la Perfection.

« Durant des centaines d’années », continua Saint–Germain, « cette Perfection fut maintenue sans armée ni marine d’aucune sorte. Le contrôle de la population était confié aux soins de quatorze Maîtres Ascensionnés de Lumière, travaillant deux par deux sur chacun des Sept Rayons. Ils formaient ainsi des points de focalisation pour rendre visible la Puissante Activité Divine. Au–dessous de ces quatorze Êtres Lumineux, il y avait quatorze Maîtres moindres qui étaient les chefs de sept départements contrôlant les activités de la science, de l’industrie et de l’art. Chacun des chefs de département dirigeait les travaux sous sa responsabilité par un contact direct et conscient avec le Dieu en lui–même. Ainsi, toutes les guidance et instruction, destinées à ceux qui dépendaient d’eux, provenaient directement de leur Source, et la Perfection Divine affluait librement sans aucune interférence de l’humain.

« A tous les égards, cette forme de gouvernement fut une réussite et une source de satisfaction des plus remarquables. Depuis cette époque, il n’y a jamais plus eu sur Terre quoi que ce soit qui ait approché de telles hauteurs. Dans les annales qui nous sont parvenues à ce jour, il est fait référence à cette ancienne civilisation comme à l’Age d’Or, et il en était ainsi dans toute activité de Vie.

« Dans votre Amérique bien–aimée, une reconnaissance similaire du Soi Réel Intérieur se manifestera dans un avenir pas très lointain, et son peuple l’exprimera avec un haut degré d’accomplissement. L’Amérique est un Pays de Lumière et sa lumière resplendira, aussi brillante que le Soleil à son zénith, parmi les nations de la Terre. Elle fut jadis un Pays de Grande Lumière, et elle recouvrera son héritage spirituel, car rien ne peut l’empêcher. Elle est forte dans ses propres esprit et corps, plus forte que vous ne le pensez. Et cette force, elle l’exercera pour s’extraire de tout ce qui pèse lourdement sur elle actuellement et l’expulser d’une frontière à l’autre.

« L’Amérique a une destinée de grande importance pour les autres nations de la Terre et Ceux qui ont veillé sur elle depuis des siècles continuent à le faire. C’est grâce à leurs Protection et Amour qu’elle réalisera cette destinée. Amérique ! nous, Armée Ascensionnée de Lumière, nous t’aimons et te gardons ! Amérique, nous t’aimons.

« Une forme similaire de gouvernement parfait apparaîtra dans une période future, lorsque vous aurez rejeté certaines entraves intérieures qui s’agrippent telles des moisissures et minent votre force comme un vampire. Bien–aimés en Amérique, ne vous découragez pas lorsque de sombres nuages apparents volent bas. Chacun d’eux vous montrera sa doublure dorée. Derrière le nuage qui semble menacer, il y a la ‘Pure Lumière de Cristal de Dieu et Ses Messagers, les Maîtres Ascensionnés d’Amour et de Perfection, qui veillent sur l’Amérique, son gouvernement et son peuple. A nouveau, je dis : ‘Amérique, nous t’aimons !’

« Une à une, de grandes âmes éveillées apparaissent, qui prendront clairement conscience de leur puissant et inhérent Pouvoir Divin et qui, comme telles, seront placées à tous les postes officiels du gouvernement. Elles seront plus intéressées au bien–être de l’Amérique qu’à leurs propres ambitions personnelles et fortunes privées. Ainsi, un nouvel Age d’Or règnera sur la Terre et sera maintenu pendant un éon.

« Dans la période précédant juste celle dont vous avez fait l’expérience, la masse des gens utilisait des vaisseaux aériens à des buts de transport. À mesure que le développement atteignait un niveau encore plus élevé, elle en avait de moins en moins besoin, sauf dans les districts éloignés. Tous les membres de la classe officielle, parce qu’ils avaient les âmes spirituellement

les plus avancées de cette race, étaient capables d’aller de lieu en lieu dans les corps plus subtils et de faire tout ce qu’ils désiraient, comme dans votre expérience récente à Louxor. Ils étaient capables également de transporter à volonté leur corps physique, car l’usage de leur pouvoir de surmonter la gravité était aussi naturel que la respiration l’est pour vous.

« L’or était une matière première courante à cette époque, comme lors de tous les autres ‘Ages d’Or’, car son émanation naturelle est une énergie ou force purifiante, équilibrante et vitalisante. Il est placé dans la Terre par les ‘Seigneurs de la Création’, ces ‘Grands Êtres de Lumière et d’Amour’ qui créent et dirigent les mondes, les systèmes de mondes et l’expansion de la Lumière dans les êtres qui s’y trouvent.

« L’esprit extérieur ou la connaissance intellectuelle de l’humanité renferme en elle peu, très peu, de la compréhension du but réel pour lequel l’or existe sur cette planète. Il pousse à l’intérieur de la Terre comme une plante, et par lui, se déverse constamment un courant d’énergie purifiante, revitalisante et équilibrante dans le sol même sur lequel nous marchons, aussi bien que dans la croissance de la Nature et dans l’atmosphère que nous respirons.

« L’or est mis sur notre planète pour différents usages, dont deux des plus triviaux et des moins importants étant son emploi comme moyen d’échange et pour l’ornementation. Bien plus grands sont son activité et son but de libérer dans et sur la Terre sa qualité inhérente de purifier, vitaliser et équilibrer la structure atomique du monde.

« La communauté scientifique d’aujourd’hui n’a encore aucune idée de cette activité. Cependant, son rôle pour la Terre est le même que celui des radiateurs pour nos maisons. L’or est l’un des plus importants vecteurs par lequel l’énergie de notre soleil est fournie à l’intérieur de la Terre et y maintient un équilibre des activités. En tant que pourvoyeur de cette énergie, il agit comme un transformateur pour transférer la force du soleil à la substance physique de notre monde ainsi que dans la Vie qui évolue sur lui. L’énergie à l’intérieur de l’or est vraiment la force électronique rayonnante du soleil agissant dans une octave inférieure. L’or est parfois appelé rayon de soleil précipité.

« Alors que l’énergie dans l’or est d’une fréquence vibratoire extrêmement élevée, elle ne peut agir sur les expressions plus fines et subtiles de Vie que par absorption. Dans tous les Ages d’Or, la grande masse des gens a fait de ce métal un usage abondant et courant, et chaque fois que se produit une telle condition, le développement spirituel de ces gens atteint un niveau très élevé. A ces âges, l’or n’est jamais thésaurisé, mais au contraire, largement distribué à l’usage de la masse qui, en absorbant son énergie purificatrice, est elle–même élevée vers une plus grande perfection. Tel est l’usage correct de l’or, et lorsque cette Loi est comprise et suivie consciemment, l’individu peut extraire par l’usage de cette Loi autant qu’il désire pour lui-même.

« Grâce aux gisements d’or dans toutes les chaînes de montagnes, l’homme y trouve la santé et la vigueur dans la Vie, qu’il ne peut trouver en tout autre endroit à la surface de la Terre. Jamais personne n’a entendu parler d’effets nuisibles de l’or pur sur ceux qui le manipulent en permanence. À l’état pur, l’or est doux et se rogne facilement, mais sa qualité même reste la réalisation de l’objet dont je viens de parler.

« Les plus avancées parmi ces personnes produisaient beaucoup d’or par précipitation directement à partir de l’Universel. Les coupoles de nombreux édifices étaient recouvertes de feuilles d’or pur et les intérieurs décorés à l’aide de superbes joyaux d’un dessin merveilleux bien que curieux. Ces joyaux aussi étaient précipités directement de la Substance Éternelle Unique.

« Comme dans tous les âges passés, il y eut une fraction des gens qui devinrent plus intéressés par les plaisirs temporaires des sens que par le plan créatif plus ample du Grand Soi Divin. Ce qui entraîna leur perte de conscience de la Puissance Divine à travers le pays jusqu’à qu’elle ne fût plus active que dans un rayon à peine plus grand que la ville elle–même. La capitale s’appelait ‘Cité du Soleil’.

« Les gouvernants réalisèrent qu’ils devaient se retirer et laisser les gens apprendre par de dures expériences que tout leur bonheur et le bien leur venaient de l’adoration envers le Dieu Intérieur et qu’ils devaient revenir dans la Lumière s’ils voulaient être heureux. »

Voyant par la Sagesse Intérieure que les gens étaient de plus en plus empêtrés dans la gratification des sens, le Roi–Empereur réalisa que soutenir le royaume n’était plus le Plan Divin. Il reçut l’ordre de ceux, dont l’autorité spirituelle était plus grande que la sienne, d’offrir un banquet pour annoncer sa décision de se retirer et ainsi faire ses adieux à ses sujets.

Il réunit ses conseillers et donna des instructions pour le banquet, ordonnant qu’il fût tenu dans le lieu le plus magnifique de l’empire, dans le palais du roi, connu comme la Salle des Joyaux. Celle–ci était éclairée par des globes luminescents d’où émanait un rayonnement blanc et brillant. Ils étaient suspendus au plafond par des chaînes de cristal. Bien qu’elle fût intense et brillante, leur lumière intérieure avait un effet extrêmement apaisant sur le corps qui procurait à ceux sous son rayonnement une sensation de grande aisance et de tranquillité. Le globe central diffusait une lumière qui embrasait les joyaux dans leur dessin d’éclat solaire que formait le grand médaillon au milieu du plafond.

La grande salle des banquets, décorée avec recherche, contenait vingt–quatre tables en onyx blanc pour vingt–quatre convives. C’était la première fois que le roi avait pour invités tous ses conseillers et leurs états–majors en même temps. L’annonce du banquet suscita bien des commentaires parmi les gens, et chacun en parla abondamment avec son voisin, mais pour tous, cela restait un mystère, car personne n’en pouvait discerner le but.

Enfin, le soir de l’évènement arriva. Personne ne suspectait la peine dans le cœur du noble souverain, ni n’imaginait le changement qui leur viendrait si rapidement. L’heure arriva, les invités étaient réunis et chacun flairait le mystère.

Les grandes portes de bronze de la salle des banquets s’ouvrirent majestueusement ; un éclat de musique transcendante, comme jouée dans l’invisible par un gigantesque orchestre symphonique, retentit en surprenant même ceux qui connaissaient le pouvoir extraordinaire de leur monarque adoré. Les gens le considéraient presque comme un Dieu, si grands étaient l’amour et l’admiration pour la sagesse et l’aide qu’il n’avait cessé de déverser sur eux.

Au moment où prenait fin la musique triomphale, le roi entra, accompagné de ses enfants. Sa fille était la beauté même. Elle portait une robe de tissu doré qui ne ressemblait à aucun autre de notre monde moderne. Son retour de drapé apparaissait comme couvert de diamants, et, à chaque mouvement de son corps, des points de lumière émettaient des éclairs. Ses cheveux dorés tombaient sur ses épaules, retenus par deux fermoirs d’émeraude. Son front était ceint d’une bande de métal blanc sertie de diamants ; au centre se trouvait ce qui semblait être un gros diamant, mais qui était en réalité une puissante condensation de Lumière focalisée et maintenue là par son père.

Le roi était le seul dans tout l’empire à qui avait été confié l’usage de ce Pouvoir Transcendent. Jamais, avant ce soir–là, la famille royale n’avait utilisé ces « Joyaux de Lumière » dans ses contacts avec le monde extérieur. Un tel usage de ce pouvoir ne lui était permis que pour son adoration privée du Grand Soi Divin, de cette « Suprême Présence » dont elle était profondément et constamment conscients.

Le souverain et ses deux fils portaient des habits ajustés, du même tissu doux et doré que la fille. Ils étaient aussi souples que le cuir, mais faits d’or métallique, avec un pectoral comme un grand soleil de joyaux. Ils portaient des sandales de la même matière, également rehaussée de pierres précieuses, et sur le front de chacun d’eux reposait le merveilleux « Joyau de Lumière ».

Au signal du roi, les convives s’assirent. D’une voix majestueuse et puissante, il adressa du plus profond de son cœur une invocation à l’Être Suprême Infini.

« Ô Toi, Puissante Source Omniprésente, Toi qui gouvernes l’Univers, la Flamme dans chaque cœur humain ! Nous T’offrons amour, louange et gratitude pour Ta Vie même, Ta Lumière et Ton Amour en toutes choses. Nous T’adorons et ne regardons que vers Toi, la Présence en toutes choses, visibles et invisibles, évoluées ou non évoluées, Toi, Courant de Vie se déversant sans cesse, qui T’es répandu Toi–même dans toute la création, Toi le Soi Unique en Tout.

« Mon cœur T’appelle, comme jamais auparavant, pour secouer ces gens, mon peuple, face au danger qu’ils courent, car, de leur indifférence récente envers Toi, s’insinue en eux comme un souffle empoisonné produisant le sommeil de l’âme et dressant un voile devant eux qui les coupe de Ta Présence Éclatante.

« S’ils doivent faire l’expérience qui consume et brûle les scories et les nuages du soi extérieur, alors soutiens–les et conduis–les enfin dans Ta Perfection Éternelle. Je fais appel à Toi, Créateur de l’Univers, Toi, Dieu Suprême Omniprésent.

Le roi s’assit, et tous attendirent en silence. En quelques instants apparut le service devant chaque individu. Les plats se succédaient, comme servis par des mains invisibles ; la nourriture arrivait dans une vaisselle de cristal ornée de joyaux, puis disparaissait aussitôt qu’un plat était terminé pour faire place au suivant. Finalement, le banquet le plus recherché que l’empire eût jamais connu arriva à son terme. Tout redevint silencieux, retenant son souffle, comme pressentant quelque évènement extraordinaire.

Le roi se leva et, droit et calme, attendit quelques instants. Bientôt, un gobelet de cristal apparut dans la main droite de chacun des convives. Ils se remplirent d’une condensation d’Essence Électronique Pure, et tous ceux qui en burent n’oublièrent jamais complètement le Soi Divin Intérieur, aussi loin que leur courant de vie s’étendît dans le temps et aussi variées que fussent

leurs expériences. Cette protection de l’âme dont étaient ainsi gratifiés tous les convives était une récompense pour leur foi et leur loyauté envers Dieu en eux–mêmes, envers le roi et l’empire. Les conseillers et les autres participants avaient servi fidèlement et sans relâche pour le bien de l’empire, et c’est ce service qui leur valait la protection de l’âme qui leur était donnée à travers les siècles.

Chacun leva son gobelet et but au « Dieu en soi–même », à sa propre « Flamme du Très–Haut, l’UN Vivant ». Le déroulement du banquet fut diffusé à tous dans l’empire par une radio similaire à celle que nous utilisons aujourd’hui. Elle n’était pas plus grande qu’une assiette et cependant assez puissante pour recevoir tout ce qui se passait en n’importe quel point de la surface de la Terre.

Après la salutation au Soi Divin en chacun, tous devinrent très calmes ; même l’atmosphère semblait parfaitement immobile. En quelques instants, une Merveilleuse Présence apparut lentement en face du roi.

Cette Présence était un Maître Cosmique issu du Grand Silence. A son apparition, un murmure de crainte respectueuse et de surprise courut parmi les invités qui avaient reconnu l’Un de Ceux dont ils avaient entendu parler depuis des siècles, bien qu’aucun n’en eût jamais rencontré la ‘Présence’ visible. Levant la main droite, il s’adressa à l’assistance et à tous les habitants de l’empire.

« Ô, Enfants de la Terre, en ce temps de grande crise, je vous adresse une mise en garde très importante. Libérez–vous du piège des sens qui est en train de vous engloutir ! Réveillez–vous de votre léthargie avant qu’il ne soit trop tard ! Lui, mon Frère de Lumière, doit se retirer et vous abandonner à l’expérience que vous avez choisie et qui vous séduit peu à peu par ses nombreux pièges. Vous vous êtes ouverts à l’ignorance incontrôlée et aux émotions du soi extérieur.

« Vous accordez peu d’attention et encore moins d’adoration à votre Source, la Cause Suprême, Puissante, Rayonnante, Majestueuse et Infinie de tout ce qui est, le Créateur et Soutien de tous les mondes. Vous ne témoignez d’aucune gratitude envers la ‘Grande Présence Glorieuse’, le Seigneur de l’Amour, pour la Vie même par laquelle vous existez.

« Ô, pourquoi n’êtes–vous même pas reconnaissants pour les bienfaits que la Nature vous dispense si généreusement, pour l’abondance que vous prodiguent ce bon pays et votre souverain sage et désintéressé ? Vous vous remerciez les uns les autres pour des faveurs, choses des sens et de la forme qui sont si éphémères qu’elles passent de l’un à l’autre et disparaissent. Mais pourquoi, ô pourquoi oubliez–vous la Source de toute Vie, de tout Amour, de toute Intelligence et de tout Pouvoir ?

« Peuple, ô Peuple, où est ta gratitude envers la Vie, l’Amour, pour la magnificence de l’expérience dont vous vous réjouissez à chaque instant, à chaque heure, chaque jour, année après année ? Tout cela, vous dites que c’est à vous, mais cela a toujours appartenu, cela appartient maintenant et appartiendra toujours à l’Unique Grande Source de Vie, de Lumière, d’Amour et de Tout Bien, DIEU, le Suprême, l’Adorable, ‘l’UN–qui–pénètre–tout’.

« Lorsque par votre propre abus de l’énergie de Vie, que cet Un–qui–pénètre–tout déverse constamment sur vous, pure, parfaite et non contaminée, vous avez créé des conditions si destructives et douloureuses qu’elles ne peuvent plus être endurées, vous vous tournez vers Dieu

soit par désespoir, soit par angoisse ou par rébellion et vous L’appelez à vous soulager de votre misère. Voilà votre présent au ‘Donateur de tout Bien’ en remerciement de cette Perfection Incessante que, dans Son Amour Suprême, Il vous accorde continuellement. La seule condition du Grand Soi Unique pour tout donner est qu’il en soit fait un usage correct, de manière à bénir de joie infinie, d’activité harmonieuse et de Perfection le reste de la création.

« Lorsque, des profondeurs de la misère, vous vous retournez vers votre Source pour être soulagés de vos méfaits, soit vous pleurez de désespoir, soit, si vous êtes en état de rébellion, vous blâmez la Vie et la Source de Tout Bien de permettre ce que vous appelez injustice et conditions erronées d’exister en vous et dans votre monde.

« C’est vous, votre petit soi personnel, qui êtes injustes envers la Vie ; c’est vous qui êtes inéquitables ; c’est vous qui créez la misère de la Terre. Seule l’humanité, parce qu’elle dispose du libre arbitre de créer comme elle le veut, seul chaque individu, par ses propres pensées et sentiments, ose faire naître la discorde, la misère et la difformité qui s’expriment sur la Terre. C’est une flétrissure sur la Création et sur la Perfection qui s’inscrit pour toujours dans la Grande Mélodie Cosmique du Chant Éternel.

« Seule l’humanité est coupable de faire retentir une discorde dans la musique des sphères, car tout le reste vit et agit en accord avec la Loi d’Amour, de Vie, d’Harmonie et de Lumière. Tout le reste se fond dans le tout harmonieux, le ‘Corps de l’Infini, l’UN Tout–aimant’.

« Tous les autres royaumes de Vie et Lumière se meuvent et créent selon le principe fondamental sur lequel repose toute Perfection. Ce principe est l’Amour. N’étaient les Grands Êtres Altruistes, tels que votre souverain ou la Grande Armée des Maîtres Ascensionnés, dont la tonique dans l’existence est l’Amour, l’humanité se serait détruite depuis longtemps, de même que la planète sur laquelle elle vit.

« Les activités transcendantes et magnifiques d’Amour et de Lumière sont les Conditions Naturelles dans lesquelles Dieu a créé et attendu de Ses enfants humains qu’ils les manifestent en obéissant à Son commandement ‘d’Aimer’. Il n’y a rien dans l’univers qui, tant soit peu, soit une condition surnaturelle. Tout ce qui est transcendant, magnifique et parfait est Naturel et en accord avec la Loi d’Amour. Tout le reste est ‘infra–naturel’. L’expérience quotidienne de l’Armée des Maîtres Ascensionnés est la Perfection dans laquelle les enfants de Dieu étaient supposés vivre toujours. Les enfants de la Terre ont jadis exprimé cette Perfection au cours d’un ancien cycle, qui fut un Age d’Or.

« Cette ancienne civilisation, cette Ancienne Perfection, est plus vieille que vous ne l’imaginez, plus vieille que vous ne croyez qu’est la planète. À cette époque, toute l’humanité vivait dans un état transcendant similaire à celui des Maîtres Ascensionnés. La condition de misère qui suivit à travers les âges se produisit parce que l’humanité choisit de se détourner de sa Source, l’Amour en tant que plan par lequel vivre la Vie.

« Lorsque les enfants de la Terre se détournent de l’Amour, ils choisissent délibérément et consciemment l’expérience du chaos. Quiconque cherche à exister sans Amour ne peut survivre longtemps où que ce soit dans la création. Une telle tentative est condamnée à engendrer l’échec, la misère et la dissolution. Tout ce qui manque d’Amour doit retourner au chaos, l’informe, afin que sa substance puisse être réutilisée, combinée à l’Amour, pour produire ainsi une forme nouvelle et parfaite.

« C’est la Loi de la Vie Universelle, comme de l’individuelle. Elle est Immuable, Irrévocable, Éternelle, mais en même temps Bénéfique, car la création dans la forme existe pour que Dieu ait quelque chose sur quoi déverser l’Amour et l’exprimer ainsi en action. C’est la Loi de l’UN, l’Être Puissant Duquel provient tout le reste. C’est le Mandat d’Éternité, dont l’immensité et la brillance de la Perfection ne peut être décrite par des mots.

« S’il n’y avait pas ces conditions de Vie et d’expérience positives, réelles, permanentes et Parfaites, qui transcendent de loin la description humaine, l’existence ne serait qu’une parodie de la prodigieuse activité de Vie qui bat son plein pour toujours à travers toute la création. Il y a ces Sphères supérieures et harmonieuses, Transcendantes, royaumes d’activité et de conscience, individuelles et cosmiques, où la création se poursuit continuellement dans la Joie, l’Amour, la Liberté et dans la Perfection.

« Elles sont réelles, réelles, réelles, et bien plus permanentes que vos corps et vos édifices dans le monde physique autour de vous. Ces Royaumes de Vie sont faits d’une Substance si chargée d’Amour qu’ils ne peuvent jamais se voir imposer ou graver une qualité ou activité de discorde, d’imperfection ou de désintégration. Comme ils sont fondés sur l’Amour, la Perfection d’une telle manifestation est maintenue pour toujours, toujours active, toujours en expansion et bénissant de joie tout ce qui existe.

« Vous vous chargez de peine, ce qui vous propulse dans l’incarnation toujours et toujours par l’ignorance des sens, des appétits humains et des désirs du soi extérieur. Dans la nature émotionnelle de l’humanité, ces appétits ne sont par eux–mêmes qu’une accumulation d’énergie à laquelle un individu a donné par ses pensées et sentiments une qualité ou d’une sorte ou d’une autre. Cette énergie mal qualifiée acquiert une dynamique à travers l’expression humaine et devient une habitude. L’habitude n’est rien d’autre que de l’énergie qualifiée et maintenue focalisée pour un temps sur un objectif.

« Les appétits des sens des vies antérieures deviennent les forces motrices et les habitudes des vies suivantes ; ils vous maintiennent en esclavage, attachés aux roues du chariot de la discorde, du manque et de la nécessité, vous faisant tourbillonner dans le labyrinthe des problèmes et expériences humains de votre propre création, vous obligeant à apprendre et à obéir à la Loi de l’UN, l’Amour.

« Vos propres créations malfaisantes vous mènent à continuer, encore et encore, jusqu’à ce que vous soyez disposés à comprendre la Vie et à obéir à Sa Loi Unique, l’Amour. Vive après Vie, vous virevoltez, expérimentant discorde sur discorde, jusqu’au moment où vous apprenez à vivre la Loi de l’Amour.

« C’est une activité contraignante à laquelle personne n’échappe, qui se poursuit jusqu’à ce que le soi extérieur demande la raison de sa misère et comprend qu’il ne peut être libéré de l’expérience de la souffrance qu’à travers l’obéissance à la Loi de l’Amour. Cette obéissance commence par le calme, la paix et la gentillesse dans les sentiments, dont le centre est dans le cœur. Son contact avec le monde extérieur doit venir par le Ressenti Intérieur.

« L’Amour n’est pas une activité de l’esprit, mais c’est l’Essence Pure et Lumineuse qui crée l’esprit. Cette Essence qui vient de la Grande Flamme Divine afflue dans la substance et se déverse constamment en tant que Perfection dans la forme et dans l’action. L’Amour est la Perfection manifeste. Il ne peut qu’exprimer la paix, la joie et répandre, inconditionnellement,

ces sentiments sur toute création. Il ne demande rien pour lui–même parce qu’étant le Battement de Cœur du Suprême, il est éternellement Auto–créateur. L’Amour possède Tout et ne se soucie que de mettre en œuvre en tout le Plan de Perfection. Ainsi, il est une constante effusion de lui– même. Il ne tient aucun compte de ce qui a été donné dans le passé, mais il reçoit sa joie et maintient son équilibre par son propre Épanchement constant. Parce que cette Perfection est inhérente à l’Amour et se déverse toujours, elle est incapable d’enregistrer quoi que ce soit d’autre qu’elle–même.

« Seul l’Amour est le fondement de l’harmonie et de l’usage correct de toute énergie de Vie. Dans l’expérience humaine, cela se développe en un désir de donner, donner et donner au reste de la création toute la paix et l’harmonie d’un individu.

« Peuple, ô Peuple ! À tout jamais, seul assez d’amour pourra vous ramener au Ciel que vous avez connu et dans lequel vous avez résidé. C’est là qu’une nouvelle fois, vous embrasserez la plénitude de la Grande Lumière qui donne tout par Amour.

« Un prince étranger s’approche de vos frontières ; il entrera dans la ville à la recherche de la fille de votre roi. Vous tomberez sous la férule de ce prince, et la reconnaissance de votre erreur sera vaine. Rien n’y fera, et la famille royale sera confiée aux soins et à la protection de ceux dont le pouvoir et l’autorité sont de Dieu, contre lesquels aucun désir humain ne peut jamais prévaloir. Ce sont les Grands Maîtres Ascensionnés de Lumière de la Cité Éthérique d’Or au–dessus de ce pays. C’est là que votre souverain et ses enfants bien–aimés résideront pendant un cycle de temps. » Se tournant vers le roi, il lui dit :

« Je te bénis, mon Frère noble et patient ! Aimant et désintéressé a été ton service envers ton peuple. Profonde et éternelle est ta dévotion envers l’Être Suprême, Source de Toute Création. La Cité Éthérique d’Or t’attend, toi et tes enfants, et vous souhaite joyeusement la bienvenue.

« Vous vivrez dans son rayonnement en servant par les Rayons de Lumière qui émanent pour toujours de ceux qui y résident, jusqu’à ce que ces gens, votre peuple, se rachètent par obéissance à la Loi d’Amour.

« Cet Empire de Lumière existe au–dessus du pays que vous avez tant aimé. Il est fait de substance éthérique auto–lumineuse et repose sur la cité physique qui est votre capitale. Il est réel, vraiment réel et bien plus permanent que n’importe quelle ville terrestre, car la Lumière est indestructible et la Cité d’Or est constituée de Lumière. Ne peuvent jamais y pénétrer ni pensée inharmonieuse, ni condition perturbante de quelque nature que ce soit.

« Je reviendrai vous chercher, toi et tes enfants, dans sept jours, pour vous amener dans la Cité de Lumière, d’où nous observerons les progrès de l’humanité et attirerons dans la Lumière tous ceux qui se disciplineront et s’y prépareront. Autour de la Cité, il y a une ceinture électronique invincible qui empêche toute chose indésirable de passer. »

Lorsqu’il eut terminé de parler, il bénit la famille royale, les invités et l’empire, et pendant les instants de silence qui suivirent, sa Lumière et la silhouette de son Corps s’estompèrent progressivement jusqu’à disparaître entièrement.

Un murmure parcourut la grande salle des banquets, et quand tous les convives regardèrent vers le roi, sa tête était penchée en silence révérencieux. Il se leva lentement et souhaita bonne nuit à ses invités.

Au septième jour, le ‘Frère venu du Silence’ revint et, enveloppant le roi et ses enfants dans son aura flamboyante, se retira dans la Cité Éthérique d’Or et de Lumière.

Le prince visitant arriva le jour suivant, découvrant la condition de l’empire et la consternation qui frappait encore son peuple. D’emblée, il conçut subtilement le projet d’en devenir le monarque, ce

qu’il accomplit sans opposition. Deux mille ans plus tard, la plus grande partie de l’empire était devenue une terre stérile, les cours d’eau s’étaient asséchés, et la désolation régnait partout ; tout résultait de la discorde et de l’égoïsme humains, ces fléaux qu’ils deviennent pour la croissance de la vie végétale dans la nature. Ce royaume s’était étendu à la largeur entière de l’Afrique vers l’est, jusqu’à atteindre les montagnes de l’Himalaya.

Survint alors un grand cataclysme, submergeant tout le pays. Ce changement entraîna la formation d’une mer intérieure où se trouve aujourd’hui le désert du Sahara. Par un autre changement terrestre, qui eut lieu il y a environ douze mille ans, cette mer s’assécha et une partie en devint plus tard le désert actuel du Sahara. Le Nil, tel qu’il est aujourd’hui, ressemble fortement aux merveilleux cours d’eau de cette période depuis longtemps oubliée.

Ainsi prit fin notre observation de ces scènes très anciennes. J’en croyais à peine mes sens, tel était mon étonnement de voir comment les expériences du passé avaient été revivifiées par des images en trois dimensions et comment avait été représentée l’activité du peuple de cet âge reculé.

Réalisant combien j’étais surpris par ces activités, combien j’y étais peu habitué, Saint–Germain promit de m’emmener aux annales physiques de cette période et de son peuple, et de m’apporter la preuve physique que ce n’était pas qu’une vision suscitée par lui.

En jetant un regard circulaire depuis le tronc sur lequel nous étions assis, nous vîmes la panthère, couchée à proximité, presque endormie. Saint–Germain reprit l’explication de plusieurs phases importantes sur l’application de lois supérieures pour la manifestation de la maîtrise inhérente de chacun sur les choses du monde des sens. Ce qui nous conduisit aux raisons qui lui permettaient d’exprimer une telle jeunesse et Perfection dans un corps si âgé, selon la manière dont les êtres humains comptent le temps.

« La Jeunesse Éternelle », expliqua–t–il, « est la Flamme de Dieu résidant dans le corps de l’homme, le Don par le Père de Lui– même à Sa Création. La jeunesse et la beauté du corps et de l’esprit ne peuvent être conservées en permanence que par les individus qui sont assez forts pour repousser la discorde et qui font ce qu’il faut pour exprimer et maintenir la Perfection."

« Là où la Paix, l’Amour et la Lumière ne résident pas dans les pensées et sentiments d’un être humain, aucune somme d’effort physique n’est capable de garder le soi extérieur exprimant jeunesse et beauté. Celles–ci existent Éternellement dans la Flamme Divine, qui est le Soi Divin de chaque individu. Quelque discorde que le soi extérieur laisse percer au travers des pensées et sentiments, celle–ci s’imprime instantanément dans la chair du corps physique. La Jeunesse et la Beauté Éternelles sont Auto–créées et, par suite, Auto–existantes à l’intérieur de la Flamme de Vie de Dieu dans chaque être humain. C’est le Plan de Dieu pour manifester Sa Perfection dans le monde de la forme et l’y maintenir pour toujours.

« Jeunesse, Beauté et Perfection sont des attributs de l’Amour que le Soi Divin déverse sans relâche dans Sa Création. Chaque individu recèle en lui le pouvoir et les moyens de conserver et d’accroître cette activité de création, parfaite et toujours en expansion.

« La puissance d’accomplissement est l’énergie du Soi Divin en chaque être humain venu au monde. Il est toujours actif à chaque instant dans vos esprit, corps et monde. Cette puissante énergie ne cesse de couler à aucun instant à travers tous les individus. Vous avez le privilège de la qualifier comme vous l’entendez, sur ordre de votre libre arbitre, par vos pensées et sentiments consciemment dirigés.

« La pensée est la seule chose dans l’univers qui peut créer la vibration, et c’est par vibration que vous qualifiez cette énergie éternellement fluante de n’importe quoi que vous désiriez voir se manifester dans votre vie et votre monde. Cette énergie, illimitée, intelligente et rayonnante se déverse sans cesse à travers votre système nerveux ; elle est la Vie Éternelle et la vitalité dans le flux sanguin qui coule dans vos veines. C’est une activité toute–puissante, omniprésente et intelligente que le Père, le Principe Divin de Vie, vous a donnée pour être exercée selon votre libre arbitre. L’Intelligence Réelle, qui fait un usage constructif de toute chose, ne procède que de l’Intérieur du Principe Divin, de la Flamme de Vie, et elle n’est pas purement l’activité de l’intellect. L’Intelligence Réelle est Sagesse ou Connaissance Divine, qui ne pense pas, qui ne peut pas avoir des pensées erronées. Celles–ci ne viennent que d’impressions gravées sur l’intellect par le monde extérieur de l’individu. Si les individus voulaient bien discerner entre leurs propres pensées, c’est–à–dire celles provenant de l’intérieur de la Flamme Divine, et les suggestions expulsées par l’intellect d’autres personnes et la preuve des sens qui ne considère que les seules apparences, ils pourraient éviter toutes les activités et conditions discordantes dans le monde de l’expérience.

« La Lumière issue de l’intérieur de la propre Flamme Divine d’un individu est le critère, la référence de Perfection, par laquelle devraient se tester toutes les pensées et sentiments qui nous parviennent à travers les cinq sens. Personne ne peut maintenir ses pensées et sentiments qualifiés de Perfection, sauf s’il se relie à la ‘Source de Perfection’, car cette qualité et cette activité ne résident qu’à l’intérieur de la Flamme Divine.

« C’est pourquoi l’individu a besoin de méditer sur la Lumière Divine à l’intérieur de soi–même et de communier avec elle. La Pure Essence de Vie non seulement donnera et conservera la jeunesse et la beauté Éternelles dans le corps, mais elle vous permettra de conserver un équilibre parfait entre votre Soi Divin et le soi extérieur ou personnel. En fait, cette Energie de Vie Pure est le pouvoir dont se sert le soi extérieur pour maintenir sa relation avec sa Source Divine, le Soi Divin. En réalité, ces deux soi sont Un, sauf lorsque l’intellect ou activité extérieure de l’esprit, la conscience des sens, accepte l’imperfection, l’inharmonie, l’incomplétude ou qu’elle se croit une création séparée de l’Unique Présence de Vie qui imprègne tout. Si la conscience des sens se croit séparée de la Perfection Divine, alors cette condition s’y établit, car ce que la conscience des sens amène dans son monde par ses pensées, son monde le lui retourne.

« Quand une personne permet à une idée d’imperfection ou de séparation d’avec Dieu, de retenir son attention, donc son esprit, une condition correspondant à cela commence à s’exprimer dans son corps et dans son monde. Il s’ensuit que la personne commence à se sentir une entité séparée de sa Source. Dès l’instant où elle se croit séparée de Dieu, elle pense que sa Vie, son Intelligence et son Pouvoir ont un début et une fin.

« La Vie a toujours été, est maintenant et sera toujours. Personne ne peut réellement détruire la Vie. À travers diverses activités du monde physique et mental, la forme peut être désintégrée ou démolie temporairement, mais la conscience de l’individu est Éternelle ; elle peut contrôler partout toute substance manifestée, lorsque la Vie Divine est reconnue comme ‘Celle qui connaît, Celle qui donne, Celle qui crée’ tout bien dans la création.

« Je vous dis la Vérité quand je dis qu’il n’y a qu’une Source de tout Bien : Dieu. La reconnaissance et l’acceptation conscientes et maintenues de cette Vérité, reconnues par l’activité extérieure de l’esprit, pas seulement deux ou trois fois par jour, mais à chaque instant tout au long de la journée, et quelle que soit l’activité du soi extérieur, permettront à quiconque d’exprimer sa parfaite liberté et sa maîtrise sur toutes les choses humaines.

« Pour la plupart des gens, ce qui précède semble difficile parce qu’ils ont vécu de très nombreux siècles dans la croyance qu’ils sont des êtres séparés de Dieu, alors que chaque jour, à chaque instant, ils utilisent sans s’en rendre compte la Vie Divine, l’Energie Divine, la Substance Divine et l’Activité Divine dans tout ce qu’ils pensent et font. Cependant, pour libérer Sa Pleine Puissance au travers du soi personnel, il faut reconnaître consciemment ce fait dans l’activité extérieure et dans la guidance constructive de l’esprit.

« Reconnaissance, guidance consciente et utilisation constructive de l’Energie Divine, lorsqu’elles sont maintenues en tout temps dans le soi extérieur, sont la voie de la Perfection, de la Maîtrise et de la Suprématie sur toutes les choses terrestres, y compris le contrôle conscient de toutes les forces naturelles. L’instruction que je vous ai donnée, si elle est suivie avec constance, effacera complètement toutes les fausses croyances. La rapidité de cet accomplissement dépend de la persistance, de la continuité et de la profondeur avec lesquelles vous vous sentirez associé à votre Soi Divin.

« Dans l’acquisition de la Maîtrise ou de l’Adeptat, le contrôle conscient de toute force et manipulation de substance dépend premièrement de la reconnaissance de votre propre Soi Divin individuel, deuxièmement d’un calme parfait des sentiments en toutes circonstances. Surtout, en troisième lieu, on doit être au–dessus de toute tentation d’abus d’autorité. Il est impératif de calmer toutes les émotions sur ordre de la volonté consciente, et chez l’Adepte, cette exigence est inconditionnelle pour parvenir à la Maîtrise.

« Cela ne veut pas dire une répression de discorde à l’intérieur du soi en toute circonstance, mais c’est un apaisement et une harmonisation des sentiments quelles que soient les circonstances qui entourent l’esprit ou le corps de l’étudiant. Un tel contrôle n’est pas chose aisée dans le monde Occidental, car le tempérament de la plupart des gens en Occident est sensitif, émotionnel et impulsif. Cette caractéristique est une énergie d’une puissance formidable, qui doit être contrôlée, gardée en réserve et utilisée uniquement par une guidance consciente pour la réalisation de quelque chose de constructif. Tant que le gaspillage d’énergie n’est pas contrôlé et complètement gouverné, l’individu ne peut et ne pourra jamais faire des progrès permanents.

« Souvent, l’étudiant demande : alors qu’il est encore sur le chemin de l’accomplissement, quelqu’un atteint–il un point où il s’élève au–dessus de l’usage de l’affirmation ? Lorsqu’un individu utilise avec sincérité l’affirmation, il amène la pleine acceptation de la Vérité de tout ce qu’il affirme, car son usage n’a d’autre but que de focaliser l’attention de l’esprit extérieur sur la Vérité de façon si soutenue qu’il l’accepte totalement dans ses sentiments, car le sentiment est la réelle Energie Divine par laquelle se manifeste la Vérité affirmée.

« L’usage continuel de l’affirmation mène au point où on atteint un tel degré de réalisation de la Vérité dans tout ce qu’on affirme qu’on n’est plus conscient qu’il s’agit d’une affirmation. On utilise l’affirmation, le mantram ou la prière parce qu’on désire que quelque chose se manifeste. Le juste désir est la forme la plus profonde de la prière. Ainsi, par l’usage de l’affirmation, l’étudiant élève son soi extérieur dans la pleine acceptation de sa Vérité et génère le sentiment par lequel l’affirmation devient la chose manifestée. C’est dans cette acceptation profonde que se produit la manifestation, car, par la concentration, la parole prononcée entraîne l’activité instantanée. »

Les mots ne pouvaient exprimer ma gratitude envers Saint–Germain pour tout ce que j’avais reçu de lui. Il lisait mes pensées et mes sentiments comme on lit un livre, et nous restâmes donc assis en silence pendant un moment, en parfait accord. Il me tira de ma rêverie pour observer les splendides couleurs dans le ciel de l’Ouest, derniers reflets du soleil couchant.

Je souhaitais rester sur la montagne toute la nuit et retourner à la maison le lendemain matin, pour jouir du lever du soleil. J’avais à peine éprouvé ce désir qu’un sac de couchage se trouva à mes pieds. Il ne ressemblait à rien de ce que j’avais jamais vu. Je me penchai et j’examinai le tissu inhabituel dont il était fait et, à ma surprise, je le trouvai chaud et luisant. Je levai les yeux, et Saint–Germain me tendit en souriant un verre de cristal rempli d’un liquide doré ayant à peu près la consistance du miel. Répondant à son moindre désir, je le bus, et instantanément une sensation rayonnante me parcourut le corps. Quand j’eus fini, le verre disparut de mes mains.

« Ô, pourquoi ne puis–je garder cette charmante création ? », demandai–je, étonné. « Patience, mon Fils ! », me répondit–il, « vos désirs ne sont–ils pas satisfaits l’un après l’autre ? Votre sac de couchage restera jusqu’à l’aube, et votre amie la panthère veillera sur vous pendant la nuit. »

profondément. Au moment où les teintes rosées de l’aube pointaient à l’est, je me réveillai, et ma première pensée fut pour le sac, qui m’avait réjoui si fort. Avec cette pensée, le sac s’évanouit pour retourner dans la substance universelle dont il était venu.

La panthère s’approcha de moi, et ensemble nous prîmes le chemin de la maison. Après avoir parcouru une certaine distance, le son de voix humaines se fit entendre. L’animal flaira l’air et, soudain s’arrêta face à moi en me regardant. Je me baissai pour le caresser et lui dit :

« Maintenant, tu peux aller. » D’un bond, il s’enfonça dans la partie très boisée de la montagne, à droite de la piste. Je poursuivis mon chemin sans autre incident et finalement je regagnai mon logement un peu après midi dans un état d’esprit difficilement descriptible en paroles.

Je voulais réfléchir à cet ensemble d’idées entièrement nouvelles, les contempler, les digérer et m’y adapter. Les expériences vraiment réelles, bien qu’inhabituelles, que j’avais vécues au cours des quarante–huit dernières heures m’amenèrent à réorganiser mon monde de fond en comble. J’étais heureux à l’extrême, et il semblait même qu’un autre univers s’était manifesté autour de moi. À l’extérieur, le même monde vieux et prosaïque que j’avais toujours connu était là; mais était–il réellement là ? En lui existaient sans discontinuer ces merveilleuses expériences, cette puissance formidable, ces magnifiques révélations de liberté et de maîtrise sur toutes les manifestations dont j’avais été complètement inconscient.

Toute ma vie, j’avais été entouré de ces miracles apparents, que j’avais ignorés dans mes années précédentes comme si de telles choses n’existaient pas dans la création. Je réfléchis encore et encore, profondément, plus profondément que je n’avais jamais médité sur n’importe quoi d’autre auparavant, tout au long de mon existence.

L’heure du dîner arriva, mais je n’avais pas faim. Cependant, je commandai un verre de lait pour commencer le repas du soir. Il me fut servi, et imaginez mon étonnement lorsque, quelques instants plus tard, je le goûtai en constatant qu’il était devenu le même liquide crémeux que Saint–Germain m’avait donné auparavant.

Je terminai mon repas et revins à la maison ; j’étais en train de faire couler mon bain avant de me coucher, quand, soudain, le signal électrique familier me fit tressaillir de la tête aux pieds. Involontairement, je tendis ma main et, en quelques secondes, un petit gâteau de substance cristalline se forma dans ma paume. Je sus en quelque sorte qu’il était pour mon bain, et à peine l’avais–je jeté dans l’eau qu’il se mit à bouillonner et à faire des bulles, comme s’il était vivant.

Je pénétrai dans l’eau, et une sensation de picotements me fit frissonner dans toutes les cellules de mon corps. Je me sentis chargé d’un courant électrique puissamment actif qui illumina et fortifia tout mon être. Mon bain terminé, je me couchai et tombai rapidement dans un sommeil sans rêve.

Chapitre III
Le Teton Royal

Quatre jours passèrent sans aucun évènement particulier, et j’essayais pleinement de réaliser la signification profonde de mes expériences récentes. Au soir du cinquième jour, la nuit était en train de tomber lorsqu’un toc–toc résonna à la fenêtre de ma chambre. Je regardai et vis sur le rebord de la fenêtre une colombe tenant en son bec une petite carte.

J’allai à la fenêtre et l’ouvris. La colombe entra dans la chambre et attendit calmement. Je me saisis de la carte et lus le message, qui était écrit de la même superbe écriture que le précédent, mais cette fois–ci, l’encre était d’or et la carte blanche. Le message disait ceci:

« Soyez à notre lieu de rendez–vous à sept heures du matin. » Signé : Saint–Germain.

À peine avais–je pris la carte que la colombe se posa sur mon épaule et frotta sa tête contre mon visage, comme si elle voulait me transmettre un message d’amour, puis, s’envolant par la fenêtre, elle repartit comme une flèche. Je rangeai la carte soigneusement, espérant la conserver, mais le lendemain matin, quand je la cherchai avant de partir pour mon excursion, elle avait été dissoute. La carte dorée du premier message avait duré jusqu’au troisième jour, car je l’avais vérifié plusieurs fois dans l’espoir que je pourrais la garder en permanence. Lorsque je constatai qu’elle était retournée à l’universel, mon cœur se serra, tant était grande ma déception.

Je savais que, pour parcourir les seize kilomètres du trajet et être sur place à sept heures, il me faudrait partir un peu après minuit. Je me levai donc tôt et me mis en route à trois heures. Marchant rapidement, j’atteignis la forêt juste à l’aube. Je n’étais pas allé très loin lorsque j’entendis un cris plaintif. Sans même m’en rendre compte, j’y répondis sur le même ton. Il y eut un bruissement à travers le bois et mon amie la panthère, incarnation même de la joie, bondit vers moi. Je la caressai et, ensemble, nous continuâmes vers le lieu de rendez–vous.

À sept heures précises, Saint–Germain sortit tout droit de l’atmosphère et me salua à bras ouverts. Il me tendit à nouveau une coupe de cristal, remplie cette fois–ci d’un liquide clair et pétillant. Je bus ce breuvage et son goût n’était en rien comparable à tout ce que j’avais pu expérimenter physiquement auparavant. Il ressemblait beaucoup à du jus de pamplemousse glacé, mais pétillant et effervescent. En le buvant, j’éprouvai une sensation comme si un éclair m’avait traversé le corps, transportant le ressenti d’une activité pétillante dans chacune de mes veines.

Saint–Germain donna ensuite à la panthère un petit gâteau marron, qu’elle dévora rapidement. En un instant, son poil se dressa, et Saint–Germain observa : « Votre amie ne tuera plus jamais de daim. »

« Pour l’expérience et l’instruction qui suivent, vous devrez laisser votre corps ici, sur la montagne, car vous n’avez pas encore appelé suffisamment votre Pouvoir Intérieur pour qu’il vous permette de l’emmener avec vous là où nous allons aujourd’hui. La panthère veillera sur vous et, précaution supplémentaire, je vous envelopperai tous les deux du manteau d’invisibilité. Nous allons nous rendre au Téton Royal.

« Venez ! »

Instantanément, je me retrouvai dans mon corps subtil, habillé d’un riche vêtement en tissu doré luminescent.

« Observez attentivement la matière de votre habit », poursuivit–il. « La substance dont il est fait a certaines qualités et pouvoirs extraordinaires qui lui sont propres, dont l’une est de permettre à celui qui le porte de lever et de transporter des objets physiques. Le vêtement lui–même possède une énergie électronique pure et peut être utilisé pour déplacer des objets, comme le fait la force qu’on utilise à travers le corps physique. C’est une activité phénoménale que les Grands Maîtres de Lumière ont permis d’utiliser pour la première fois sur cette planète. »

Pour le profit de mes lecteurs, je souhaite déclarer clairement et sans équivoque que, pendant ces expériences, alors que j’étais re– vêtu d’un corps fonctionnant réellement dans quatre dimensions, celui–ci me donnait néanmoins la capacité de sentir et de manipuler les objets du monde physique, comme toute personne peut le faire dans son propre corps physique. Le corps que j’utilisai à cette occasion n’était pas ce qu’on appelle parfois le corps astral.

Nous atteignîmes bientôt le sommet d’une majestueuse montagne qui, telle une sentinelle, veille sur l’un des plus beaux panoramas des États–Unis. De vastes forêts s’étalaient à nos pieds, et de grandes chaînes de montagnes, leurs trésors minéraux encore intacts, s’étendaient aussi loin que portait le regard.

Se dirigeant vers un point où d’immenses masses de pierres en grand désordre jonchaient le sol, comme si des géants en guerre se les étaient jetées les uns contre les autres, Saint–Germain toucha un grand bloc de rocher. Instantanément, la masse énorme se déplaça d’un peu plus d’un mètre de sa position originale. Il me fit signe de le suivre. Nous entrâmes et, à ma grande surprise, nous nous trouvâmes devant une grande porte de bronze.

« Ceci existe depuis avant l’effondrement de l’Atlantide, depuis plus de douze mille ans », expliqua–t–il. Il s’avança et pressa certains points sur la porte. L’imposante masse de bronze, lourde de plusieurs tonnes, s’ouvrit lentement, nous laissant pénétrer dans une salle spacieuse, d’où descendait un escalier taillé dans la roche compacte. Nous descendîmes près de soixante mètres pour arriver dans un autre espace de forme circulaire. Saint–Germain traversa la pièce vers une porte placée à l’opposé de l’escalier et y appliqua sa main droite. Comme elle s’ouvrait, nous nous trouvâmes à l’entrée d’un ascenseur tubulaire, dont l’intérieur ressemblait à de l’argent dépoli. Répondant à ma pensée, il dit :

« Oui, mais plus dur et plus résistant que l’acier, en fait indestructible. » Un disque plat de même métal, s’ajustant au tube, s’éleva jusqu’au niveau de l’étage. La plateforme était entièrement contrôlée et dirigée par le Maître. Il y monta, et je suivis. La porte se ferma, et nous commençâmes à descendre. Ce fut une longue descente, même si nous n’allions pas vite. La plate–forme s’arrêta face à une autre porte de bronze d’un dessin complètement différent.

« Nous sommes descendus de six cents mètres au cœur même de la montagne », commenta–t–il alors que nous sortions du tube.

L’espace dans lequel nous nous tenions était d’aspect et de disposition particulières. Il avait une forme oblongue orientée d’est en ouest, dont les extrémités nord–est et nord–ouest avaient été coupées sur l’angle. Il constituait une cour extérieure ou salle de réception. La lourde porte de bronze de l’ascenseur tubulaire donnait dans la cour sur la paroi nord–est.

Côté nord, il y avait deux autres grandes portes de bronze absolument identiques, qui donnaient accès à une grande salle d’audience. Dans la paroi nord–ouest, il y avait encore une autre porte, la quatrième, semblable à celle par laquelle nous étions arrivés. À l’opposé, sur toute la longueur du mur sud, était suspendue une immense tapisserie.

Elle était faite d’une matière des plus inhabituelles, et bien que le tissage fût grossier, le fil ou la fibre était aussi doux que du poil de chameau.

Le fond était d’une délicate couleur crème, et sur lui se détachaient deux personnages grandeur nature représentant des Êtres Divins d’une Grande Puissance et Majesté. L’un, à droite, était masculin, l’autre féminin. Les deux se tenaient comme s’ils ordonnaient aux Forces Cosmiques d’obéir à leurs décrets.

Le personnage masculin portait une tunique longue et ample, faite d’une matière riche de couleur bleu saphir et parée de passements et rebrodés d’or. À l’évidence, il s’agissait d’un vêtement d’apparat ou d’un symbole d’autorité. Sous la toge apparaissait une tunique en tissu doré d’apparence métallique. Une parure de rubis, diamants, saphirs et émeraudes couvrait la poitrine. La taille était entourée d’une ceinture de joyaux, à laquelle était suspendu un pan long d’environ trente centimètres, lui aussi profondément incrusté du même genre de joyaux. La tunique descendait jusqu’aux genoux, et son bord inférieur était orné d’une bande large de dix centimètres, richement brodée, en soie de la même couleur que les joyaux.

L’ensemble donnait l’impression que tous les vêtements étaient auto–luminescents. Les pieds étaient chaussés de bottines en forme de sandales de cuir doré, ornées et pourvues de lacets couleur bleu saphir, et qui montaient presque jusqu’aux genoux. Le front était ceint d’un ruban en or, large d’à peu près quatre centimètres, qui retenait une chevelure d’or ondulée descendant jusqu’à quinze centimètres au–dessous des épaules.

Le personnage avait le teint très clair et légèrement rosé, et ses yeux étaient d’un bleu violet profond. Les doigts de sa main gauche reposaient légèrement sur le cœur, et il tenait dans sa main droite levée une bâton de pouvoir et d’autorité en cristal étincelant, dont l’extrémité inférieure se terminait en pointe et le sommet par une sphère d’environ sept centimètres de diamètre qui émettaient des rayons de Lumière Blanche en étincelles.

On voyait sans l’ombre d’un doute que le personnage représenté brandissait un pouvoir gigantesque et qu’il maniait une Puissante Force Cosmique. Toute son apparence était de la plus belle jeunesse en même temps que ses yeux reflétaient la sagesse d’un passé ancestral.

La robe d’autorité de la figure féminine était d’un violet profond et ornée de broderies dorées semblables à celles de son compagnon. La robe en dessous était d’une matière douce, dorée et chatoyante, et elle touchait presque le sol. Le fil utilisé pour le tissage des habits reproduits sur la tapisserie devait être certainement le même que celui dont était faite la matière des vêtements originaux. Cet Être portait une ceinture de joyaux avec son tablier descendant près de cinq centimètres au–dessous des genoux, incrusté de joyaux similaires à ceux du personnage masculin.

Le bout de sa sandale droite, faite de cuir doré, dépassait à peine le bord de sa robe. Sa tête, tout comme celle de l’Être masculin, était ceinte d’un ruban d’or, et ses yeux étaient du même bleu

violet, mais d’une nuance plus claire, et ses cheveux dorés tombaient jusqu’aux genoux.

Suspendue à une chaîne en or, une étoile à sept branches, taillée dans un seul diamant, reposait sur sa poitrine. Elle tenait dans la main gauche une sphère de cristal d’environ quinze centimètres de diamètre et, dans la droite, levée comme celle de l’autre personnage, il y avait un sceptre du plus étrange dessin. Deux tiers environ de la partie inférieure étaient en or et se terminaient en forme de pointe de lance, alors que le tiers supérieur était fait d’une substance, radiante et lumineuse, ressemblant à du cristal. Au sommet, elle formait un dessin similaire à une fleur de lys, sauf que la pointe médiane était beaucoup plus longue et se dressait tel une aiguille à quatre facettes.

Le pétale incurvé, sur la droite de la partie centrale, était d’un rose splendide, celui de gauche d’un bleu saphir profond, et celui du milieu blanc cristal. Tous étaient transparents et rayonnants de Lumière. Les parties dorées et cristallines s’alliaient parfaitement, car aucune ligne ne démarquait une substance de l’autre. Le sceptre de l’Être féminin symbolisait les Trois Activités de la Force Créatrice.

La boule de cristal dans sa main gauche révélait la Perfection non manifestée de l’avenir dans l’Activité Cosmique. Les deux sceptres représentaient la Puissance Créatrice extraite de et dirigée dans la substance universelle pour des manifestations particulières. Même dans la tapisserie, les deux Êtres étaient splendides, resplendissants, et je ne pouvais que me demander qui ils pouvaient être en réalité. Saint–Germain attendait patiemment pendant que j’étudiais tout le tableau, tant était grande la fascination que j’éprouvais face à la magnificence de l’œuvre.

« Ces deux Grands Êtres furent les Fondateurs de cette retraite », observa–t–il, alors que nous nous tournions pour franchir la porte de bronze sur notre droite et entrer dans une grande salle, qui, on le réalisait instantanément, était utilisée comme salle d’un grand conseil pour quelque but cérémoniel et sacré.

Toute l’atmosphère respirait magnificence et beauté. Les paroles ne peuvent absolument pas exprimer ce que mes yeux voyaient et ce que je ressentais. Il me fallut un moment pour m’accoutumer à la vue étincelante et aux splendeurs qui m’entouraient.

Cette salle était longue de soixante mètres, large de trente et haute de quinze. Elle était entièrement illuminée d’une douce lumière blanche, qui, expliqua Saint–Germain, était une force omniprésente dont les Grands Êtres se servent comme source de lumière, de chaleur et d’énergie. Les parois latérales sur une longueur de douze mètres et l’autre bout de la salle étaient faits d’onyx blanc. Là où cette formation prenait fin, les constructeurs avaient tranché dans une grande veine d’or vierge, large de plus de soixante centimètres.

La bande principale des deux parois latérales étaient en granit bleu clair, mais près de l’extrémité par laquelle nous étions entrés, la structure naturelle du granit se teintait de rose d’une qualité plus fine encore. La surface des parois, du plafond et du sol avait été parfaitement polie, à l’évidence par quelque procédé remarquable.

La voûte du plafond, plus haute de trois mètres que les murs latéraux, était incrustée d’œuvres d’un dessin vraiment unique. En plein centre, il y avait un disque en or d’un diamètre de trois mètres cinquante au moins, occupé par une étoile scintillante, dont les sept branches touchaient la circonférence, et composée entièrement de diamants jaunes formant une masse compacte de Lumière dorée et brillante.

Rayonnant à partir de ce Soleil Central, il y avait deux anneaux de couleur, large chacun de plus de vingt–cinq centimètres, et qui formaient autour de l’étoile une bande de Lumière délimitée. De ces anneaux, la bande intérieure était rose, l’extérieure d’un intense violet. Se détachant sur un fond à l’aspect de givre doré, l’étoile elle–même projetait vers le bas de longs rayons de Lumière cristalline brillante.

Sur le pourtour, il y avait sept disques plus petits, de soixante centimètres de diamètre chacun, représentant les planètes de notre système et les sept rayons de couleur à l’intérieur du spectre de Lumière blanche. La surface de chaque disque avait la douceur du velours, et seules avaient été utilisées les nuances les plus claires, les plus intenses et les plus positives de chaque couleur.

Comme je l’appris plus tard, les Grands Êtres Cosmiques déversent leurs puissants courants de force à travers ces disques à certaines occasions et à des fins particulières. Les Grands Êtres Illuminés et altruistes, connus sous le nom de Maîtres Ascensionnés de Lumière, les reçoivent ici et les renvoient ensuite à l’humanité de notre Terre. Cette radiation affecte les sept centres ganglionnaires dans chaque corps humain sur notre planète, ainsi que la vie animale et végétale. Le fond de la voûte avait la couleur d’un ciel lumineux par un brillant clair de lune, car la surface était hautement réfringente.

Au bout de la salle, un grand œil d’au moins soixante centimètres de large était placé au centre de la paroi, à plus de dix mètres au–dessus du sol. Il représentait ‘l’Œil Omnivoyant du Créateur’ veillant en permanence sur Sa Création et Auquel rien ne peut échapper.

En certaines occasions, une puissance formidable se focalisait à travers cet œil en vue de certains accomplissements. En l’observant, je ne pouvais que me demander quelles seraient mes sensations si je devais voir cette Puissance en pleine activité.

Un panneau de matière précipitée occupait le mur latéral côté est, à quelque douze mètres de l’extrémité de la salle, sur une longueur de vingt mètres environ et sur une hauteur de dix mètres. Il était installé à environ un mètre cinquante du sol et encastré de cinq centimètres, et ses bords présentaient sur tout le pourtour une surface concave.

La substance dont il était fait ressemblait à un velours d’un profond bleu indigo bien qu’il ne s’agissait pas d’un tissu. La matière la plus proche, à laquelle on pouvait la comparer, était d’ordre minéral. Cette substance n’est utilisée nulle part dans le monde extérieur de l’humanité, mais elle peut être précipitée, et quelquefois elle l’est, par les Grands Maîtres Ascensionnés de Lumière à des fins particulières.

Saint–Germain expliqua que le panneau avait été précipité et qu’il servait de miroir universel pour l’instruction des Initiés et des Membres Intérieurs d’un groupe d’Êtres Hautement Évolués. Ces Grands Êtres travaillent sans relâche pour aider l’humanité de notre Terre à devenir des hommes et des femmes Parfaits et leur permettre d’exprimer dans leur vie extérieure les mêmes Perfection et Maîtrise que Jésus–Christ. Ces Êtres Parfaits n’ont pas d’organisation extérieure. Ce n’est qu’en vivant et en exprimant cette Perfection par l’autocorrection des faiblesses humaines et par la pleine adoration de l’Être Divin Intérieur qu’un individu peut s’élever pour s’associer avec Eux, qui œuvrent à ce haut niveau de réalisation.

« Sur ce panneau », dit Saint–Germain, « sont projetées des scènes de la Terre, images des éthers, les enregistrements akashiques et activités qui prennent place sur Vénus ou en tout autre endroit que ces instructeurs veulent rendre visible aux étudiants. Ces scènes ne sont pas seulement des images du passé et du présent, elles peuvent aussi décrire les activités d’un futur lointain. Vous le verrez plus tard. »

Nous franchîmes la dernière porte sur notre droite pour pénétrer dans une pièce au plafond en voûte, longue de vingt–cinq mètres, large de douze et haute de huit environ, semblable à celle que nous venions de quitter.

« Toute la surface intérieure de cette salle est faite d’or givré, et les veines pourpres et vertes que vous voyez sur les murs, comme si elles étaient en relief, ont été précipitées », poursuivit–il.

A l’extrémité de la salle, un cadre en métal blanc ayant l’aspect de l’argent dépoli occupait le mur latéral droit, entre sol et plafond. Des conteneurs de même métal y reposaient sur des roulements à billes. Sur les couvercles de ces conteneurs étaient gravés en relief les hiéroglyphes indiquant le contenu de quatre fuseaux placés à l’intérieur de chaque conteneur.

Autour de chaque fuseau, long d’au moins vingt–cinq centimètres, étaient enroulé un ruban large d’environ vingt centimètres fait d’or pressé allié à quelque matière le rendant dur et ductile mais pas plus épais qu’une feuille de papier à lettres ordinaire. La longueur des rubans sur les fuseaux variait entre deux et quinze mètres environ. Sur chaque ruban étaient inscrits, comme gravés dans l’or par une sorte de stylet, des caractères si parfaitement dessinés qu’ils pouvaient être pris pour de l’écriture script.

« Ces archives sont l’accomplissement de ma promesse envers vous », dit Saint–Germain en montrant une section particulière à l’extrémité du mur latéral. « Ils décrivent la ville, le pays et la civilisation qui existaient là où se trouve aujourd’hui le désert du Sahara, à l’époque où vous étiez mon fils et moi le souverain de cet ancien empire. Cette salle abrite les archives de nombreux pays, de même que de l’ascension et de la chute de maintes civilisations. » En me tendant l’un des fuseaux, il en défit l’attache et je constatai avec étonnement que je pouvais en lire le contenu.

« Je vous donne cette faculté », me dit–il, « en élevant temporairement votre conscience et en appelant la mémoire cachée, l’enregistrement passé de ces expériences que vous avez vécues jadis. Pour connaître Dieu et Son Univers, il suffit d’entrer en contact avec l’archive de Vie dans chaque forme. Toutes les formes contiennent la Vie, et dans l’émanation de Lumière de chaque forme est enregistré tout son passé, que chacun peut s’entraîner à découvrir et comprendre pour autant qu’il soit disposé à consacrer son attention et du temps à l’autodiscipline nécessaire pour calmer la confusion dans l’activité extérieure de son existence quotidienne. Cet enregistrement éternel en toute chose a existé depuis le début.

« Aux cours d’âges passés, l’humanité a manifesté la Perfection en tous points. Cette condition ancienne de la race a été l’objet de chroniques sur le Jardin d’Eden par des historiens, Eden ou E–Don signifiant Sagesse Divine. En même temps que l’esprit permettait à l’attention consciente ou l’activité extérieure de demeurer sur le monde des sens physiques, la Sagesse Divine, l’Activité Omnisciente de la conscience, se brouilla ou fut obstruée et le Plan Cosmique Divin de la vie de l’individu fut submergé. Parallèlement, la Perfection et le contrôle conscient par les hommes sur toute forme s’effacèrent et tombèrent dans l’oubli. »

« L’homme devint conscient des sens, au lieu d’être conscient de Dieu, et manifesta ainsi ce sur quoi il portait son attention et à quoi il pensait le plus. Délibérément et consciemment, il tourna le dos à la Perfection et à la Maîtrise dont le Père l’avait doté au commencement. Il créa ses propres expériences de manque, de limitation et de discorde de toutes sortes. Il s’identifia à une partie et non au tout, et, bien sûr, le résultat en fut l’imperfection.

« Toute limitation de l’humanité est le résultat de l’usage abusif fait par l’homme de cet attribut de Dieu, le libre arbitre. Par-là, il s’oblige à vivre dans ses propres créations jusqu’à ce que, au plein gré de l’activité extérieure de son esprit, il se tourne à nouveau consciemment vers son origine Royale, Dieu, Grande Source de Tout. Quand cela se produira, l’homme commencera à se souvenir de Ce qu’il fut jadis et qu’il peut le redevenir, pour peu qu’il choisisse de regarder une fois encore le Grand Modèle Cosmique de Lui–même.

« L’archive que vous avez pu lire décrit la Vie et les hommes tels que nous les vîmes évoluer il y a soixante–dix mille ans. Vous fûtes très impliqué dans la constitution de ces annales au cours de plusieurs vies qui n’ont pas encore été révélées. »

Nous traversâmes la salle du conseil et, passant par la porte opposée, nous trouvâmes une salle de taille similaire à celle que nous venions de quitter, comportant deux chambres plus petites attenantes à la paroi nord. Dans la salle principale, couvrant la presque totalité de la surface du mur, il y avait un autre cadre de métal rempli de conteneurs presque identiques à ceux de l’autre salle.

« Ces salles », continua–t–il, « contiennent seulement de l’or et des joyaux qui doivent être utilisés dans un but spécial qui bénira le monde entier, quand l’humanité aura transcendé son égoïsme effréné. » Il en tira un conteneur rempli de pièces d’or et poursuivit son explication. « Il s’agit d’or espagnol perdu en mer, que, voyant qu’il ne serait pas récupéré par d’autres moyens, nous avons amené ici par l’action de certaines forces que nous gouvernons. Plus tard, en un temps qui s’approche rapidement, il sera renvoyé dans le monde extérieur pour y être utilisé.

Indiquant une autre section, Saint–Germain dit : « Dans ces conteneurs est stocké de l’or venant de continents perdus, de Mu, de l’Atlantide, d’anciennes civilisations : les déserts de Gobi et du Sahara, l’Égypte, Chaldée, Babylone, la Grèce, Rome, et d’autres. Si tout cet or était rétabli dans les activités extérieures du monde, il entraînerait un réajustement soudain dans toutes les phases d’expérience humaine. En ce moment, ce ne serait pas sage. La Sagesse et la Puissance Infinies de ces Grands Maîtres Cosmiques qui ont été les Gardiens de la race depuis sa première apparition sur Terre sont presque au–delà de la compréhension de l’esprit humain.

« Personne dans ce monde n’a jamais pu accumuler une grande quantité de biens sans l’assistance et la radiation de quelque Maître Ascensionné. Il arrive que des individus puissent être utilisés comme foyers de grande fortune dans un but spécifique ; en ces occasions, une puissance fortement accrue est alors irradiée sur eux, afin qu’à travers celle–ci, ils puissent recevoir une assistance personnelle. Une telle expérience constitue pour eux un test et une opportunité d’étendre leur Lumière. Tout accomplissement exceptionnel prenant place dans l’activité humaine, quel qu’en soit le canal, est toujours obtenu par l’assistance d’Amour, de Sagesse et de Puissance suprahumains d’un Maître Ascensionné, car il a transcendé toutes les limitations du monde physique, et c’est pourquoi tout succès plus qu’ordinaire résulte de sa puissance supérieure par radiation.

« En 1887, l’Armée des Maîtres Ascensionnés a fondé une école sur les plans Intérieurs dans le but précis d’instruire ceux qui ont fait un mauvais usage de leur fortune et de leur révéler pleinement les conséquences de leurs erreurs. De tels êtres y sont emmenés et instruits quant à la Vérité de la Loi Universelle régissant toute fortune et des résultats produits lorsqu’on influence d’autres gens à perpétuer leurs idées fausses et leurs erreurs. Ils ont l’entière liberté d’accepter ou de rejeter la preuve offerte. Mais, toujours, ils acceptent et suivent l’instruction reçue. »

Ensuite, nous entrâmes dans les deux petites salles qui étaient aussi pourvues de conteneurs du même type, bien que moins gros. Ils étaient remplis de joyaux de toutes sortes : diamants, rubis, perles, émeraudes et saphirs, tous classés en fonction du type et de la quantité. Saint–Germain se tourna vers moi en souriant et me dit :

« Maintenant, vous savez et vous comprenez que le Grand Soi Divin est le seul Propriétaire Réel et le Contrôleur de toutes les richesses. Cette Présence nomme les gardiens de Ses trésors sur tous les plans de Vie, que ce soit Lumière, Sagesse, Substance ou richesses physiques. Alors que nous observons cette phase de notre activité, je vois que vous êtes calme et posé, et c’est bien ainsi. Cela révèle votre force Intérieure et votre capacité de faire ce qui est prêt maintenant à être accompli, dès que vous serez préparé extérieurement. Je vous assure que c’est pour bientôt.

« La preuve vous a été donnée que c’est nous qui gouvernons réellement les richesses du monde et que nous ne les utilisons que pour tester la force de l’âme de l’individu. Elles sont toujours un signe de la confiance accordée à ceux qui devraient être assez forts pour n’en faire qu’un usage constructif, mais peu, très peu, réussissent vraiment le test de la tentation existant généralement dans le monde d’aujourd’hui. Si nous le voulons, nous pouvons propulser les plus humbles des enfants de Dieu, suffisamment préparés, vers la richesse, le pouvoir et une situation éminente pour autant que, ce faisant, de nombreux individus puissent être aidés par le biais de tels accomplissements. »

Après avoir examiné d’autres conteneurs remplis d’autres joyaux, nous revînmes sur nos pas pour revenir dans la salle du conseil. Regardant vers l’entrée par laquelle nous étions venus, je vis mes bien–aimés, Lotus et notre fils, sous la responsabilité d’un Maître Ascensionné connu, dit Saint–Germain, sous le nom de Amen Bey. Après l’échange des salutations, nous fûmes conduits vers des sièges devant le panneau mural côté est. Par groupes de trois à douze, les êtres bénis de l’Armée Ascensionnée arrivèrent jusqu’à ce que soixante–dix d’entre eux furent assis.

Sur tous les participants s’établit un grand silence, qui, pendant quelques instants, fut absolu, expectant. Une boule de douce Lumière Blanche commença à se former en face du panneau, augmentant rapidement de taille et de brillance jusqu’à ce qu’elle devînt un ovale haut d’au moins deux mètres dix. Apparut alors, comme issu de l’intérieur même de la Lumière, un Être des plus Glorieux, grand, majestueux et puissant. Il fit le signe unifiant le fini à l’Infini et, d’une voix faisant tressaillir chaque atome de l’esprit et du corps, il demanda si nous étions tous prêts.

Un éclair de Lumière flamboyante jaillit de la substance composant le panneau, jusqu’à ce qu’il devînt comme un miroir de Lumière Vive. En quelques instants, ce miroir se changea en une atmosphère claire et cristalline pour devenir ensuite un écran cosmique, sur lequel pouvaient être projetées des images vivantes en toutes dimensions, sans limite quant à l’espace qu’on pouvait observer. Il était évident que tout ce qui s’était passé ou pourrait jamais se produire en toute Éternité pouvait être rendu visible sur cet écran, si l’Intelligence Directrice le souhaitait.

Les premières scènes dépeignirent, sur une période couvrant plusieurs milliers d’années, le continent de Mu, l’activité et l’accomplissement de son peuple, ainsi que le niveau élevé atteint par sa civilisation. Suivirent alors des évènements qui constituèrent certainement pour les habitants de ce pays un règne de terreur. Un cataclysme se produisit qui déchira la surface jusqu’à ce que tout s’écroulât sur soi–même. L’ancien pays de Mu disparut dans les flots de ce qui est maintenant l’océan Pacifique, où il repose encore aujourd’hui, enveloppé dans son manteau d’eau. Il resurgira pour absorber une fois de plus la Vie et la Lumière du soleil physique.

Vint ensuite la croissance en beauté, en sagesse et en puissance de l’Atlantide, grand continent recouvrant une grande partie de ce qui est maintenant l’océan Atlantique. À cette époque, il existait une terre ferme entre l’Amérique Centrale et ce qui est aujourd’hui l’Europe. Les réalisations de cet âge furent extraordinaires, mais, à nouveau, l’usage abusif de la Puissante Energie Divine submergea les hommes, et, alors que les choses se déséquilibraient de plus en plus, ils firent à nouveau l’expérience d’une action cataclysmique déchirant la surface de la Terre.

Il ne resta plus qu’un petit bout d’Atlantide, plus qu’une île au milieu de l’océan privée de contact étroit avec le reste du monde civilisé. Les parties est et ouest de l’Atlantide avaient été englouties dans l’océan Atlantique, ne laissant que l’île de Poséidon, qui avait été le cœur du monde connu civilisé de l’époque. Des mesures furent prises pour la protéger et sauvegarder ses activités les plus importantes en tant que foyer central et aussi reporter l’achèvement de certains ouvrages. En cette période, un très haut niveau fut atteint, aussi bien spirituel que matériel.

Le développement mécanique au cours de ce cycle atteignit un très haut niveau d’accomplissement, et l’une de ses expressions les plus remarquables en fut la perfection de sa navigation aérienne. Les transports aériens de notre vie moderne sont encore grossiers et primitifs, comparés à ceux de l’Atlantide. Les Grands Maîtres de Lumière et de Sagesse avaient permis cette perfection pour le peuple de Poséidon, car il inspirait, enseignait, protégeait et révélait une connaissance avancée dans toutes les phases de l’activité humaine.

Une part importante de cette population devint consciente de la Grande Puissance Divine à l’intérieur des individus, mais, comme précédemment, le côté humain de leur nature ou de leurs activités extérieures usurpèrent à nouveau la Grande Energie. L’égoïsme et l’usage abusif de cette sagesse et de ce pouvoir transcendants prirent l’ascendant, à un degré même plus élevé que précédemment. Les Maîtres de l’Ancienne Sagesse virent que les gens généraient une nouvelle dynamique destructive et qu’un troisième cataclysme menaçait. Ils ne cessèrent de mettre en garde les habitants, comme ils l’avaient fait auparavant, mais seuls ceux qui servaient la Lumière en tinrent compte.

De grands édifices furent construits en matériaux impérissables, où furent placés des archives qui se sont conservées à travers les siècles. Aujourd’hui encore, ces archives se trouvent dans un parfait état de conservation au fond de l’océan Atlantique, hermétiquement scellées. Elles seront ramenées à la lumière du jour par les Grands Êtres qui présidèrent à leur préparation et qui assurent leur protection.

Y sont consignés les progrès et les réalisations de l’humanité de l’époque, de sorte que l’humanité n’a subi aucune perte durable des activités de la civilisation atlante. À part la conservation de ces archives, de grandes richesses, principalement de l’or et des joyaux, ont été transférées à cette époque vers d’autres lieux sûrs. Elles ont été protégées et continueront de l’être par-delà les siècles pour servir un jour futur à l’élévation et à l’essor de générations encore à naître.

Le cataclysme final déchaîna son énergie accumulée, et le dernier morceau de cet empire, jadis mondial, sombra dans l’actuel océan Atlantique pour y reposer et s’y purifier à travers les siècles. À la différence du continent perdu de Mu, le souvenir de l’Atlantide et de son peuple n’a pas été entièrement effacé de l’histoire de l’humanité ; à travers les siècles, des traces s’en ont conservées de multiples manières. Bien que, depuis l’effondrement, douze mille ans se soient écoulés, des fragments d’information continuent à filtrer jusqu’à nous par des canaux les plus inattendus. Les mythes et les légendes abondent concernant l’Atlantide ; ce sont deux moyens qui préservent pour l’humanité certaines conditions réelles qui prévalaient sur Terre, à un âge ou à un autre. Avec le temps, des preuves irréfutables de son existence et de son haut niveau d’accomplissement seront révélées par l’océanographie, la géologie et d’autres données scientifiques.

Ensuite défilèrent sous nos yeux les anciennes civilisations des déserts de Gobi et du Sahara, nous révélant l’ascension et la chute de leurs principales activités. Le déclin de chacune résulta, cette fois–ci, non pas d’un cataclysme, mais de leur invasion par des hordes d’âmes primitives s’étant incarnées dans ce cycle.

Puis suivirent des images de l’Égypte, de son ascension et de sa chute ; cette dernière fut causée par le mauvais usage délibéré de savoir et pouvoir d’une partie importante de l’humanité incarnée dans ce pays, dont les qualités prédominantes furent l’orgueil de ses accomplissements intellectuels et sa rébellion contre la modération de la nature inférieure. Ce qui entraîne toujours l’échec, individuel ou collectif.

L’Égypte atteignit son apogée par l’usage correct des connaissances et de la puissance. Chez ceux qui recherchent ces qualités, elles exigent toujours humilité, obéissance de l’intellect au Soi Divin Intérieur, de même que le contrôle absolu et inconditionnel de la nature humaine ou inférieure, s’ils veulent éviter la destruction. Les âmes incarnées en Égypte lors de son déclin n’étaient pas peu développées, comme l’étaient celles des civilisations des déserts de Gobi et du Sahara. Au contraire, elles avaient acquis l’usage conscient de la connaissance et du pouvoir, et elles choisirent délibérément d’en faire un mauvais usage. Cette activité n’a absolument rien à voir avec la Sagesse, car ceux qui sont les Héritiers Éternels des dons de cette Divine Déesse, doivent être pour toujours au–dessus de toute tentation d’abuser de la connaissance et du pouvoir. La Sagesse est l’usage correct de tout ce qui se manifeste, et celui qui réalise l’évidence de cette Vérité Immuable devient une porte ouverte à tout le bien qu’abrite la création.

La référence à l’Égypte comme à un pays de l’ombre est des plus injustes, car, dans son premier cycle, l’Égypte donna naissance à une très grande Lumière, et d’Égypte reviendra une très grande Lumière.

La scène suivante dépeignit l’ascension et la chute de l’Empire romain. Lorsque l’obscurité et la dégradation de ces siècles eurent atteint le fond, voyez, Jésus apparut, déversant sa Lumière Flamboyante et son Amour de Christ. Par sa Transfiguration, sa Résurrection et son Ascension, il se répandit sur la Terre un flux de Perfection Divine tellement irrésistible que de telles ténèbres ne peuvent plus, jamais plus assombrir l’humanité quelle qu’en soit l’époque. L’accomplissement de sa Vie est enregistré pour l’éternité sur l’atmosphère de la planète et agit comme un aimant attirant les hommes vers une Perfection Similaire.

La venue de Jésus fut pour le peuple de notre monde une initiation et le Commandement Cosmique d’utiliser le Pouvoir d’Amour Divin dans toutes ses activités futures. Le déversement de son Amour sur la Terre, au moment de son cycle le plus sombre, fit naître l’Enfant–Christ en chaque individu. Il projeta de nouveau le Modèle Divin Cosmique et révéla le Décret pour l’âge venant. Ce Plan est la Domination Complète sur toutes choses finies à travers la Pleine Stature du Christ en chaque être humain.

Puis vint le règne de Richard Cœur de Lion, d’Angleterre. Les hommes ont peu ou pas du tout connaissance de l’activité spirituelle réelle que connurent ces années. La même Lumière qui inspira l’enthousiasme et les activités de Richard pour les croisades libéra au travers de ses disciples et des gens de ce temps certaines forces que l’Armée Ascensionnée utilisa aux niveaux Intérieurs de conscience.

Suivirent des images de la récente guerre mondiale en Europe, révélant les activités qui la générèrent. Peu d’individus en connaissent la cause réelle, et sans aucun doute, il vaut mieux que les autres n’en sachent rien, car cette cause est, pour la conscience, trop destructive à contempler. Rien de positif ne peut véritablement se gagner à concentrer son attention sur la guerre. Cela peut aussi expliquer pourquoi la période allant de Richard Cœur de Lion à la guerre mondiale ne fut pas illustrée. Pour cette dernière, les activités de l’Armée Ascensionnée furent révélées, et nous les vîmes dissoudre la cause et la plus grande partie de l’énergie accumulée du récent conflit mondial.

Cela fut accompli en focalisant consciemment et en dirigeant d’énormes Rayons de Lumière, dont le pouvoir de consumer et de transmuter est trop prodigieux pour une description finie. Ces Êtres Parfaits avaient veillé à l’arrivée du Moment Cosmique pour pouvoir rendre à l’humanité un Service d’Amour attendu depuis longtemps et dont celle–ci ne comprend que peu ou rien.

Ces images remarquables continuèrent et révélèrent des activités s’étendant bien loin dans le futur et affectant la Terre entière. Elles montrèrent de nombreux changements à venir dans la surface même des terres. L’un des plus importants concerne le progrès de l’Amérique du Nord. Le Plan Divin pour son futur est une condition d’activité intense dans les plus grandes paix, beauté, réussite, prospérité, illumination spirituelle et maîtrise. L’Amérique doit être porteuse de la Lumière Christique et être le Guide pour le reste de la Terre, car elle est le cœur central de l’Age d’Or qui, aujourd’hui, pointe faiblement à l’horizon. La plus grande partie des terres d’Amérique du Nord subsistera encore très longtemps. Voilà ce que l’on sait depuis des milliers d’années, en fait depuis plus de deux cent mille ans.

Les images continuèrent à défiler près de trois heures en dévoilant maintes scènes et activités qui ont échappé aux enregistrements d’historiens et au monde de la science à cause de leur grande ancienneté. Aussi belles et merveilleuses que soient les images de nos films actuels, ceux–ci ne sont que des jouets par rapport à l’existence réelle, vivante et palpitante révélée sur cet écran cosmique. Là, nous pûmes observer la projection de la Cause Cosmique de multiples évènements et conditions sur la Terre, de sorte que ceux qui les visionnaient recevaient un enseignement d’une ampleur extraordinaire. Pour les étudiants, cette instruction Intérieure est une aide importante.

Au terme de l’instruction, Saint–Germain nous présenta au Grand Maître Ascensionné Lanto, qui s’était manifesté en sortant de la Lumière Flamboyante, puis aux soixante–dix Maîtres réunis.

« Réjouissons–nous, en effet », dit Lanto en se tournant vers nous, « à l’idée que vous êtes à nouveau prêts à vous joindre au service conscient de l’œuvre glorieuse qui est à portée de main. Cette opportunité vous est donnée grâce aux grandes victoires que vous avez remportées sur le soi humain et le monde extérieur. Le temps approche où vous aurez le privilège de voir combien ces victoires sont véritablement grandes. Chaque jour, acceptez dans sa Plénitude la Puissante Présence Active du Grand Dieu en vous, et il ne pourra rien exister, où que ce soit sur le chemin, qui ressemble tant soit peu à l’échec. Quiconque cherche sincèrement la Lumière est toujours connu des Maîtres Ascensionnés. Nous nous rencontrerons ici à nouveau, la veille du Nouvel– An, quand il y aura douze invités de Vénus. Notre vœu est que vous soyez présents. Saint– Germain et Amen Bey seront vos parrains. »

Sur un signe, tous les participants se turent et reçurent la bénédiction d’amour de Lanto, avant de retourner à leurs domaines de service respectifs. La plupart d’entre eux disparurent simplement de la salle en quelques instants, et les autres s’en allèrent par l’ascenseur tubulaire.

« Mes enfants, je vois que vous n’êtes pas conscients de l’heure. Il est maintenant trois heures du matin », observa Saint–Germain en se retournant pour prendre congé de Lotus et de notre fils, qui, après m’avoir étreint, quittèrent les lieux en empruntant la salle de réception extérieure, alors que nous franchissions la première porte à droite. « Il y a une chose encore », poursuivit–il, « que je veux que vous voyiez avant que nous ne partions.

« Voici un ensemble d’instruments musicaux des plus inhabituels, utilisés à des fins particulières, et qui sont construits ou créés pour avoir une tonalité d’une qualité particulière pour le travail que nous faisons. » Il se tourna vers le clavier d’un orgue et poursuivit son explication :

« Voilà qui semble être un orgue sans tuyaux ; mais en fait, ceux–ci, bien plus petits que d’ordinaire, sont logés à l’intérieur du buffet. La sonorité de tout l’instrument est bien supérieure à tout ce que la Terre a jamais connu jusqu’ici sur le plan musical. Ces orgues seront utilisés dans le monde extérieur à mesure qu’avancera l’Age d’Or qui est proche. »

Nous examinâmes ensuite quatre harpes magnifiques, un peu plus grandes que celles utilisées habituellement par le monde musical aujourd’hui. Saint–Germain s’assit à l’une d’entre elles et pinça quelques cordes pour me donner un idée de leur sonorité. Jamais, je n’avais entendu de musique si magnifique.

« Cette harpe est une surprise pour notre bien–aimée Lotus », dit–il, « car nous entendrons dans cette Retraite, à la Veille du Nouvel–An, des artistes confirmés jouer de l’orgue et des quatre harpes. » Nous terminâmes l’inspection de la pièce et la quittâmes par la porte de la paroi nord– ouest.

Au lieu de quitter la Retraite par où nous étions venus, Saint–Germain ouvrit une petite porte sur la gauche et entra dans un tunnel scintillant aux parois revêtues d’une formation ressemblant à du cristal, qui s’illumina instantanément sous l’effet de la lumière Blanche qu’il libérait toujours en manipulant la substance électronique l’environnant. Progressant rapidement dans le tunnel, nous arrivâmes à une porte de bronze qui s’ouvrit à son contact, et nous nous retrouvâmes sous le ciel étoilé.

Un instant, nous restâmes parfaitement silencieux, puis, après nous être élevés à cent soixante– dix mètres au–dessus du sol, nous fendîmes l’air pour nous retrouver quelques instants plus tard sur la face sud du mont Shasta à côté de mon corps physique, sur lequel la panthère veillait toujours. J’avais été absent pendant vingt–deux heures et, levant les yeux, je vis que le jour pointait juste à l’horizon oriental.

« Voici votre petit–déjeuner », annonça Saint–Germain en me tendant la Coupe de Cristal remplie d’un liquide clair, blanc et pétillant. « Cela vous rafraîchira et vous donnera des forces pour que vous puissiez apprécier votre randonnée à la maison. Votre corps a besoin d’exercice et d’activité. Mais je perçois quelque chose dans votre esprit qui le trouble ou, au moins, qui n’est pas clair dans votre conscience.

« Oui », répliquai–je, « une question retient mon attention depuis quelque temps au sujet de la visualisation. Qu’est–ce que la vraie visualisation et que se passe–t–il quand on visualise ? »

« La vraie visualisation », répondit–il, « est l’attribut et Pouvoir de Vision de Dieu s’exerçant dans l’esprit de l’homme. Lorsqu’on se dessine consciemment dans l’esprit un désir que l’on veut voir réalisé, on utilise l’un des moyens les plus puissants pour l’amener dans l’expérience visible et tangible. Il y a beaucoup de confusion et d’incertitude dans l’esprit de beaucoup au sujet de ce qui se passe réellement lorsqu’on visualise ou qu’on se fait une image mentale de quelque chose qu’on désire. Aucune forme n’est jamais parvenue à exister, où que ce soit dans l’univers, sans que quelqu’un ait maintenu son image consciemment dans sa pensée, car toute pensée contient en elle une image de cette idée. Même une pensée abstraite a une image d’une certaine sorte ou, au moins, une image qui est le concept mental qu’on s’en fait.

« Je vais vous donner un exercice, grâce auquel on peut développer, contrôler consciemment et diriger ses activités de visualisation en vue d’un accomplissement précis. Le processus comprend diverses étapes que chaque étudiant peut suivre en toutes circonstances. Lorsqu’elle est réellement suivie, cette pratique apporte des résultats visibles et tangibles. La première étape consiste à se déterminer sur un plan précis ou un désir à réaliser. En cela, prenez garde à ce qu’il soit constructif, honorable et digne de votre temps et de votre effort. Examinez attentivement votre mobile pour amener cette création dans l’expression. Il doit être honnête, aussi bien envers vous que pour le reste du monde, ne pas suivre un caprice ou servir les appétits des sens physiques. Souvenez–vous qu’il y a une grande différence entre usage, désir et appétit. L’usage est l’application de la Grande Loi Universelle du Service. Le désir est l’activité en expansion de Dieu, par laquelle la manifestation est soutenue constamment et elle est la Perfection s’étendant elle–même. L’appétit n’est que l’habitude créée par la satisfaction continue de la nature émotionnelle, et il n’est qu’énergie focalisée et qualifiée par les suggestions provenant de l’activité extérieure de la Vie.

« Soyez absolument certain que ne s’y cache aucun sentiment d’envie, dont vous seriez content que la satisfaction se fasse aux dépens d’un autre. Seul un étudiant véritable tirera profit de ce genre d’exercice, en prenant les rênes dans ses propres mains et en se déterminant à discipliner et contrôler consciemment le soi humain. Il choisit ce qui doit être ou ne pas être dans son monde et, par le processus de visualisation dans son esprit, il dessine et amène à se manifester un plan de vie clairement défini.

« La deuxième étape consiste à formuler votre plan en mots aussi concis et clairs que possible. Écrivez–le. Ainsi, vous enregistrez votre désir dans le monde extérieur, visible et tangible. La troisième étape consiste à fermer les yeux et voir dans votre esprit une image mentale de votre désir ou plan dans ses condition et activité parfaites et réalisées.

« Considérez le fait que votre faculté de créer et de voir une image dans votre propre conscience est l’attribut de Dieu de la vue agissant en vous. L’activité de voir et le pouvoir de créer sont des attributs de votre Soi Divin, dont vous savez et ressentez qu’Il est en vous en tout temps. La Vie et le Pouvoir de Dieu agissent dans votre conscience pour propulser dans votre monde extérieur l’image que vous voyez et ressentez en vous–même.

« Rappelez constamment à l’intellect que la faculté de visualiser est un attribut de Dieu, l’attribut de la vue. Le pouvoir de ressentir, d’expérimenter et de s’associer avec l’image parfaite est un pouvoir de Dieu. La substance utilisée dans le monde extérieur pour mouler la forme dans vos image et plan est de la pure substance de Dieu. Puis, vous devez savoir que Dieu est le Faiseur, le Fait et l’Acte de toutes les formes et actions constructives qui, de tout temps, ont été projetées dans le monde de la manifestation. Si vous suivez donc tous les processus constructifs, il est impossible que votre plan ne parvienne pas dans votre monde visible.

« Lisez et relisez votre désir ou plan tous les jours autant de fois que possible et, dans tous les cas, juste avant d’aller au lit, car, en vous endormant immédiatement après avoir contemplé l’image dans votre propre esprit, votre conscience en garde pendant des heures une empreinte fidèle qui s’enregistre profondément dans l’activité extérieure, permettant ainsi de se créer et s’accumuler la force qui la propulse dans la Vie d’expérience extérieure. De la sorte, vous pouvez inscrire dans votre conscience toute image ou tout désir alors qu’ils pénètrent dans le Grand Silence par le sommeil. Là, il se charge des Plus Grandes Puissance et Activité de Dieu qui se trouvent toujours dans le Cœur du Grand Silence.

« Ne discutez en aucun cas avec quiconque soit de votre désir, soit du fait que vous le visualisez. C’est impératif. Ne vous le dites pas à vous–même, à voix haute ou basse, même pas dans un murmure, car vous devez réaliser que plus grande est l’accumulation d’énergie générée par votre visualisation, la contemplation et le ressenti de la réalité de votre image, plus vite votre désir ou plan passera dans votre expérience extérieure.

« Des milliers de désirs, d’ambitions ou d’idéaux se seraient manifestés dans l’expérience extérieure d’individus, si ceux–ci n’en avaient pas discuté avec des amis ou des connaissances. Lorsque vous décidez de manifester vraiment une expérience par une visualisation dirigée consciemment, vous devenez la Loi, Dieu, la Loi de l’UN, Auquel rien ne s’oppose. Vous devez prendre votre propre décision et vous tenir derrière votre propre décret de toutes vos forces. Cela signifie que vous devez prendre une position déterminée et inébranlable. Pour ce faire, sachez et ressentez que c’est Dieu Qui désire, Dieu Qui ressent, Dieu Qui sait, Dieu Qui manifeste et Dieu Qui contrôle tout ce qui concerne votre décret. C’est la Loi de l’UN, Dieu, et uniquement Dieu. Tant que cela n’est pas entièrement compris, vous ne pouvez pas et ne pourrez jamais obtenir votre manifestation, car dès qu’intervient un élément humain, vous retirez celle–ci des mains de Dieu et, bien sûr, elle ne peut pas s’exprimer, car vous la neutralisez par les qualités humaines de temps, d’espace, de lieu, et par mille et une autres conditions imaginaires que Dieu ne reconnaît pas.

« Personne ne peut jamais connaître Dieu aussi longtemps qu’il considère une force opposée à Dieu, car chaque fois qu’il admet que deux forces peuvent agir, il obtient une qualité d’activité neutralisante. Et quand il y a neutralisation, vous n’avez aucune qualité définie, dans un sens ou dans l’autre. Vous n’avez rien, aucune chose, dans votre manifestation. Quand vous reconnaissez Dieu, l’UN, vous n’avez que la Perfection qui se manifeste instantanément, car il n’y a rien qui s’y oppose ou la neutralise, aucun élément de temps. Ainsi, elle s’établit pour vous, car il n’y a personne qui s’oppose à ce que Dieu décrète.

« Les conditions ne peuvent jamais s’améliorer pour quiconque jusqu’à ce qu’il ne désire la Perfection et cesse de reconnaître une puissance opposée à Dieu, ou qu’il y a quelque chose soit en lui–même, soit en dehors qui peut empêcher la Perfection Divine de s’exprimer. La reconnaissance même d’une condition qui soit moindre que la totalité de Dieu, est le choix délibéré d’une imperfection par l’individu, et ce genre de choix est la chute de l’homme. C’est délibéré, intentionnel, car il est libre à chaque instant de penser tout ce qu’il veut. Soit dit en passant, il ne faut pas plus d’énergie pour penser une pensée ou une image de Perfection qu’il n’en faut pour une d’imperfection.

« Vous êtes le Créateur localisé pour concevoir et créer la Perfection dans votre monde et à votre place dans l’Univers. Pour que s’expriment la Perfection et l’Autorité, vous ne devez connaître et reconnaître que la Loi de l’UN. L’Un existe et contrôle entièrement partout dans l’Univers. Vous êtes l’Auto–conscience de Vie, l’Unique Présence Suprême de la Grande Flamme d’Amour et de Lumière. Vous seul choisissez et décrétez les qualités et les formes que vous voulez déverser dans votre Vie, car vous êtes la seule force énergisante de votre monde et de tout ce qu’il contient. Lorsque vous pensez ou éprouvez un sentiment, une partie de votre énergie de Vie va soutenir votre création.

« Rejetez de votre esprit tout doute ou toute crainte au sujet de l’accomplissement de ce que vous concevez en image. Si des pensées et sentiments, qui ne sont après tout que des émanations humaines, affleurent dans votre conscience dépourvues de perfection, remplacez–les instantanément par la pleine reconnaissance de vos Soi et monde comme de la Vie de Dieu, l’UN. Ensuite, ne vous en préoccupez pas du tout, sauf quand vous êtes en train de visualiser. Ne fixez pas de date dans votre esprit pour les résultats, sachant qu’il n’y a que maintenant, juste le moment immédiat. Observez cette discipline, appliquez–la, et vous pouvez manifester une puissance irrésistible dans l’action qui ne peut pas faillir et ne l’a jamais fait.

« Souvenez–vous toujours que vous êtes Dieu concevant par l’image. Vous êtes l’Intelligence Divine qui dirige. Vous êtes le Pouvoir Divin qui propulse. C’est sur la Substance de Dieu, votre Substance, que s’exerce l’action. Quand vous le réalisez et que vous en contemplez souvent la plénitude, tout dans l’Univers s’empresse d’accomplir votre désir, votre commandement, votre image, car ils sont totalement constructifs et parfaitement conformes au Plan Divin Originel pour une Vie Consciente de Soi. Si le côté humain en nous est vraiment d’accord avec le Plan Divin et qu’il l’accepte, il ne peut y avoir tant soit peu ni retard ni échec, puisque toute énergie porte en elle la qualité de Perfection et se dépêche de servir son Créateur. La Perfection est la seule prédestination qui soit.

« Lorsque votre désir ou image est de nature constructive, vous êtes Dieu voyant Son Propre Plan. Quand Dieu Voit, c’est un décret ou un ordre irrévocable d’apparaître maintenant. Lors de la création de cette Terre et de ce système de mondes, Dieu dit : ‘Que la Lumière soit ! Et la Lumière fut. Créer la Lumière n’a pas demandé des éons. Le même Puissant Dieu est en vous maintenant, et lorsque vous voyez ou parlez, c’est Son attribut de la vue et de la parole qui agit en vous et à travers vous.

« Si vous réalisez ce que ça signifie réellement, vous pouvez commander par Ses pleines Puissance et Autorité, car vous êtes Sa Conscience de Vie, et ce n’est que la Conscience de Soi de votre Vie qui peut commander, imaginer ou désirer un Plan Parfait et constructif. Tout plan constructif est Son Plan. Vous savez donc que c’est Dieu Qui agit et Qui commande : ‘Que ce désir ou plan soit réalisé, maintenant’, et c’est fait. »

Là, Saint–Germain cessa de parler, me gratifiant d’un au revoir souriant et, pour un temps, il disparut de ma vue. Je repris le chemin de la maison, la panthère trottinant à mes côtés. Elle n’avait rien mangé depuis vingt–quatre heures et il ne se passa pas longtemps avant qu’elle ne s’enfonçât dans les bois et disparût dans la forêt profonde. Je poursuivis mon chemin et arrivai à la maison à onze heures. Je passai le reste de la journée à tenter de réaliser toute l’importance de l’expérience que j’avais eu le privilège de vivre et de comprendre combien tout le concept que j’avais de mon monde avait changé de manière si inattendue.

Chapitre IV
Mystères du Yellowstone

Sept jours s’écoulèrent, et nous étions dans la première semaine de septembre. Au soir du huitième jour, assis, je contemplais la Vie et ses infinies expressions lorsque mes pensées se dirigèrent naturellement vers Saint–Germain. J’éprouvai immédiatement un irrésistible élan d’amour pour lui en profonde reconnaissance de tout ce dont j’avais eu le privilège de faire l’expérience grâce à son assistance et à sa Lumière.

Je ressentis comme une Présence dans la chambre, qui me couronnait d’un souffle ; relevant soudainement la tête, je le vis, souriant et rayonnant, la Présence même de la Divinité.

« Mon fils », dit–il, « suis–je un visiteur tellement inattendu que je vous surprenne ? Vous savez certainement que lorsque vous pensez à moi, vous êtes en contact avec moi, et que lorsque je pense à vous, je suis avec vous. Votre attention était dirigée sur moi, alors que vous méditiez, et ainsi, j’apparais. N’est–ce pas conforme à la Loi ? Alors, pourquoi ne pas l’accepter comme naturel ? Ce à quoi l’on pense, on l’attire sur soi.

« Permettez–moi de suggérer de vous entraîner à n’être jamais surpris ou déçu, ou à ce que vos sentiments ne soient pas heurtés en quelque circonstance que ce soit, car seul le Self–control parfait de toutes les forces qui sont en vous en tout temps procure la Maîtrise et constitue la récompense pour tous ceux qui foulent le chemin de la Lumière. La Maîtrise ne s’atteint que par la correction du soi humain.

« N’oubliez jamais que le droit de commander, qui est Autorité, ne peut être conservé en permanence que par ceux qui ont appris d’abord à obéir. Seul celui qui a appris l’obéissance à la Loi de l’UN devient un Être de Cause, et cette Cause est Amour. En réalité, il devient la Loi de l’UN par la qualité de similitude. Veillez à ce que rien ne sorte de vous, sauf ce qui est harmonieux, et ne permettez pas à une parole destructive de passer vos lèvres, même par plaisanterie. Souvenez–vous que vous traitez avec une force d’une sorte ou d’une autre à chaque instant de l’Éternité, et que vous êtes en tout temps celui qui la qualifie.

« Je suis venu vous prendre pour un important voyage. Nous serons partis pendant trente–six heures. Tirez les rideaux de votre chambre, fermez les portes à clé et laissez votre corps dans votre lit. Il sera gardé jusqu’à notre retour. Vous avez fait un certain progrès Intérieur ; un voyage très plaisant, intéressant, et son expérience vous attendent. »

Je préparai mon corps à reposer sur le lit et, très vite, je me calmai. Un instant plus tard, je fus debout à côté de mon corps et habillé du même vêtement doré que j’avais porté lors de ma visite au Téton Royal. Le sens de densité qu’on a des murs avait disparu et, en les traversant, j’éprouvai la sensation de marcher dans un épais brouillard. La paroi elle–même avait perdu son caractère de densité.

Cette fois–ci, je fus clairement conscient de me déplacer dans l’espace. Je ne demandai pas où nous nous dirigions, mais peu de temps s’écoula avant que nous ne fussions au Téton Royal. À l’est se dressaient les Rocheuses géantes ; au–delà s’étendaient de vastes plaines qui, un jour, seront recouvertes d’une végétation semi–tropicale et habitées par une population vivant dans la paix et l’abondance.

À l’ouest, nous pouvions voir les montagnes de la Sierra et de la Cascade et, plus loin, la Coast Range dont le rivage doit changer complètement. Vers le nord, nous vîmes en contrebas le Yellowstone, dont la magnifique beauté dissimule les merveilles et mystères anciens au regard de la civilisation américaine contemporaine.

« Le nom de Yellowstone », expliqua Saint–Germain, « a traversé les siècles depuis plus de quatorze mille ans. À cette époque, la civilisation de Poséidon avait atteint un très haut niveau de réalisation, parce qu’un Grand Maître de Lumière était à la tête du Gouvernement. Ce n’est que durant les cinq cents dernières années que cette civilisation mésusa de sa grande sagesse et que se produisit son déclin. À l’intérieur des frontières du Yellowstone, qui sont encore les mêmes aujourd’hui, il existait la mine d’or la plus riche que le monde ait connue. Elle appartenait au gouvernement, et beaucoup de sa richesse fut utilisée à des fins d’expérimentation et de recherche dans les domaines de la chimie, de l’invention et de la science.

« A soixante kilomètres de là se trouvait une mine de diamants qui produisait les plus beaux diamants jaunes que l’on ait jamais trouvés dans cette Terre, avant et après cette période. Parmi les gemmes extraites de cette mine, il y en eut quelques rares d’une beauté et d’une perfection remarquables. Bien taillées, elles présentaient en leur centre une petite flamme bleue, qui ressemblait à de la Lumière Liquide. Lorsque ces pierres étaient portées par certains individus, l’éclat de cette flamme pouvait se voir jusqu’à près de deux centimètres et demi au–dessus de la pierre.

« Tenues pour sacrées, elles n’étaient utilisées que lors des plus hauts rites secrets des Maîtres Ascensionnés. Seize d’entre elles sont toujours confiées à la garde sacrée de la Fraternité du Téton Royal, et elles seront à nouveau utilisées en temps voulu. C’est à cause de ces superbes diamants jaunes que le nom ‘Yellowstone’ s’est transmis jusqu’à nous.

« Vous, mon fils, vous avez été le découvreur des deux mines. Je vous montrerai les rapports qui sont la preuve matérielle de ce que je viens de vous dire. On y trouve la date de leur découverte, la somme de richesse extraite, la durée d’exploitation, la description des machines utilisées qui traitaient le minerai réfractaire en récupérant quatre–vingt–sept pour cent de sa valeur et qui produisaient des lingots dans la mine, rendant ainsi superflue toute opération à la surface, où ils étaient expédiés. On y trouve aussi la date de fermeture et de scellement des mines. Voici les duplicata des registres.

« Au cours de votre vie à Poséidon, vous habitiez une magnifique maison, avec une sœur qui est maintenant Lotus. Vous établîtes et maintîntes tous deux un contact étroit avec le Soi Divin Intérieur, de sorte que Dieu y fut véritablement en action pendant tout ce temps. Vous étiez un responsable au bureau des mines et, dans cette position, vous inventâtes et construisîtes un merveilleux aéronef, avec lequel vous effectuâtes de nombreux vols au–dessus des montagnes. Un jour, alors que vous étiez plongé dans une méditation profonde, il vous fut montré où se trouvaient ces mines que, plus tard, vous découvrîtes, ouvrîtes et que vous remîtes au gouvernement. Après cette explication, je vais maintenant vous montrer la preuve de ce que je viens de décrire, bien qu’il n’existe plus aucune trace de ces mines à la surface aujourd’hui. Venez, pénétrons à l’intérieur de la mine elle–même. »

En quittant le Téton Royal, j’eus parfaitement conscience de me mouvoir rapidement dans l’espace jusqu’à ce que nous eussions atteint un point précis dans le Parc du Yellowstone. Là, nous descendîmes et nous nous trouvâmes face à une paroi rocheuse.

« Voyez–vous une entrée quelconque? », me demanda Saint–Germain en se tournant vers moi.

« Non, mais je sens que l’ouverture est là », répondis–je en indiquant un point donné sur la paroi de granite. Il sourit et, se dirigeant vers l’endroit indiqué, il y posa la main. En un instant, nous fûmes devant une porte métallique, non scellée.

« Voyez–vous », dit–il, « nous avons nos propres méthodes pour sceller toute entrée que nous décidons de protéger, et il est impossible de la trouver ou de la franchir jamais, à moins que nous ne le voulions. La substance avec laquelle nous scellons hermétiquement les lieux et les choses est extraite de l’universel. Elle est plus dure que la roche elle–même, bien que d’apparence identique.

« Nous pouvons ainsi protéger les entrées de retraites, de bâtiments, de cités englouties, de mines et de salles secrètes de la Grande Fraternité Ascensionnée de Lumière, dont beaucoup sont restées dans un état de parfaite conservation depuis plus de soixante–dix mille ans. Lorsque nous n’avons plus l’utilité de ces lieux et choses, nous les retournons à l’universel ; vous voyez ainsi que tout pouvoir devient le dévoué serviteur de celui qui a fait sa propre conquête. Toutes les forces de l’Univers attendent notre commandement chaque fois qu’il est de la sagesse et de l’amour de les utiliser. »

Sur la porte à laquelle nous faisons face, à hauteur de mon épaule, était une réplique de la main droite levée d’un homme, dans le métal même. Elle avait une ressemblance frappante avec ma main physique actuelle.

« Posez votre main sur celle de métal », me dit Saint–Germain, « et appuyez fort. » J’obéis. Elle allait parfaitement sur l’autre. Je poussai de toutes mes forces. Lentement, la grande porte s’ouvrit, et Saint–Germain poursuivit : « Vous avez gardé ces mêmes forme et taille de main pendant plusieurs incarnations. Celle–ci fut placée par le gouvernement en hommage à votre découverte de la mine. C’est le modèle de votre main d’il y a quatorze mille ans. »

Nous franchîmes la porte et traversâmes un long tunnel cylindrique, émergeant finalement dans une grande cavité. À ma grande stupéfaction, j’y trouvai divers genres de machines et d’outils, tous faits du même métal blanc impérissable, dans un état de si parfaite conservation que leur fabrication semblait dater d’hier. Un puits se trouvait au centre de la cavité. Nos actuels ingénieurs des mines seraient étonnés de voir la simplicité et la perfection des activités minières de cet âge ancien. La même méthode reviendra en usage ici en Amérique au cours du siècle prochain.

Saint–Germain s’approcha du puits et actionna un levier. Aussitôt arriva une cage de forme curieuse. Nous y entrâmes, et il toucha un levier plus petit. Nous commençâmes la descente vers un niveau à soixante mètres sous terre et arrivâmes à une station. Nous continuâmes jusqu’à la cote deux cents mètres et nous y arrêtâmes. Nous étions à la station centrale, d’où partaient cinq tunnels, comme les rayons d’une roue.

Tous étaient parfaitement ronds et chemisés du même métal que celui dont étaient faits les équipements. Il était si épais, si fort, que seul l’effondrement de la montagne eût pu le détruire.

Deux des cinq tunnels conduisaient dans la montagne sur plus de six cents mètres. A la station centrale, un seul moteur manœuvrait toutes les voitures.

« Le métal blanc que vous voyez », expliqua Saint–Germain, « est une découverte des plus remarquables ; il est léger, plus dur que tout ce qui est connu, impérissable, et il ne se ternit pas. Vous pouvez ne donner qu’une description fragmentaire de toutes ces merveilles, qui sont autant de preuves matérielles du niveau élevé de cette civilisation ancienne. De tels prodiges ont existé et sont aujourd’hui parmi vous, insoupçonnés jusqu’à ce que cette révélation soit diffusée. » Alors que nous arrivions à la fin du tunnel, il me montra les foreuses utilisées à cette époque lointaine. « Ces foreuses », poursuivit–il, « projettent un tube de flamme bleuâtre d’un diamètre de près de deux centimètres et demi. Elles fonctionnaient à une vitesse surprenante et consumaient la roche en la traversant. »

Nous revînmes à la station et entrâmes dans une chambre de forme triangulaire placée entre deux tunnels. A l’extrémité, il y avait des récipients faits du même métal blanc. Leurs dimensions étaient d’environ trente centimètres sur trente et quatre–vingt–dix de longueur. Saint–Germain en ouvrit un pour me montrer les merveilleux diamants jaunes bruts. Leur beauté était telle que je restai sans voix. Je crois entendre mes lecteurs me dire : « Voulez–vous dire qu’ils existaient bien physiquement ? » A cette question bien compréhensible, je réponds oui, aussi physiquement que les diamants que vous portez à vos doigts aujourd’hui. D’autres conteneurs étaient remplis de pierres taillées d’une valeur fabuleuse.

Nous revînmes ensuite à l’entrée de la mine. Saint–Germain en ferma la porte et la scella comme elle l’était auparavant. Personne n’étant pas Maître Ascensionné n’aurait pu la distinguer des rochers environnants. Nous élevant du sol, nous parcourûmes en peu de temps les soixante kilomètres vers la mine d’or. Cette fois, nous fûmes tout au sommet de la montagne, près d’un rocher en forme de cône qui avait l’air parfaitement compact. Il avait près de quatre mètre cinquante de diamètre à la base et peut–être trois mètres de hauteur.

« Regardez bien », dit–il, en y appuyant la main. Lentement, une section triangulaire s’ouvrit vers l’extérieur, découvrant une volée de marches conduisant vers le bas. Nous descendîmes cet escalier sur quelque distance et arrivâmes bientôt dans une cavité située au sommet d’un puits similaire à celui de la mine de diamants.

« Vous noterez l’absence de broyeurs », continua–t–il, « tout est fait à l’intérieur même de la mine. Rien n’est traité à la surface » Nous nous arrêtâmes à la cote cent vingt mètres, où se trouvait une autre cavité immense. S’y trouvaient tous les équipements nécessaires au traitement du minerai. Il en expliqua le fonctionnement, extrêmement simple, si simple qu’il en paraissait incroyable.

Nous descendîmes ensuite à la cote deux cent cinquante mètres, où nous vîmes la même disposition qu’à la mine de diamants. Ici aussi, des tunnels s’ouvraient à partir d’un point central, tels les rayons d’une roue. Entre ces tunnels, trois chambres de forme triangulaire avaient été construites, qui contenaient le solde extrait de la mine juste avant sa fermeture. Les mêmes conteneurs en métal blanc y étaient, comme dans les autres salles. J’ai la permission d’en décrire seulement trois.

Dans le premier récipient étaient stockées des pépites provenant du lit d’une ancienne rivière dans un placer à la cote deux cent cinquante mètre, dans lequel des graviers légèrement cimentés entre eux avaient retenu l’or captif. Cela continuait jusqu’à trois cent soixante–cinq mètres de profondeur et représentait une immense valeur. Le second conteneur était rempli d’or en filaments extrait d’un filon de quartz blanc, à la cote cent vingt mètres. Un autre contenait des disques d’or massif, de trois kilos six cents grammes chacun.

« Le lieu dans lequel ils entreposaient tout l’or », précisa–t–il, « était connu sous le nom de chambre aux lingots. Des doubles des registres de cette mine ont été conservés, les originaux étant dans la salle des archives à la retraite du Téton Royal, et les duplicata sont ici. » Nous remontâmes à la surface. Une fois encore, Saint–Germain scella l’entrée, comme déjà décrit et, se tournant vers moi, me dit :

« Mon fils, vous avez découvert ces mines et, assisté de vos collègues, vous les avez mises en exploitation et vous avez entraîné cette perfection. Vous avez aussi fait les rapports sur le métal impérissable, que je vous montrerai au Téton Royal. Les Maîtres Ascensionnés voyant approcher le cataclysme d’il y a douze mille ans, et sachant que les mines en souffriraient peu, les préparèrent et les scellèrent pour qu’elles soient réutilisées au cours d’un âge lointain, dans lequel nous sommes entrés maintenant.

« A sept périodes différentes de vos nombreuses incarnations, le souvenir et le processus de confection de ces enregistrements ont été rappelés. Vous les introduirez de nouveau à l’âge actuel pour la bénédiction de toute l’humanité. Ceci explique l’intérêt que, depuis votre enfance, vous éprouvez pour les documents anciens de toute nature et pourquoi vous aurez à nouveau beaucoup affaire à un tel travail au cours de cette vie.

« Venez, nous allons maintenant retourner au Téton Royal. Là, dans une salle contiguë à la grande salle d’audience sont conservés les registres dont je viens de parler. C’est un endroit où se conservent les inventions et découvertes scientifiques. Celui où nous fûmes lors de notre dernière visite n’abrite que des enregistrements relatifs aux diverses civilisations. »

Nous retournâmes à la retraite et y entrâmes cette fois, comme lors de notre première visite, par le tube. En le quittant, nous franchîmes la seconde porte à droite de l’entrée. Elle donnait directement dans la salle des registres scientifiques, longue de plus de vingt mètres, large de dix environ et haute de cinq. Tous les murs, le plafond, le sol étaient garnis du même métal blanc impérissable dont étaient faits les rayonnages et les conteneurs.

Saint–Germain tira l’un de ceux–ci et me tendit le rapport que j’avais fait sur la mine de diamants. A nouveau, je fus en mesure de le lire, mais cette fois–ci, il me demanda d’invoquer le Soi Divin Intérieur et ainsi de Le laisser me révéler toute la connaissance antérieure que j’avais à l’époque. Le rapport faisait l’histoire claire mais concise de la découverte et de l’exploitation. Il me tendit un autre fuseau, sur lequel était toute l’histoire de la mine d’or.

« Maintenant que vous avez vu la preuve physique de ce que je vous ai exposé », dit–il, « je veux que vous sachiez que, jamais, je ne vous dirai quoi que ce soit que je ne peux prouver. » Là, il se tourna vers moi et me fixa d’un regard perçant qui me traversa clairement le corps et l’esprit.

« Mon fils », continua–t–il, « vous avez bien agi au cours de ces récentes expériences, et vous êtes resté calme et pondéré. Beaucoup dépend de votre prochain pas. Focalisez toute votre attention sur le Soi Divin Qui contrôle Tout en vous et n’oubliez pas de l’y maintenir. »

A la lumière de ce qui se produisit ensuite, il fut bon qu’il m’eût fortifié de son admonition. Sur cette mise en garde, il me conduisit à travers le grand amphithéâtre en direction de la grande porte de bronze sur le mur ouest. Sous la poussée de sa main, le panneau se déplaça lentement vers le haut pour nous laisser le passage et se referma derrière nous.

Je m’arrêtai, figé de stupeur : je voyais ce que l’œil humain n’a que rarement été autorisé à regarder, si tant est qu’il l’ait été jamais. La scène me figea, tant sa beauté et ses merveilles me fascinaient.

A environ quatre mètre cinquante, me faisant face, se dressait un bloc d’onyx blanc immaculé, d’un mètre de hauteur et de quarante centimètres de côté. Au–dessus reposait une sphère de cristal pleine d’une Lumière incolore qui se mouvait sans cesse, dans laquelle des points de radiance allaient et venaient. La sphère projetait continuellement des rayons de couleurs prismatiques à une distance d’à peu près quinze centimètres. Son scintillement était si constant qu’elle semblait faite d’une substance vivante.

De la boule de cristal sortaient par le sommet trois Plumes de Flamme hautes d’un mètre à peu près, l’une couleur d’or en fusion, une autre rose et la troisième bleu électrique. Près du sommet, chacune s’inclinait comme une plume d’autruche, avec grâce, splendeur, en un mouvement perpétuel. La rayonnement de cette superbe sphère emplissait toute la salle en créant une indicible sensation d’énergie électronique. La Lumière, la Vie et la beauté de la scène dépassent tout simplement la capacité humaine de description.

Nous nous dirigeâmes vers l’extrémité de la salle, où étaient rangés côte à côte trois cercueils de cristal, chacun contenant un corps humain. Je m’approchai, et mon cœur fut sur le point de défaillir, car il s’y trouvait les formes que Lotus, notre fils et moi–même avions revêtues dans une incarnation ancienne. Je les reconnus facilement, car Lotus retient une certaine ressemblance avec ce corps, mais le corps de notre fils et le mien avaient là des traits plus réguliers et un physique plus parfait. Tous les trois montraient toute la perfection d’un type presque identique à celui des Grecs anciens.

Ils avaient l’air vivants, comme s’ils n’étaient qu’endormis. Chacun avait des cheveux dorés ondulés et portait des habits faits du même tissu doré que les robes portées par les personnages de la tapisserie. Un Maître Ascensionné n’avait qu’à regarder ces corps pour y voir, enregistrée, chaque action vitale expérimentée au cours de n’importe quelle incarnation depuis lors. Ils faisaient donc office de miroirs des activités passées qui, néanmoins, laissaient intacte leur perfection originale.

Chaque cercueil reposait sur un large socle fait du même genre d’onyx blanc, comme celui sur lequel était placée la sphère. Les trois cercueils étaient fermés, mais non scellés, par un couvercle de cristal parfaitement ajusté dans une rainure sur leur pourtour. Sur chacun des couvercles, on pouvait voir, juste au–dessus du centre de la poitrine, une étoile à sept branches. Juste au– dessous, il y avait quatre hiéroglyphes. Au sommet, placée de manière à être juste au–dessus du sommet de la tête, il y avait une étoile à six branches. Sur le côté, juste en dessous des épaules, il y avait deux mains jointes, et plus bas, près des pieds, une torche allumée, placée de telle manière que sa flamme touchait le couvercle du cercueil. Cette flamme restait toujours dorée, quelles que fussent les autres couleurs nuançant la pièce. A l’opposé, sous les pieds, se trouvait une étoile à cinq branches. Tous ces emblèmes étaient comme gravés en relief sur le cristal.

« Ces corps », expliqua Saint–Germain, « vous ont appartenu à vous trois dans une vie antérieure, lorsque vous avez quitté la Cité d’Or pour accomplir un travail particulier. Au cours de cette vie, vos expériences furent si terribles et, cependant, le bien fait au cours de cette vie si considérable qu’un Grand Être Cosmique apparut et ordonna qu’ils fussent conservés jusqu’à l’époque où vous pourriez élever vos corps et retourner à la Cité d’Or. Il donna toutes les instructions pour leur conservation, et, comme vous pouvez le voir, celles–ci furent fidèlement exécutées.

« Vous pouvez réaliser maintenant combien il est important et nécessaire d’être toujours profondément conscient de son Maître Soi Christique Intérieur et de rester centré sur Lui, pour qu’en tout temps, seuls l’Amour, la Sagesse et la Perfection de Dieu puissent agir à travers vos corps et vos esprits. »

À cet instant, une Lumière Éblouissante, une Puissance Formidable, surgit à travers moi. Mon Soi Divin parla :

« Grand Maître de Lumière, Parent, Frère et Ami ! O Puissant Fils de Dieu ! Tu as vraiment un Amour Éternel, et par lui, tu as atteint ta Paix Éternelle et ta Maîtrise, bien méritées, sur les cinq royaumes inférieurs. Le Grand Soi Divin dans ces enfants, que tu as tant aimés, se manifestera bientôt par la Pleine Maîtrise Consciente pour apporter toute l’assistance que tu as si longtemps désirée, car chacun des enfants de Dieu a un service à rendre que personne d’autre que lui ne peut rendre. J’appelle la Grande Lumière du Cœur même de Dieu à vous bénir pour toujours. »

En même temps que ces paroles étaient prononcées, il se produisit un grand éclair de Lumière, illuminant la pièce de points de couleurs prismatiques étincelantes. Ils dardaient partout dans la salle et tout devint un flamboiement de Lumière arc–en–ciel palpitant de vie.

« Voyez, mon Fils », dit Saint–Germain, « comme vous pouvez parfaitement laisser s’exprimer le Grand Soi Divin. Bientôt, vous serez capable de le faire consciemment et à volonté, chaque fois que vous le désirerez. »

« Observez l’effet de stalactite au plafond et l’apparence blanche et argentée des murs. Ils sont tous faits de substance précipitée, et la salle se maintient en tout temps à la même température agréable. » Nous nous dirigeâmes vers l’extrémité de la salle et nous tînmes devant une voûte d’entrée dans la paroi. Saint–Germain y plaça la main, et une porte s’ouvrit, laissant apparaître le merveilleux équipement de métal blanc servant à la confection des enregistrements. « A l’âge où nous entrons maintenant », ajouta–t–il, « maints équipements qui ont été conservés seront remis à l’usage de l’humanité et, de cette manière, ils n’auront pas à passer par la voie de l’invention ou de la découverte. »

« Comment se fait–il », demandai–je, « que tout dans cette retraite soit conservé sans aucune poussière et que la ventilation soit si bonne ? »

« C’est très simple », répondit–il. « Les Maîtres Ascensionnés utilisent pour nettoyer et ventiler les mêmes forces que pour produire la chaleur, la lumière et le courant. L’émanation de l’une d’entre elles, en passant à travers les salles et les mines, consume instantanément toute substance inutile. L’aube se lève sur le deuxième jour depuis que vous avez quitté votre corps ; nous devons retourner maintenant. »

Nous traversâmes la salle d’audience et sortîmes par la porte sur la gauche du tube, et nous nous trouvâmes une fois de plus sous la lumière des étoiles. Nous revînmes rapidement dans ma chambre où, quelques instants plus tard, je réintégrai mon corps. Saint–Germain se tenait à mes côtés, me tendant la coupe de cristal habituelle, remplie cette fois d’un liquide ambré. Je le bus et en ressentis les effets vivifiants dans chaque cellule de mon corps.

« Maintenant, dormez aussi longtemps que vous le pouvez », dit–il en disparaissant hors de ma vue. Je dus dormir profondément, car lorsque je me réveillai, bien des heures plus tard, j’étais parfaitement reposé, le corps régénéré et pourvu de nouvelles forces.

Chapitre V
Mémoires inca

Les dix jours suivants s’écoulèrent sans incident. Par expérience, je n’allais jamais me coucher sans maintenir mon attention sur le Grand Soi Divin Intérieur et adresser une pensée de gratitude à Saint–Germain. Au soir du onzième jour, alors que je m’apprêtais à aller au lit, j’entendis sa voix me disant distinctement : « Venez ! »

J’avais appris à obéir à cet appel et me trouvai en un instant hors de mon corps . Je traversai rapidement l’espace et, en quelques instants, je fus au Téton Royal. Il se tenait sur le flanc de la montagne, attendant mon arrivée. Cette fois, il m’avait demandé de le rejoindre là où il était. J’obéis et le saluai.

« A votre service », dis–je en venant à son côté. En souriant, il me répondit:

« Nous avons du travail. Allons–y ! »

J’avais parfaitement conscience de notre direction, certain que nous allions légèrement au sud– ouest. Bientôt, nous vîmes les lumières d’une ville, et Saint–Germain, en y dirigeant mon attention, me dit :

« Los Angeles.

» Puis, poursuivant notre voyage, nous survolâmes une autre région illuminée, et cette fois, à ma question, il répondit :

« La Ville de Mexico.

» Nous fûmes bientôt au–dessus d’une forêt tropicale et commençâmes à descendre pour arriver sur de vieilles ruines d’un ancien temple.

« Ce sont les ruines de Mitla dans l’État de Oaxaca, au Mexique », expliqua–t–il. « Vous trois, vous vous y incarnâtes pour apporter votre aide quand la civilisation inca atteignit son apogée. Avec l’approbation et sous la direction des Maîtres Ascensionnés, vous aviez choisi de venir dans la famille inca pour rendre le service requis en ce temps–là. »

« Vous y naquîtes comme enfants d’un souverain inca qui était une âme forte, hautement évoluée et illuminée. Animé d’un profond amour pour son peuple, il appelait l’Unique Dieu Suprême à les bénir, peuple et pays, de Lumière, d’abondance et de perfection. »

« La dévotion de l’Inca envers sa Source était très grande, car il connaissait et reconnaissait consciemment la puissance du Grand Soleil Central. Cette véritable Compréhension fut enseignée au peuple inca, qui, parce qu’il savait ce que représentait le Grand Soleil Central, utilisait le Soleil comme symbole de la Divinité. Ce peuple avait une réelle compréhension intérieure et il reconnaissait pleinement la Puissance de ce Grand Soleil Central, que nous appelons aujourd’hui le Christ parce qu’il est le Cœur de l’Activité Christique dans l’Univers.

« À cause de la dévotion du souverain inca envers sa Source et de son dévouement pour son peuple, son désir ardent et sa demande de bénédiction et de Lumière pour les guider et les aider furent exaucés. Quatorze de la Cité d’Or, au–dessus du désert du Sahara, répondirent en lui apportant leur assistance. Vous, Lotus et votre Fils, en faisiez partie.

« Quand vous eûtes dix ans, Lotus douze et votre Fils quatorze, tous trois vous fûtes confiés à mes soins afin d’être, sous ma direction, préparés et entraînés au travail que vous fîtes plus tard. A cette époque, je résidais dans la Cité d’Or, mais, une fois réalisé l’ajustement préliminaire, je vins tous les jours au palais pour y prodiguer l’enseignement et la radiation nécessaires. Cette formation continua pendant quatre ans avant d’être révélée à votre père.

« Le chef inca était étonné par la sagesse de ses enfants, et constamment, il adressait à Dieu sa louange et sa gratitude de le bénir ainsi. Quand vous eûtes quatorze ans, le même Grand Maître Cosmique qui nous avait tous emmenés à la Cité d’Or à la fin de notre incarnation dans la civilisation du Sahara, apparut à l’Inca et lui dit que sa prière avait été exaucée de manière tout à fait réelle.

« C’est à partir de là et pendant plus de soixante–dix ans que la civilisation inca s’éleva à son apogée. Dès vos quatorze ans, je vins quotidiennement pour instruire et harmoniser le chef inca et vous trois. Vous étiez désignés sous le nom d’enfants inca du Soleil. La gratitude du souverain, son amour et sa coopération étaient vraiment merveilleux, et il fut instruit dans la compréhension et l’usage de la Grande Loi Cosmique.

« Votre enfance et votre jeunesse furent magnifiques ; aucun nuage ne vint troubler la beauté de cette formation. A votre fils furent enseignés les Lois du Gouvernement et les Devoirs Divins d’un Souverain. Lotus reçut l’instruction du Travail Intérieur ainsi que toute la Loi et la consécration de Prêtresse au Temple du Soleil. Il vous revint d’apprendre les Lois Cosmiques de la prêtrise et aussi, secrètement, le commandement général des Armées.

« Après dix ans de formation spéciale au Pérou, vous fûtes envoyés tous les trois au nord, dans l’une des nouvelles colonies de l’empire inca pour aider le peuple à étendre ses activités et stimuler son progrès. Vous le fîtes avec tout l’amour, l’honneur et la bénédiction que le chef inca savait prodiguer et y établîtes la capitale de la colonie, là où se trouve aujourd’hui Mitla, dans l’état mexicain de Oaxaca, dont la gloire a traversé les siècles jusqu’à nous.

« Vous y construisîtes un grand temple sous la direction de Ceux de la Cité d’Or qui vous avaient instruits et aidés. Dans cette vie, Lotus s’appelait Mitla, et c’est en son honneur que ce nom fut donné à la ville. Là, elle servit en tant que prêtresse pendant plus de quarante ans. Le temple fut l’un des plus splendides de cette période, et aucune dépense n’y fut épargnée, car sa partie secrète, construite au–dessous du niveau de la terre, devait subsister et porter témoignage de la splendeur de cette civilisation des siècles plus tard. Vous le saviez à l’époque de sa construction, et certains ordres précis furent donnés et exécutés, car les travaux furent dirigés par l’un des Grands Maîtres Ascensionnés de la Cité d’Or.

« La partie extérieure de la construction était en pierres massives, dont quelques–unes peuvent être encore vues aujourd’hui au milieu des ruines. L’intérieur était revêtu de marbre, d’onyx et de jade. Le jade provenait d’une source secrète de la cordillère des Andes qui n’a jamais été révélée à quiconque. Les couleurs des œuvres de décoration intérieure étaient de très grande qualité artistique, et la combinaison principale de couleurs comprenait l’or, le pourpre, le rose et le rose pâle.

« Le Sanctuaire Intérieur était d’or avec des motifs pourpres et blancs. Le siège dans lequel officiait la prêtresse était aussi en or.

C’est là qu’était concentré et conservé le Pouvoir Spirituel, d’où il rayonnait sur l’empire et son peuple. Sur ces explications préliminaires, nous allons pénétrer maintenant dans le temple souterrain, où une salle a été préservée parmi les ruines d’une gloire jadis grande.

» Nous parcourûmes quelque distance, quand Saint–Germain ordonna :

« Restez en arrière ! »

Il dirigea un Rayon d’une Grande Puissance sur un amas de grands rochers devant nous. Du coup, ils s’éparpillèrent dans toutes les directions, dévoilant un cube de granite rose. Saint– Germain s’avança et y appuya la main. Le cube pivota lentement sur lui–même, révélant une ouverture large d’un mètre, d’où partaient des marches bien dessinées. Nous descendîmes vingt– et–une marches jusqu’à une porte qui semblait en cuivre, mais qui, dit–il, était faite d’un alliage de métaux qui le rendait impérissable.

A la pression sur un cube de roche à la droite de l’entrée, la porte s’ouvrit lentement et nous entrâmes dans une petite pièce. Sur le côté le plus éloigné, il y avait une grande arche fermée par une autre porte massive. Cette fois–ci, Saint–Germain pressa du pied une pierre de forme étrange sur le sol, et la porte s’ouvrit sur une salle aux dimensions immenses, qui semblait avoir grand besoin de nettoyage et d’aération. À peine cette pensée avait–elle traversé mon esprit que l’endroit fut inondé d’une puissante Lumière Violette, suivie d’une légère brume blanche, et se mit à briller comme au soleil de midi. Le nettoyage était total, et tout était frais, net et rempli d’un parfum de rose.

En pénétrant dans la grande salle, mon attention fut attirée par une série de portraits les plus remarquables que j’aie jamais vus. De couleurs naturelles, ils étaient gravés dans de l’or massif et avaient les couleurs vraies de la vie.

« Ils sont aussi indestructibles », remarqua Saint–Germain. « Cinq d’entre eux représentent le chef inca, Lotus, votre fils, vous–même et moi, tous à la ressemblance des corps que nous revêtions en ce temps–là. Cette forme d’expression artistique n’a existé qu’à l’époque inca; elle se différencie de tout ce qui a pu exister sur Terre au cours des âges. Par sa dévotion envers sa propre Flamme Divine, Lotus avait attiré un Grand Maître de Vénus qui l’instruisit. Cette forme d’art était différente de tout ce que connut la Terre quelle que fût époque. Le Maître de Vénus ne permit la réalisation que d’un nombre d’œuvres limité. Cet art, en effet, était des siècles en avance sur son temps et, par conséquent, son usage n’était pas autorisé à ce stade de développement du monde. Il réapparaîtra cependant au cours de l’Age d’Or dans lequel nous sommes entrés maintenant.

« Mon fils ! Si seulement le peuple d’Amérique pouvait comprendre quelles possibilités extraordinaires lui sont offertes, attendant, attendant, attendant qu’il se détourne des croyances, cultes, dogmes, de tous les ‘…ismes’ et le reste qui le contraignent et le limitent, en maintenant son attention sur la Grande Présence Divine dans le cœur de chacun ! O, puisse–t–il réaliser quelle liberté, quel pouvoir et quelle Lumière attendent son service et ne dépendent que de sa reconnaissance et de son utilisation de la Grande et Aimante Présence Intérieure Qui souffle en chacun à chaque instant, connaître et ressentir le Contrôle Tout–puissant qu’Elle exerce sur

toute manifestation ! Si seulement, les femmes et hommes de ce peuple pouvaient réaliser que leurs corps sont les Temples du Plus Haut Dieu Vivant, Qui est le Souverain du Ciel et de la Terre ; s’ils pouvaient savoir ce que veut dire aimer ce Soi Puissant, Lui parler, Le reconnaître en toutes choses et ressentir la Réalité de cette Présence avec au moins autant de certitude qu’ils le font pour d’autres personnes et choses ! Si seulement ils pouvaient sentir la proximité et la réalité de cette Grande Présence, rien ne pourrait à nouveau se mettre entre eux et ce même Puissant et Suprême Accomplissement que Jésus et d’autres Maîtres Ascensionnés ont atteint.

« O, Amérique ! Bien–aimés Enfants de la Lumière, faites maintenant surgir à travers vous cette Grande Présence Divine, Sa Sagesse et Sa Puissance ; voyez avec quelle rapidité le Royaume de Dieu peut se manifester et se manifestera sur Terre. L’Amérique est l’Éclaireur des nations ; elle porte la Lumière qui annonce ce nouvel Age d’Or. Quelles que soient ses conditions actuelles, cette Lumière jaillira et consumera les ombres qui cherchent à perturber ses Idéaux et son Amour pour le Grand Soi Divin. »

Puis, nous franchîmes une porte sur la droite et découvrîmes d’autres archives impérissables, traitant cette fois de la civilisation inca et du rôle important qu’elle joua dans ce cycle.

« En puisant dans les souvenirs de votre vie d’il y a quatorze mille ans, vous vous êtes souvenus du procédé utilisé pour ces enregistrements », observa Saint–Germain. « Ils vont être transportés au Téton Royal, en même temps que les portraits, car ce temple secret a totalement rempli son rôle et va être maintenant dissous. »

Bientôt, de Beaux Êtres Scintillants apparurent et emportèrent les portraits et les enregistrements. Quand ils eurent terminé, nous retournâmes vers l’entrée et nous en éloignâmes à quelque distance. Saint–Germain fixa son attention pendant quelques instants sur le lieu du temple secret et resta profondément silencieux. Un calme soudain m’envahit, qui me tint immobile. Il y eut un puissant grondement, comme un tremblement de terre. En quelques instants, tout fut fini et le temple secret, qui avait été la plus belle réalisation de son temps, s’effondra en un tas de ruines.

Je ne pus que m’émerveiller du pouvoir extraordinaire de Saint–Germain. En vérité, les Grands Maîtres Ascensionnés sont des Dieux. Il n’est donc pas étonnant que, dans la mythologie, leurs activités soient parvenues jusqu’à nous sous le couvert de mythes et de fables. Ils font preuve en toutes circonstances d’une Puissance Divine formidable, parce qu’ils se tiennent à la Grande Présence de Dieu avec une détermination inébranlable et, par suite, tous pouvoirs leur sont donnés, car ils sont Toute Perfection.

« Lorsque Jésus dit : ‘En vérité, en vérité, je vous le dis, les œuvres que je fais, vous aussi les ferez, et de plus grandes encore’, il savait de quoi il parlait », poursuivit Saint–Germain.

« Il vint pour révéler que chaque être humain, alors qu’il est encore sur Terre, peut atteindre et exprimer l’Autorité et la Maîtrise Conscientes. Il montra l’Autorité du Maître Ascensionné et prouva à l’humanité que chacun a la possibilité d’appeler si bien son Soi Divin qu’il peut contrôler consciemment toutes choses humaines.

« Les Grands Maîtres Ascensionnés d’Amour, de Lumière et de Perfection, qui ont conduit, depuis l’origine, l’expansion de la Lumière dans l’humanité de cette planète, ne sont pas le fruit de l’imagination de quiconque. Ce sont des Êtres réels, visibles, tangibles, glorieux, vivants et respirants, qui expriment de tels Amour, Sagesse et Pouvoir que l’esprit humain ne peut que s’émerveiller à leur immensité. Ils travaillent partout dans l’univers en totale liberté et avec une puissance sans limites pour faire naturellement tout ce que l’homme moyen considère surnaturel. »

« Ils sont dotés d’une telle puissance et exercent une telle force qu’ils frappent l’imagination de l’individu dans le monde extérieur. Ils sont les Gardiens de la race. Comme, dans notre monde physique de l’enseignement, divers degrés d’instructeurs sont affectés aux guidage et développement des individus, de l’enfance à la maturité, puis au–delà, à leur préparation pour des travaux spéciaux, ainsi, les Maîtres Ascensionnés de la Perfection existent pour éduquer et aider l’individu, afin que, lui aussi, puisse étendre sa conscience au–delà de l’expression humaine ordinaire. L’homme peut ainsi développer ses attributs surhumains jusqu’à ce que, aux bons soins et sous la responsabilité d’un Maître Ascensionné, il s’élève hors de son humanité dans l’expression pleine et continue de sa Divinité, de la même manière que l’étudiant quitte le collège pour un niveau supérieur. »

« Le Maître Ascensionné est un individu qui, par un Effort Conscient, a généré en lui assez d’Amour et de Puissance pour rompre les chaînes de toute limitation humaine ; il est ainsi libre et digne de se voir confier l’utilisation de forces qui sont au–delà de l’expérience humaine. Il se ressent lui–même l’unité du Dieu Omniprésent, la Vie. En conséquence, toutes les forces et choses obéissent à son commandement, car il est un Être Conscient de Soi, de libre arbitre, qui contrôle tout par la manipulation de la Lumière en Lui–même.

« C’est par la radiation ou l’effusion de cette Lumière, qui est réellement sa propre Essence Lumineuse d’Amour Divin, qu’un Maître Ascensionné peut venir en aide à ceux dont il assume la charge et la direction.

« Lorsqu’un étudiant bénéficie d’une telle effusion, ses propres corps Intérieurs, et par là j’entends ses corps émotionnel, mental et Causal, absorbent l’Essence Lumineuse du Maître, et la Lumière en eux brille et s’étend comme l’étincelle sur laquelle on souffle et qui devient flamme.

« Cette Essence Lumineuse porte en elle la plus Haute Force de l’Univers, car elle dissout toute discorde et établit l’Équilibre Parfait dans toute manifestation. Le Corps du Maître Ascensionné projette constamment des Rayons de son Essence de Lumière sur les discordes de la Terre et les dissout comme les rayons de force de notre soleil, que nous appelons lumière et chaleur, dissipent le brouillard.

« La Radiation qu’ils répandent sur les habitants de la Terre est une énergie extraite consciemment que les Maîtres, après l’avoir dotée d’une qualité, délivrent en vue d’un résultat donné. Ils assurent ainsi des milliers et milliers de fois la protection de personnes, de lieux, de conditions et de choses dont l’humanité, qui suit le chemin tracé, est totalement inconsciente, tout comme elle l’est sereinement de ses Protecteurs et Bienfaiteurs.

« Dans ce genre d’activité, les Maîtres Ascensionnés peuvent changer les corps dans lesquels ils fonctionnent comme on change normalement d’habits, car la structure cellulaire est toujours sous contrôle conscient et chaque atome obéit à la moindre directive. Ils sont libres d’utiliser un ou plusieurs corps, si le travail qu’ils désirent exécuter le requiert ; la faculté qu’ils ont d’assembler ou de dissoudre un corps atomique est absolument illimitée. Ils sont les Agents Tout–puissants de la Manifestation de toute Substance et Energie, car les forces de la Nature, à savoir les quatre éléments, sont leurs serviteurs obéissants et dévoués.

« Ces Êtres Glorieux, qui protègent et aident la race humaine en évolution sont appelés Maîtres Ascensionnés d’Amour, de Lumière et de Perfection. Ils sont tout ce que le mot Maître implique, car, en prodiguant l’Amour, la Sagesse et la Puissance du Soi Divin Intérieur, ils manifestent leur Maîtrise sur tout ce qui est humain. En conséquence, ils ont ‘Ascensionné’ dans l’expression suivante, au–dessus de l’humain, qui est donc la Supra–humaine, la Divinité, Perfection Pure, Éternelle et Toute–puissante.

« Dans leur ignorance et leur limitation, les hommes de la Terre ont souvent la prétention de porter un jugement ou d’exprimer diverses opinions sur Jésus et beaucoup d’autres de l’Armée Ascensionnée. Cette pratique est l’une des choses les plus contraignantes auxquelles ils puissent se livrer. Les critiques et les jugements formulés de cette manière reviennent tout simplement à leurs auteurs en les liant encore plus étroitement à leurs souffrances et limitations auto–créées. L’activité de la Loi est que les Maîtres Ascensionnés, qui se sont délivrés des limitations humaines, sont devenus un Flux Ardent de Lumière dans laquelle aucune pensée humaine de discorde ne peut jamais entrer. Cela contraint toute création de pensées et sentiments destructifs à revenir à son expéditeur et l’enserre encore plus étroitement dans les chaînes de sa propre création.

« Si les êtres humains pouvaient voir leurs propres pensées, sentiments et paroles partir dans l’atmosphère, sur les éthers, puis s’agglutiner et s’agglutiner encore plus selon leur sorte, pour ensuite revenir, ils ne seraient pas seulement étonnés par ce qu’ils font naître, mais ils réclameraient à cor et à cris d’en être délivrés ; et même si ce n’était que pour en effacer toute trace de leur mémoire, ils feraient face avec la plus grande détermination à leur propre Divinité pour y entrer. Les pensées et sentiments sont des choses vivantes et pulsantes. L’individu qui le sait fera donc preuve de sagesse en se contrôlant lui–même.

« Jésus est aux hommes qui font leurs expériences sur cette Terre ce que le Grand Soi Divin en chaque être humain est au soi personnel ou extérieur. Il a révélé au monde extérieur le Maître Modèle, et il est encore la Preuve Vivante de la capacité de l’individu à se libérer lui–même de toute limitation et à exprimer la Divinité telle que cela a été voulu à l’origine, car la condition première dans laquelle existait l’humanité était complètement libre et harmonieuse.

« Lorsque certains de ces individus, qui étudient plus à fond la Vie et les Lois de l’Univers que ne le font la plupart des enfants de cette Terre, se rendent compte qu’il y a des Maîtres Ascensionnés, ils désirent souvent aller vers ces Grands Êtres et recevoir leur enseignement. Alors que, dans bien des cas, il s’agit d’une élévation inconsciente de l’âme intérieure vers la Grande Lumière, le soi personnel réalise peu dans quelle relation il se trouve par rapport à ces Grands Êtres, qui sont entièrement Divins.

« Pour l’étudiant intensément sincère et déterminé, il existe une seule voie par laquelle ils peuvent entrer en contact avec l’un d’entre eux : celle d’une activité suffisante d’Amour et de discipline de la personnalité. Si le contact a pour motif de satisfaire la curiosité, de chercher à prouver ou infirmer l’existence des Maîtres Ascensionnés, de simplement résoudre un problème ou de dissiper un doute dans la personnalité, il ne se produira jamais. Soyez–en certain, car l’Armée Ascensionnée ne se soucie jamais de contenter le côté humain de quelque étudiant que ce soit. Tout leur effort porte sur l’expansion du Soi Divin Intérieur, de façon à ce que Sa Puissance puisse suffisamment se libérer pour briser les limitations dans le soi humain qui Lui refusent le véhicule parfait devant être utilisé dans les mondes mental, émotionnel et physique de la manifestation. Ceux–ci sont les royaumes de la pensée, du sentiment et de l’action.

« Les faiblesses et limitations humaines ne font qu’empêcher le véhicule qui devrait être entraîné et maintenu dans le meilleur état possible pour servir efficacement le Grand Soi Divin Intérieur. Le corps humain, avec ses facultés, est le Temple d’Energie de Dieu que la Grande Présence Divine fournit à ce soi extérieur, et c’est à travers lui qu’Elle souhaite exprimer un Parfait Plan ou Dessein Divin. Quand les exigences et appétits incontrôlés de la personnalité gaspillent l’Energie Divine et privent la Présence Intérieure du commandement du véhicule, Celle–ci se retire inexorablement, et le soi humain perd le pouvoir de diriger l’esprit et le corps, et le temple s’effondre en décrépitude et dissolution. Nous avons alors la condition que le monde désigne sous le nom de mort.

« La personne qui cherche à contacter un Maître Ascensionné dans le corps visible, tangible, vivant et respirant, alors qu’elle n’a pas la préparation nécessaire pour harmoniser graduellement ses propres structure extérieure et esprit, se trouve dans la même situation que l’enfant fréquentant une crèche qui voit un professeur de collège et qui insiste pour apprendre l’alphabet sous sa conduite.

« Les Maîtres Ascensionnés sont réellement de Grands Accumulateurs d’une puissance et d’une énergie extraordinaires, et tout ce qui touche leur Radiance se charge hautement de leur Essence de Lumière, par la même activité qui fait qu’une aiguille en contact avec un aimant se charge de ses qualités pour devenir à son tour un aimant. Toute leur aide et tout leur Rayonnement sont pour toujours un don d’Amour librement consenti. Voilà pourquoi ils n’utilisent jamais aucune force pour contraindre.

« La Loi d’Amour, la Loi de l’Univers et la Loi de l’individu ne permettent pas au Maître Ascensionné d’interférer dans le libre arbitre de l’individu, exception faite des périodes d’Activité Cosmique pendant lesquelles le Cycle Cosmique supplante le cycle individuel. C’est au cours de ces périodes que les Maîtres Ascensionnés peuvent apporter plus qu’une aide ordinaire. La Terre est entrée maintenant dans un tel Cycle, et la plus grande effusion de Lumière que la Terre ait jamais connue est en train de se produire, et continuera à le faire, sur l’humanité pour la purifier et rétablir l’Ordre et l’Amour qui sont indispensables à l’entretien futur de notre planète et du système de mondes auquel nous appartenons. Tout ce qui ne répond pas ou ne veut pas répondre à l’action de l’ordre, de l’équilibre et de la paix, doit, par nécessité, passer par une autre salle de classe de l’univers et élaborer sa propre compréhension de cette Loi d’une manière différente de celle qui doit être l’expression de la Vie future sur notre Terre.

« Il n’est qu’un sauf–conduit pour accéder à la Présence de ces Grands Êtres, c’est un Amour suffisant déversé sur son propre Soi Divin et sur eux, allié à la détermination d’extirper de l’humain toute discorde et tout égoïsme. Lorsqu’un individu se détermine suffisamment à ne servir que le Plan Constructif de Vie, il discipline parfaitement sa nature humaine, aussi déplaisante qu’en soit la tâche. Ce faisant, il attirera automatiquement sur lui l’attention d’un Maître Ascensionné, qui prendra acte de ses batailles et lui insufflera courage, force et Amour pour le soutenir jusqu’à ce qu’il entretienne le sentiment de son contact permanent avec le Soi Divin Intérieur.

« Le Maître Ascensionné sait et voit tout ce qui concerne l’étudiant, car il lit clairement l’empreinte que celui–ci a laissée dans sa propre aura. Y sont révélés l’état de développement du disciple, sa force comme sa faiblesse. Le Maître Ascensionné est l’Esprit Omniscient et l’Œil Omnivoyant de Dieu, car rien ne peut lui être caché. Celui qui veut accéder à la Présence visible et tangible de l’Armée Ascensionnée devrait comprendre qu’à moins de se transformer en un Soleil Radiant d’Amour, de Lumière et de Perfection, que le Maître peut accroître et utiliser comme une partie de lui–même et qu’il peut diriger consciemment vers n’importe quelle destination, il restera inutile : un parasite ponctionnant l’œuvre et le monde du Maître.

« Si l’étudiant n’a pas encore discipliné, ne discipline pas ou n’est pas décidé à discipliner son soi personnel de manière à être calme d’esprit, paisible et aimant de sentiments, et fort dans son corps, alors il n’est pas de l’étoffe que le Maître Ascensionné puisse utiliser dans le travail plus qu’humain qu’il réalise. Lorsque l’étudiant ne dispose pas d’un véhicule fort, bien développé et sous contrôle, il est incapable de coopérer avec un Maître Ascensionné et de réaliser ainsi le genre de travail dépassant celui de l’expérience humaine ordinaire.

« Si l’un de ces Êtres Parfaits devait introduire un étudiant dépourvu de telles qualités dans son champ d’activité, il commettrait la même erreur que celui qui construit une machine ou une maison en utilisant des matériaux imparfaits.

« Ce genre de matériau ne pourrait évidemment pas résister aux tensions exceptionnelles d’une nécessité soudaine ou d’un usage prolongé. Dès lors, ce ne serait pas faire preuve de sagesse, d’Amour ou de miséricorde que de soumettre quiconque à une expérience qu’il n’a ni l’entraînement ni la force de supporter. Les Maîtres Ascensionnés étant l’Acmé de la Perfection, ils ne font naturellement rien qui ne soit juste, affectueux et sage.

« L’attitude de celui qui veut travailler en coopération consciente avec l’Armée Ascensionnée ne doit pas être : ‘Je voudrais pouvoir la rejoindre pour recevoir son enseignement’, mais plutôt : ‘Je veux me purifier, me discipliner, me perfectionner et devenir ainsi une telle expression d’Amour Divin, de sagesse et de puissance que je puisse l’aider dans son œuvre. Alors, je serai automatiquement attiré vers elle. J’aimerai d’un amour si constant, si infini, si divin, que l’intensité même de ma propre Lumière m’ouvrira la voie vers elle pour qu’elle m’accepte.’

« Mon fils, l’autocorrection et le contrôle des forces inhérentes à l’usage de la conscience humaine ne sont ni un travail éphémère, ni un chemin de facilité, de léthargie ou d’autosatisfaction, car les sens se mutinent chez l’être humain moyen et il se rebelle furieusement contre la modération de sa nature inférieure, qui est indispensable s’il veut gouverner correctement ces forces en lui, particulièrement dans ses sentiments, de manière à ce qu’elles puissent être utilisées et agir seulement sous l’Autorité consciente de son Esprit Divin.

« Le dicton selon lequel ‘il y a beaucoup d’appelés mais peu d’élus’ est très vrai. Tous sont appelés constamment, mais peu sont assez éveillés pour réaliser la joie extatique et la Perfection dans le Soi Divin et pour entendre Sa Voix dans la Lumière qui, sans cesse, appelle chacun à revenir dans la Maison du Père.

« Chaque individu sur Terre est libre en tout temps de s’élever et d’aller vers le Père, son Soi Divin, pour autant qu’il tourne le dos à la création des sens humains et qu’il garde son attention fixée sur la Seule Source dont peuvent provenir venir la paix, le bonheur, l’abondance et la Perfection dans l’Univers.

« Il y a pour tous un moyen d’entrer en contact avec les Maîtres Ascensionnés, c’est de penser à eux, de les appeler, et à chaque appel, ils répondront par leur propre Présence d’Amour. Cependant, les motifs de l’appel doivent être l’Amour de la Source Unique, l’Amour de la Lumière et l’Amour de la Perfection.

« Pour autant que le motif soit réel, ferme et déterminé, l’étudiant recevra toujours plus de Lumière, car celle–ci reconnaît ce qui lui est propre et donne d’elle–même à chaque instant, de manière ininterrompue et inconditionnelle. Demandez et vous recevrez, frappez et l’on vous ouvrira, cherchez et vous trouverez, appelez la Lumière et les Maîtres Ascensionnés vous répondront, car ils sont la Lumière de ce Monde.

« Lotus officia pendant plus de quarante ans en qualité de prêtresse au temple de Mitla, avec vous et votre fils. Par vos efforts conjoints, les diverses cités des colonies furent amenées à un état de grande perfection. Vous y créâtes des industries et dirigeâtes l’agriculture jusqu’à ce que le pays connût la prospérité et l’abondance.

« Cela fut révélé au souverain inca alors qu’il était sur le point de terminer son pèlerinage et son service terrestres dans cette civilisation. C’est là qu’il vous rappela tous les trois à revenir chez lui, à la maison. D’autres furent nommés pour vous remplacer et, avec bénédictions et Amour à votre peuple, vous leur fîtes vos adieux.

« A votre retour, le roi fut très étonné de constater qu’aucun de vous n’aviez pris de l’âge pendant cette longue absence. Votre apparence juvénile était le résultat des entraînements reçus au cours de votre enfance ; elle fut pour le roi une preuve encore plus grande que ses enfants lui avaient été envoyés divinement en réponse à sa prière. Son cœur fut toujours empli d’une profonde gratitude envers le Puissant Dieu Unique pour l’avoir béni lui–même, ses enfants et son peuple. »

Alors même que Saint–Germain décrivait ces incarnations inca, des images vivantes commencèrent à apparaître devant moi, dans l’atmosphère, toutes dans leurs couleurs et activité originales. Elles durèrent près de trois heures, et Saint–Germain révéla ces anciennes expériences sous forme de réalité vivante, au Pérou et à Mitla.

Le régent inca rassembla les quatorze êtres de la Cité d’Or en préparation de l’évènement le plus important de son pèlerinage terrestre. Il savait que l’heure de son trépas était proche et que les affaires de l’empire devaient passer sous l’autorité de son fils aîné, qu’il devait désigner comme son successeur lors du banquet.

Le palais était célèbre depuis des siècles comme le plus bel édifice de cette époque, car le roi avait eu à sa disposition, pendant tout son règne, des ressources extraordinaires. En tout temps, il avait vécu près de son Soi Divin, et des richesses indescriptibles avaient afflué pour son usage. L’intérieur du palais était richement ornementé, les chambres privées de la famille royale décorées d’or pur serti de joyaux, et le symbole du Soleil, rappel constant du Soi Divin Intérieur, était reproduit aussi souvent que possible.

La salle des banquets était pourvue de cinq tables en jade sculpté reposant sur des socles en onyx blanc. Chacune était prévue pour vingt personnes, à l’exception de la table royale, prévue pour seize : les quatorze de la Cité d’Or, le roi et le Maître Saint–Germain, alors connu sous le nom de Fils Uriel. A la table du roi, les chaises étaient en or et délicatement agrémentées d’un dais de magnifiques plumes d’autruche de couleurs splendides. Sur la chaise de l’Inca, les plumes étaient d’un superbe violet, elles étaient d’or intense sur celle de Saint–Germain, roses sur celle de la fille, violettes sur celle du fils aîné mais d’une nuance plus légère que celles de la chaise du souverain. Les plumes ornant la chaise du fils cadet était blanches, le blanc représentant l’autorité de la prêtrise. Sur les chaises des autres de la Cité d’Or, elles étaient de couleurs diverses, et belles au–delà de toute description, chaque couleur symbolisant la fonction et le service que chaque occupant rendait à l’empire.

Les tables étaient recouvertes de nappes en matière très douce, richement brodées de fils d’une brillance remarquable. Le palais tout entier était illuminé par des globes de cristal auto–lumineux que Saint–Germain avait donnés au chef inca au début de son instruction.

Le roi portait une robe royale taillée dans un tissu doré semblable à du métal, avec un plastron incrusté de merveilleux joyaux représentant le Solei1. Sur sa robe, il portait sa toge d’apparat, faite d’un riche tissu pourpre et bordée de magnifiques plumes d’autruche et pourvue d’un large col. Sa couronne était une bande de diamants retenant à l’arrière trois plumes violettes. Ces trois plumes symbolisaient dans la Vie Intérieure du souverain les trois activités de la Divinité : Père, Fils et Saint–Esprit agissant à travers l’homme en tant qu’Amour, Sagesse et Puissance. Les deux fils étaient habillés de vêtements semblables à ceux de leur père, à l’exception de la longue robe d’apparat, chacun portant le symbole du Grand Soleil formé par un plastron de joyaux. La couronne de l’aîné était sertie d’émeraudes et, à l’arrière, de plumes, comme celles du roi, mais d’un violet plus clair. La coiffe du cadet était parsemée de perles, et ses plumes étaient blanches, autre symbole de sa fonction de prêtre. La fille du roi était revêtue d’une robe en tissu doré aussi fin que la soie arachnéenne, avec un par–dessus de tissu opalescent étincelant et chatoyant à chacun de ses mouvements. Elle portait une ceinture de diamants et d’émeraudes dont le pan touchait presque le sol. Sa tête était enserrée dans un bonnet tissé, et elle avait une chaîne autour du cou, avec, en pendentif, le symbole du Grand Soleil serti de diamants, de rubis et d’émeraudes. Ses sandales étaient en or et également ornées de joyaux.

Au moment même où le roi quittait ses appartements privés pour se rendre à la salle des banquets, un éclair de Lumière balaya les salles, et Saint–Germain apparut à nos yeux, semblable à un Dieu. La Lumière qui l’entourait était, par sa brillance, presque aveuglante, et il nous fallut quelques secondes pour nous y habituer.

Sa superbe chevelure dorée descendait jusqu’aux épaules ; elle était retenue par un ruban de diamants bleus autour du front. Son propre Rayonnement brillait intensément au travers de la couleur des cheveux jusqu’à ressembler à la lumière du soleil. Le violet perçant et pétillant de ses yeux contrastait fortement avec sa peau, dont le rose tendre révélait la jeunesse et la parfaite santé. Ses traits étaient des plus réguliers, comme ceux des Grecs anciens.

Il portait une robe au merveilleux tissu blanc éclatant, complètement différent de tout ce que connaît notre monde moderne. Elle était légèrement resserrée à la taille par une ceinture de diamants jaunes et de saphirs, d’où un pan descendait jusqu’aux genoux. Il avait au majeur de la main gauche une bague sertie d’un superbe diamant jaune et à celui de la main droite un saphir presque aussi étincelant, tous deux brillant d’un feu ardent à cause de sa propre Radiation. Il arrivait juste de la Cité d’Or.

Le roi fut surpris et ravi de cette apparition. Il fit le signe du cœur, de la tête et de la main et s’inclina profondément devant le Maître. Il lui offrit son bras et ils se dirigèrent vers la salle du banquet.

Là, les tables avaient été dressées avec un service complet d’or, de cristal et de jade. Les enfants du roi firent bientôt leur entrée et furent submergés de joie à la vue de leur Maître bien–aimé. Cependant, ils n’oublièrent pas la dignité de la circonstance et, faisant le Signe Divin qu’il leur avait enseigné, ils s’inclinèrent profondément devant leur père et leur Distingué Invité.

Au signal, toute l’assistance prit place. Le roi s’assit en tête de table, avec, à sa droite, le Maître Saint–Germain et, juste à côté, sa fille. Le fils aîné était à sa gauche, puis venaient le fils cadet et les autres de la Cité d’Or.

À la fin du banquet, le roi se leva, focalisant l’attention de tous. I1 se tint un moment silencieux et, étendant sa main en direction du bien–aimé Saint–Germain, il le présenta aux convives. Le Maître s’inclina avec grâce, et le roi exposa comment la Loi Spirituelle Supérieure leur avait été enseignée, à lui et à ses enfants, et pourquoi les grands bienfaits dont avaient bénéficié le pays et son peuple étaient le résultat du grand Amour du Maître. Il expliqua encore que le banquet avait été organisé pour qu’il désigne son successeur au trône.

Il fit signe à son fils aîné de se lever et le présenta comme leur futur souverain. Enlevant la Toge Royale, il la mit sur les épaules de son fils. Saint–Germain, levant les mains pour le bénir, lui dit :

« Je vous bénis, mon fils, au Nom et par la Force du Puissant Dieu Unique en l’homme et régnant sur 1’Univers, dont la Suprême Sagesse vous guidera, dont la Lumière vous illuminera et dont l’Amour vous bénira, vous, le pays et son peuple. »

Touchant le front du fils avec le pouce de sa main droite, le Maître Bien–aimé leva la main gauche, et un éclair de Lumière aveuglante les enveloppa.

Ensuite, le roi nomma ceux qui allaient succéder à sa fille et à ses deux fils au temple de Mitla. Saint–Germain, le roi, ses enfants et les autres de la Cité d’Or se rendirent dans la salle du trône, où le Maître s’adressa de nouveau à eux :

« Bien–aimés êtres de Lumière ! Votre frère le roi ne va pas tarder à partir pour un repos bien mérité et pour un enseignement supérieur. Jusque–là, je resterai avec vous. Votre civilisation atteindra son apogée sous le règne de notre frère bien–aimé, ici présent, et vous aurez besoin de bien d’autres richesses pour accomplir tout ce qui doit être fait. Un grand trésor d’or et de pierres précieuses gît, pas très loin, au cœur des montagnes.

« Le fils cadet de votre souverain n’a pas rappelé jusqu’ici une faculté qu’il utilisait autrefois. Je vais hâter son rappel, afin que les besoins de vos activités futures soient satisfaits. » Il s’avança vers le fils cadet et le toucha au front avec le pouce de la main droite. Un frémissement parcourut le corps, et sa Vision Intérieure se rouvrit.

Il vit dans la montagne escarpée un certain lieu abritant des richesses si importantes qu’il sut qu’ils n’auraient besoin de rien d’autre pour produire les choses qu’ils devraient utiliser dans les activités extérieures. Le fils fit allégeance à son Maître bien–aimé et promit qu’avec son aide, le plan prévu pour son usage serait réalisé. Lorsque prit fin le règne de ceux de la Cité d’Or, trois des mines qu’il avait découvertes et exploitées furent fermées et scellées. Elles le sont restées jusqu’à ce jour.

De temps à autre et par diverses voies, des archéologues découvrent des preuves de l’extraordinaire degré que cette civilisation avait atteint et de la splendeur de ses réalisations. Les fragments d’activité inca mis à jour jusqu’ici sont de l’époque de son déclin, mais le jour viendra où ce qui fut exprimé à son apogée sera révélé pour le bienfait, l’illumination et le service de la postérité.

Le jour suivant, des messagers furent envoyés aux lieux principaux de l’empire pour annoncer l’accession au trône du fils du roi. Sa réputation l’avait précédé depuis la ville de Mitla où sa sagesse, la noblesse de son caractère et son esprit de justice l’avaient fait connaître dans tout le royaume pendant les années qu’il y avait passé.

Quelques jours plus tard, le fils cadet ordonna au chef ingénieur des mines de préparer les équipements, hommes et fournitures pour aller dans les montagnes et ouvrir la mine qui lui avait été montrée par sa Vision Intérieure.

Lorsqu’il furent prêts à partir, le fils resta seul et garda son attention fixée avec insistance sur le Soi Divin Intérieur, sachant qu’il serait guidé infailliblement à trouver la mine et, grâce à cela, il n’éprouva aucune difficulté à se rendre directement et sans retard sur le lieu de sa vision. Il mit un grand nombre d’hommes au travail et, en soixante jours, ils avaient ouvert la mine au point de découvrir le filon d’or le plus riche qui ait jamais été localisé en Amérique du Sud, avant et après cette époque. La découverte et l’exploitation de la mine sont arrivées jusqu’à notre époque par le biais de légendes populaires. Le fils cadet revint de son accomplissement acclamé par le peuple et reçut les bénédictions de son père, de Saint–Germain, de son frère aîné et de sa sœur.

La mine était située à une hauteur de deux mille cinq cents mètres et, pendant qu’il s’y trouvait, le fils du roi devint grandement sensible, activité qui se produit toujours aux hautes altitudes. A son retour au palais, il sentit nettement que le temps était arrivé où le roi inca devait faire le grand changement, et il sut que son trépas était proche.

Vint le jour du couronnement, où le fils du roi devait assumer légalement et publiquement la responsabilité et les charges du royaume. La famille royale demanda à son Bien–aimé Maître et Ami de procéder à l’acte de couronnement du nouveau souverain, requête à laquelle Saint– Germain accéda de bonne grâce.

Cet évènement important avait fait l’objet d’une préparation minutieuse. La cérémonie avançait et le moment arriva où la couronne devait être déposée sur la tête du nouveau souverain. Toute l’assistance remarqua que Saint–Germain ne faisait rien pour la prendre.

Soudain jaillit un éclair de Lumière aveuglante et, devant eux, apparut un Être absolument merveilleux, qui semblait être une fille de seulement dix–huit ans, mais dont le regard et la Présence projetaient un Rayonnement éclatant rempli de l’Amour, de la Sagesse et de la Puissance d’une Déesse. La Lumière qui remplissait l’atmosphère autour d’elle était de couleur blanc cristal et elle scintillait constamment par elle–même.

Étendant ses mains délicates vers le porteur, l’Être merveilleux saisit la couronne et, avec une grâce infinie, la déposa sur la tête du fils du roi. D’une voix qui était l’âme même de la musique, elle lui dit :

« Bien–aimé de la Cité d’Or, je vous sacre par l’Amour, la Lumière et la Sagesse dont cette couronne est le symbole. Que se perpétuent votre justice, votre honneur et votre noblesse. Par Ordre Divin, je régnerai avec vous, invisible aux yeux de tous, sauf à ceux de la Cité Dorée ici présents. »

Le nouveau souverain s’agenouilla pour recevoir la couronne, et l’Être Merveilleux se pencha et lui baisa le front. Elle se tourna ensuite vers les invités et, étendant les mains, les bénit. Immédiatement, le lieu tout entier fut baigné d’une douce lumière rose, expression de son Amour pour eux. Elle bénit l’ancien roi et, se tournant vers sa fille, elle la retint dans une tendre étreinte. Au fils cadet, elle tendit sa main, qui, à genoux, la lui baisa avec une profonde déférence.

Le nouveau roi monta sur le trône et s’inclina devant ses hôtes. Puis, offrant son bras à l’Être Magnifique, il ouvrit la marche vers la salle de banquet, où ils célébrèrent le couronnement par un festin. Il fit signe à l’assistance de prendre place, puis il prit la parole :

« Mon peuple bien–aimé, je sais qu’il n’y a qu’Une Puissante Présence, Dieu, dans l’humanité et dans l’Univers, qui gouverne tout.

Mon désir est, comme ce fut toujours le cas, de vivre en sorte que mon esprit et mon corps soient des canaux clairs et de parfaites expressions de l’Unique Grande Présence Intérieure. Puissiez– vous, mes amis, mon peuple, notre pays et ses activités, être toujours bénis par l’Amour, la paix, la santé et le bonheur de Dieu les plus grands. Que cet empire, qui appartient au domaine de Dieu et dont nous ne sommes que les gardiens, continue dans une abondante prospérité. L’Amour de Dieu en moi ne cessera de vous entourer, et je demande à la Lumière Éternelle de Dieu de vous élever dans Sa Perfection Divine. »

Au cours du banquet, le vieux roi devint blême. Le nouveau souverain le signala à son frère, qui s’avança aux côtés de son père et le reconduisit dans les appartements privés de la famille royale. Le roi s’étendit et demeura immobile pendant près de quatre heures, avec, à ses côtés, ses enfants, le Maître Saint–Germain et l’Être Magnifique.

Lorsque les derniers instants de son parcours terrestre arrivèrent, l’Être Magnifique se déplaça vers la tête du lit et, s’adressant au roi, lui dit :

« Frère inca, vous pensiez abandonner votre forme à l’action des quatre éléments, mais je vous dis qu’elle sera Élevée, Transmutée et Illuminée en ce Temple Éternel de Dieu qui exprime Toute Perfection. Votre grand service vous a libéré de la roue de la naissance et de la prétendue mort. Soyez reçu maintenant par l’Armée Ascensionnée de Lumière, avec laquelle vous faites UN désormais. »

Lentement le corps s’éleva dans sa Perfection Éternelle, puis disparut complètement. Saint– Germain s’adressa alors aux personnes présentes.

« Mon travail ici est terminé » dit–il, et, s’avançant, il mit une bague au dessin des plus inhabituels au majeur de la main droite du roi. La bague était sertie d’un joyau en forme de globe miniature fait d’une substance précipitée ressemblant à une perle, au centre duquel il y avait une minuscule Flamme bleue. C’était un foyer de Lumière, identique aux globes que Saint–Germain avait donnés au père du roi pour illuminer le palais.

« Acceptez ce présent du Maître de la Cité d’Or » poursuivit–il, « qui vous demande de le porter toujours sur vous. » Il leur fit ses adieux et, s’inclinant avec grâce, disparut de leur vue.

Les trois enfants de l’Inca avaient des corps physiques parfaits, grâce à l’enseignement que, dans leur jeune âge, ils avaient reçu du Maître Saint–Germain, quand il venait quotidiennement de la Cité d’Or pour les préparer à leur service de vie en faveur du peuple. Les trois avaient de magnifiques cheveux dorés et des yeux bleu violet. Les deux fils mesuraient un mètre quatre– vingt–dix et la fille un mètre soixante–dix environ. Ils avaient un port d’une grande dignité naturelle qui suggérait la Maîtrise Intérieure qu’ils avaient acquise sous son instruction. A son accession au trône, le fils aîné avait soixante–huit ans, mais il en paraissait vingt–cinq au plus. Même lorsqu’ils quittèrent cette Terre, aucun d’eux ne paraissait plus âgé. Le nouveau roi régna pendant quarante–sept ans, soit jusqu’à cent quinze ans. La fille vécut jusqu’à cent treize ans et le fils cadet jusqu’à cent onze.

Les Inca de cette période avait tous les cheveux et les yeux foncés, avec un teint qui rappelle celui des Indiens d’Amérique. Ceux qui s’incarnèrent dans la masse n’étaient pas des âmes d’un savoir avancé, comme ce fut le cas pour des civilisations telles que l’Égypte, l’Atlantide et le désert du Sahara. Voilà pourquoi la Grande Armée des Maîtres Ascensionnés, qui aide à étendre la Lumière parmi les humains, chargea le souverain inca, ses enfants et les autres de la Cité d’Or, de la responsabilité du gouvernement et du peuple, afin d’établir le modèle sur lequel seraient calquées les activités futures. Ils élaborèrent une forme de gouvernement et un plan de développement qui, s’ils avaient été suivis, auraient permis à toute la civilisation d’atteindre un haut niveau d’accomplissement extérieur tout en recevant une Illumination Intérieure formidable.

Lorsque le temps fut proche de choisir un souverain parmi les Incas eux–mêmes pour succéder au roi et à ses assistants, grand soin fut apporté à la sélection de ceux dont le Développement Intérieur était le plus avancé. On en trouva quatorze pour remplacer ceux de la Cité d’Or. L’Être Magnifique s’était rendu visible au roi tous les jours pendant les quarante–sept ans du règne, lui prodiguant avis et assistance à travers sa Radiation pour que la sagesse et la force fussent l’énergie directrice du peuple.

Les successeurs du roi et des quatorze de la Cité d’Or furent appelés à se présenter devant le roi bien–aimé et sage, et l’Être Magnifique, qui avait été invisible, se rendit visible aux yeux de tous. La Lumière qui l’entourait se fit de plus en plus brillante, et elle s’adressa à eux en ces termes :

« Pendant plus de quatre–vingt–dix ans, les Grands Maîtres Ascensionnés de Lumière ont instruit, illuminé, béni et fait prospérer le peuple et cet empire. Vous en avez l’exemple devant vous. Si vous le suivez, tout continuera à prospérer et bénir votre pays. Si vous ne gardez pas l’Amour pour le Divin Soi Suprême et Unique d’abord dans votre cœur et ne le reconnaissez pas toujours comme le Souverain de l’empire et de ses habitants, la décadence s’installera, et la glorieuse perfection dont vous avez bénéficié pendant plus d’un siècle sera oubliée. Je vous confie aux soins de la Présence Suprême en tout. Puisse–t–Elle toujours vous protéger, vous diriger et vous illuminer. »

A cet instant, une preuve visible de l’existence du Soi Divin Intérieur de chaque être humain fut révélée à ceux qui devaient guider la destinée de l’empire au cours des années suivantes. Ce même exemple sera donné à nouveau au peuple actuel de l’Amérique.

Alors, en présence du nouveau souverain et de ses associés, le roi et les quatorze de la Cité d’Or sortirent de leur corps et rendirent le Soi Divin de chacun visible à toute l’assemblée. En quelques instants, les corps physiques disparurent en se dissolvant dans l’air ambiant.

« Ainsi », expliqua Saint–Germain, « vous sont révélées les annales d’une autre vie, la bénédiction et les accomplissements résultant de l’acceptation affectueuse de la Présence Suprême du Soi Divin Intérieur et Unique. Mais revenons maintenant au Téton Royal. »

Nous revînmes à l’entrée et entrâmes dans la salle d’audience. Aux murs étaient accrochés les portraits gravés sur or, transférés de l’ancien temple de Mitla. Nous continuâmes vers 1a salle des archives et vîmes les enregistrements amenés par les Magnifiques Êtres Scintillants. D’autres choses y avaient été amenées aussi, que je n’ai pas la permission de révéler.

Au terme de ces expériences, je réalisai, tout au moins partiellement, ce qu’est l’Amour vrai, car personne ne peut vraiment expliquer le sentiment intense d’Amour et de gratitude que l’on a pour les Maîtres Ascensionnés, une fois qu’on a la permission de connaître les expériences que j’avais faites depuis ma première rencontre avec Saint–Germain. C’est indescriptible. Après un tel contact, il ne peut y avoir dans la Vie qu’un seul désir irrésistible, c’est être ce qu’ils sont.

Alors, on arrive à réaliser ce que Jésus voulait dire en parlant de la Maison du Père, où se trouve réellement le foyer de 1’Ame. Une fois qu’on connaît, ne serait–ce qu’une fraction de seconde, le Bonheur extatique irradié par un Être Ascensionné, il n’y a rien dans l’expérience humaine qu’on ne puisse endurer ou sacrifier pour atteindre ce niveau d’accomplissement, aucun travail auquel on ne puisse renoncer pour exprimer une telle Maîtrise et un tel Amour.

On sait alors vraiment que cette Perfection est pour tous les enfants de Dieu et qu’elle est aussi réelle que la réalité peut l’être. Comparée à l’État d’Ascensionné de ces Grands Êtres, même la vie la plus heureuse vécue par l’être humain moyen est certainement un semblant d’existence. La plus magnifique et prétendument parfaite création d’êtres humains, avec toute la puissance et l’accomplissement dont ils se vantent, n’est que grossière et rudimentaire en comparaison des Liberté, Beauté, Gloire et Perfection qui sont l’expérience journalière et continue de tout Être ayant élevé son corps comme le fit Jésus.

Je fus submergé par un sentiment de gratitude et d’Amour pour Saint–Germain quand vint le moment de réintégrer mon corps. Il réalisa ce que je ressentais et me comprit.

« Mon fils », dit–il, « vous ne pouvez pas recevoir ce qui n’a pas été gagné. Vous méritez cela, et bien plus encore, et cela deviendra évident à mesure que nous avançons. Cependant, souvenez– vous que ce qui semble mystérieux ne l’est que parce que ce n’est pas expliqué. Quand ils sont compris, tous les évènements inhabituels trouvent leur explication naturelle, selon la Loi. Une Vérité doit être gravée pour toujours dans votre mémoire, et c’est celle–ci :

« Tous les enfants de Dieu, sans exception, qui reconnaissent et acceptent la Présence de l’UN, le Puissant Dieu, ancré dans leur cœur et dans leur esprit, et qui ressentent profondément cette Vérité plusieurs fois par jour en réalisant que Dieu remplit leur esprit et leur corps de tant de Lumière qu’il n’y a de place pour rien d’autre, tous ceux–là peuvent être libres. La Présence Unique et Toute–puissante est l’activité puissamment harmonieuse de leur Vie et de leurs affaires, et si leur attention est fixée fermement et avec détermination sur cette Vérité Éternelle, aucun accomplissement, le plus élevé soit–il, n’est hors de leur portée.

« Il n’y a qu’une Source Unique et Principe de Vie auxquels nous devrions accorder notre attention indivise, c’est le Soi Divin Intérieur qui est en chaque individu. Le soi personnel devrait accorder au Grand Soi Harmonieux sa reconnaissance en toutes occasions et demeurer en Communion Intérieure constante avec Lui, quelle que soit l’activité extérieure dans laquelle il est engagé.

« Ce Grand Soi Unique est l’Energie de Vie qui afflue à travers chaque corps humain et à chaque instant, et celle–ci nous permet d’évoluer dans le monde de la forme. C’est la Sagesse qui traverse l’esprit, la Volonté qui dirige toutes les activités constructives, le Courage et la Force qui soutiennent chacun, le Sentiment d’Amour Divin dont toute force traversant l’individu peut être qualifiée, l’Unique Puissance qui puisse accomplir quelque bien que ce soit. Il est, quand Il se libère sans résistance ou interruption par le soi personnel, la Maîtrise Toute– victorieuse et Consciente sur toutes les conditions de l’activité humaine.

« Ce Puissant Soi Divin en vous est le Souverain Suprême de toute création, et la seule Source d’aide Éternelle, fiable et permanente de l’existence. Ce n’est que par Son Amour, Sa Sagesse et Sa Puissance que quiconque peut s’élever un jour dans la Maîtrise Ascensionnée, car la communion constante et consciente avec Lui est Liberté, Maîtrise et Suprématie sur toute création humaine. Quand je dis ‘création humaine’, j’entends tout ce qui est discordant et moindre que Parfait. »

Nous revînmes à mon corps, et dès que je l’eus réintégré, Saint–Germain me prit les mains et déversa en moi un courant d’Energie Divine pour me soutenir, me donner des forces. Je m’assis, fixai mon attention avec une intensité profonde sur ma propre Présence Divine et offris une prière de gratitude pour les formidables bénédictions que j’avais eu le privilège de recevoir. Saint–Germain s’inclina avec grâce et disparut.

Chapitre VI
Cités enfouies de l’Amazone

Peu de temps après, alors qu’un après–midi, j’étais absorbé dans mon travail, j’entendis distinctement la voix de Saint–Germain.

« Tenez–vous prêt » me dit–il, « je viendrai vous chercher ce soir à neuf heures. »

Je réagis immédiatement et m’empressai de terminer mon travail. Je pris un bain et je m’apprêtai à dîner tôt.

« Je vous apporterai la nourriture qu’il vous faut », expliqua–t–il. J’attendis donc et entrai dans la plus profonde méditation dont je pouvais être conscient, ne reconnaissant que la Parfaite Manifestation de Dieu.

A neuf heures pile, il apparut dans ma chambre, portant des vêtements d’une substance scintillante et d’apparence métallique, ressemblant à de l’acier poli, mais qui semblaient être d’une étoffe de soie et de caoutchouc extrêmement légère. Je touchai ce superbe tissu et en fus si fasciné que je sortis de mon corps physique sans m’en rendre compte, jusqu’à ce que, me retournant, je le vis reposer sur le lit. Je m’avançai vers un grand miroir sur la porte et vis que mes vêtements étaient identiques à ceux de Saint–Germain. Je m’en étonnai, ne comprenant pas pourquoi ils étaient différents de ceux dans lesquels nous nous étions déplacés précédemment. Il vit la question dans mon esprit et y répondit :

« Essayez de réaliser, mon fils, que, dans la Condition Ascensionnée de Vie, nous sommes toujours libres d’utiliser la Pure Substance Universelle, quel que soit le but que nous choisissions, et de lui donner toute qualité spécifique que nous souhaitons en fonction des besoins du moment.

« Si nous désirons utiliser un tissu qui soit impérissable, nous imposons cette qualité sur la Pure Substance Universelle, qui répond en conséquence. Si nous désirons qu’une forme ne se manifeste que pendant un temps déterminé, nous attribuons cette qualité ou cet ordre à la Substance dont elle est faite, et la forme se manifeste en conséquence. Dans la circonstance présente, nous allons passer à travers de l’eau, de sorte que la Radiation du tissu de vos habits doit isoler votre corps plus fin de l’action et des qualités et activités propres à l’élément eau.

« Essayez de réfléchir à ce Pouvoir qui est en vous. Appelez et utilisez cette grande mer de Substance Universelle, dans laquelle vous pouvez puiser sans restriction. Elle obéit sans exception à la directive de la pensée et enregistre n’importe quelle qualité qui lui est imposée par l’activité de la nature émotionnelle de l’humanité.

« La Substance Universelle obéit en tout temps à votre volonté consciente. Elle répond constamment aux pensées et sentiments des hommes, qu’ils s’en rendent compte ou non. Il n’est pas un instant où les êtres humains ne donnent pas à cette Substance une qualité ou une autre, mais ce n’est que par la connaissance que l’individu a le contrôle conscient et la manipulation de cette mer infinie et qu’il commence à réaliser les possibilités de ses propres Pouvoirs Créatifs et les responsabilités reposant sur lui du fait de l’utilisation de ses pensées et sentiments.

« A travers les siècles, les hommes ont qualifié la Substance Universelle d’attributs de nature périssable et limitative, et les corps qu’ils utilisent aujourd’hui expriment ces caractéristiques. La race humaine entière est habitée de tempêtes de haine, de colère, de vengeance et de bien d’autres éruptions émotionnelles, que les quatre éléments enregistrent et renvoient à l’humanité à travers le monde de la nature sous forme d’orages. Les Terriens génèrent des cataclysmes de pensées et sentiments sous forme de ressentiments des uns contre les autres, contre l’injustice, contre les lieux et les choses, et ils suscitent ainsi, sciemment ou non. le sentiment de vengeance. La grande mer de Substance Universelle, dans laquelle ces qualités se sont inscrites, les retourne à leur source, l’individu, au travers des quatre éléments sous forme de cataclysmes naturels.

« Ces activités ne sont que les moyens dont se sert la Nature pour se purifier, pour s’ébrouer et se libérer de la contamination des pensées et sentiments humains discordants, et pour recouvrer son état originel de Pureté Divine.

« À chaque instant, tout individu reçoit dans son esprit et son corps la Pure et Parfaite Vie Divine. À chaque instant, il pourvoit aussi cette Pure Substance Universelle de Dieu d’une qualité quelconque. Cette qualité, il la crée et la génère seul, et il est forcé de la recevoir en retour dans son esprit et son corps, car toutes choses dans l’Univers se meuvent en cercle et reviennent ainsi à leur source.

« Les Maîtres Ascensionnés ont appris la Loi du Cercle, la Loi de l’UN. Par conséquent, nous imposons à la Pure Substance Universelle seulement la qualité que voulons utiliser pour un travail donné. Si nous voulons qu’une manifestation s’exprime un certain temps, nous déterminons la durée, donnons l’ordre, et la Substance, dont est faite ladite manifestation, répond de manière appropriée.

« En ce qui concerne les archives du Téton Royal et de certaines retraites à travers le monde, il est indispensable, pour notre travail, que certaines choses soient rendues impérissables, afin qu’elles perdurent à travers les siècles. Nous leur décrétons cette qualité, et elles enregistrent exactement notre décret, car la Nature ne ment jamais. Elle enregistre fidèlement les qualités qu’elle reçoit. Elle nous obéit, et aux hommes aussi, mais il y a en elle une certaine activité que les hommes, par ignorance ou obstination, refusent de reconnaître. Pour cette ignorance et cet entêtement, l’humanité paie, paie et paie continuellement jusqu’à ce que le soi personnel de l’individu apprenne et reconnaisse cette Vérité Éternelle et Fondamentale, c’est–à–dire la Loi de l’UN, la Loi d’Amour, la Loi d’Harmonie, la Loi du Cercle, la Loi de Perfection.

« Lorsque l’humanité apprendra vraiment cette Vérité et qu’elle obéira à son Décret Éternel, alors cesseront les discordes terrestres et les activités destructives des quatre éléments.

« Il est dans la Nature une Force auto–génératrice et auto–purificatrice qui soulève et expulse tout ce qui est en désaccord avec la Loi de l’UN. Cette force ou énergie est une Activité poussant de l’intérieur vers l’extérieur, et elle est le Pouvoir d’expansion de l’UN. Si la discorde est imposée sur la Pure Substance Universelle, l’Energie Électronique en est temporairement prisonnière. Lorsque l’énergie accumulée atteint une certaine pression, l’expansion se produit qui fracasse discorde et limitation. Ainsi, la Grande Vie de l’UN, l’Essence Lumineuse de la Création éternellement en expansion, Dieu en Action, triomphe de tout ce qui cherche à L’entraver et le Souverain Suprême de l’Univers continue le Chemin tracé. Les Maîtres Ascensionnés de Lumière le savent et font Un avec cette connaissance.

« L’humanité peut la connaître aussi, et être à l’Unisson, pour autant qu’elle le désire. Chaque individu en a la capacité et la possibilité, car c’est le Principe Éternel et Inné, propre à la Vie consciente de Soi. Tous les êtres humains sont des Vies Conscientes de Soi. Ce Principe n’a pas de favori, et tous peuvent exprimer sa plénitude.

« La Vie de chaque être humain renferme le Pouvoir d’exprimer, s’il le désire, tout ce que les Maîtres Ascensionnés expriment à chaque instant. La Volonté est en toute Vie, mais seule la Vie Consciente de Soi est libre de déterminer sa propre ligne d’expression. L’individu a donc le libre choix de s’exprimer soit dans le corps humain, limité, soit dans le Corps Divin, surhumain. Il choisit lui–même son champ d’expression. Il est le Créateur qui s’autodétermine. Il a eu la volonté et a choisi de vivre en tant que Vie Consciente de Soi.

« Lorsque quelqu’un s’individualise dans la Vie Absolue et Omniprésente, il choisit de son plein gré de devenir un foyer individuel intensifié d’Intelligence Consciente de Soi. Il est le directeur conscient de ses activités futures. Une fois qu’il a fait son choix, il est le seul à pouvoir réaliser cette destinée, qui n’est pas une donnée immuable, mais un plan de Perfection nettement dessiné. C’est une esquisse qu’il choisit d’exprimer dans le royaume de la forme et de l’action. Ainsi, voyez–vous, mon fils, un être humain peut en tout temps décider de s’élever hors de ses qualités et limitations humaines, et il y parviendra s’il y consacre tout de sa Vie et de son Energie. Ceux d’entre nous qui ont élevé leur corps ont accompli l’Ascension en remettant tout au Soi Divin Intérieur. En retour, Celui–ci exprime à travers nous Ses Parfaites Qualités, le Divin Plan de Vie. Venez, allons–y ! »

Au début de notre voyage, je fus conscient d’aller au sud–est. Nous survolâmes Salt Lake City, la Nouvelle Orléans, le Golfe du Mexique et les Bahamas pour arriver au–dessus d’un ruban d’argent, que je savais être une rivière. Nous la suivîmes jusqu’à son embouchure. Alors que nous nous y rendions, la Voix Divine Intérieure me dit :

« C’est l’Amazone. »

« Maintenant, soyez conscient », ordonna Saint–Germain, « que le Dieu qui est en vous dirige toujours et qu’il est le Maître de toute situation. »

À ce moment précis, nous commençâmes à descendre et, dans l’instant suivant, nous touchâmes la surface de l’eau. Sous nos pieds, elle semblait aussi ferme que le sol, et, à ce contact, j’éprouvai un sentiment de surprise. Saint–Germain expliqua encore que nous pouvions allez sous l’eau aussi bien que rester au– dessus, car les habits que nous portions irradiaient une aura protectrice à une distance considérable autour de nos corps ; ils avaient les conditions requises pour explorer les strates souterraines de la Terre comme le milieu subaquatique.

« Cela est dû » poursuivit–il, « à ce que le monde scientifique appellerait un ‘champ de force électrique’ qui entoure nos corps, mais la force électronique dont sont chargés ces vêtements est une électricité beaucoup plus fine et puissante que celle connue dans le monde physique. Un jour, même vos hommes de science tomberont dessus et réaliseront qu’elle existe depuis toujours dans l’atmosphère, mais qu’ils ignoraient comment la contrôler et s’en servir pour le bien de l’humanité.

« Elle peut être dirigée bien plus facilement par l’esprit que par aucun appareil physique, bien qu’elle puisse être attirée et contrôlée par des moyens mécaniques. Ce que le monde extérieur connaît sous le nom d’électricité n’est qu’une forme grossière de la Grande Energie Spirituelle de Vie, qui existe dans toute la Création. En s’élevant et en maintenant sa conscience en contact avec son Soi Divin Intérieur, l’homme se rendra compte des possibilités gigantesques que lui donne l’utilisation de cette force et puissance supérieure. Le service qu’elle peut lui rendre est infini, dans tous les aspects créatifs et toutes les phases de son activité. »

Puis, sans rencontrer de résistance, nous pénétrâmes dans l’eau. La nouveauté de l’expérience m’alarma un peu, mais je me ressaisis instantanément en me souvenant de l’avertissement de n’être conscient que de mon Dieu Intérieur en tant que Maître de toute condition. Approchant du rivage, nous aperçûmes de nombreux crocodiles qui nous virent mais que notre présence laissa indifférents. Puis, nous dirigeant vers l’intérieur, nous arrivâmes à ce qui semblait être le sommet d’un monument.

« C’est le sommet d’un obélisque de vingt–cinq mètres », déclara Saint–Germain, « qui ne dépasse le sol que de trois mètres environ. Il marquait le point le plus élevé d’une ville importante qui fut ensevelie lors du dernier cataclysme, au moment où l’Atlantide fut submergée. Fait d’un métal impérissable, l’obélisque est recouvert de hiéroglyphes de l’époque. Notez qu’ils sont très clairs et le resteront en raison de l’indestructibilité du métal. À l’origine, la ville se trouvait à quinze kilomètres du fleuve, mais, au moment où elle fut submergée, l’embouchure s’élargit de nombreux kilomètres. »

Nous nous élevâmes du sol et avançâmes en suivant le cours de l’Amazone, en direction d’un point situé à cinquante–six degrés de longitude ouest. Là, faisant le point, nous poursuivîmes vers un lieu situé à soixante–dix degrés ouest. Saint–Germain expliqua que c’était là notre lieu d’observation et de recherche. La section qu’il indiqua recouvrait l’Amazone entre ces deux points, de même que deux de ses affluents principaux, les rivières Jurua et Madeira.

« Cette civilisation » dit Saint–Germain « se développa au cours d’une période d’il y a douze à quatorze mille ans. La région qui nous occupe est cette section qui s’étend de l’endroit où la rivière Madeira se déverse dans l’Amazone en direction de l’ouest, là où l’Amazone touche la Colombie et le Pérou.

« Il y a treize mille ans, le cours de l’Amazone était contenu par de grandes digues en pierres. Tout le pays alentour était situé à une altitude d’au moins mille cinq cents mètres, et il y régnait toute l’année une température semi–tropicale et non le climat tropical qu’il a aujourd’hui.

« Les terres, en cet endroit, formaient un haut plateau sur une grande distance, et, près de l’embouchure de l’Amazone, se trouvaient de magnifiques chutes. La ville où se trouvait l’obélisque avait été construite entre les chutes et le bord de mer, à environ quinze kilomètres au sud du fleuve. Au Nord, le fleuve Orénoque était infesté de grands reptiles et d’autres animaux dangereux. »

Nous arrivâmes en un lieu proche de la rivière Madeira, et Saint–Germain poursuivit : « Voici le site d’une cité ancienne, capitale de l’empire et lieu le plus important de la civilisation de l’époque. » A ce moment, il leva la main, et la ville devint aussi visible que le sont physiquement celles d’aujourd’hui.

« Remarquez » dit–il, « comme elle était construite en une série de cercles, les rues commerçantes partant du centre, tels les rayons d’une roue à partir du moyeu. Les cercles extérieurs étaient des cours dédiées aux loisirs, construits tous les cinq kilomètres. Il y en avait sept, donnant à la ville un diamètre de soixante–quinze kilomètres, cercle central compris. Ainsi, les activités commerciales n’interféraient pas avec la beauté et la commodité des avenues.

« Le premier cercle intérieur, d’un diamètre de six kilomètres et demi, abritait les bâtiments administratifs de tout l’empire. Les rues étaient magnifiquement pavées et construites de quarante à soixante centimètres au–dessous des immeubles et terrains environnants. Elles étaient inondées tous les matins et nettoyées à fond, avant le début des activités quotidiennes.

« Remarquez l’extraordinaire beauté des cours réservés aux loisirs, la magnificence des plantes et des fleurs qui les bordaient de chaque côté. Une des caractéristiques principales de leur architecture résidait dans le fait que presque tous les immeubles, résidentiels notamment, étaient pourvus à leur sommet de coupoles mobiles, conçues pour être ouvertes ou fermées à volonté. Elles étaient construites en quatre parties et disposées de telle manière qu’elles pouvaient servir soit pour y dormir, soit pour des activités de divertissement. Les journées n’étaient jamais excessivement chaudes, et le soir, l’air frais des montagnes arrivait aussi sûrement que le jour se couchait. »

Nous pénétrâmes dans le capitole, construction gigantesque d’une grande beauté. Les parois intérieures étaient revêtues d’un marbre crème veiné de vert, alors que le sol était recouvert de pierres couleur vert mousse sombre, dont l’aspect rappelait le jade, et qui étaient si parfaitement jointes que le sol semblait d’un seul tenant. Dans la rotonde, il y avait de grandes tables en pierres semblables à celles du sol, mais d’un vert plus doux. Elles reposaient sur de lourds piédestaux en bronze placés à un mètre environ de chaque extrémité. Là, Saint–Germain étendit à nouveau la main, et nous nous trouvâmes au milieu de gens se déplaçant dans les immeubles et les espaces.

J’eus le souffle coupé à la vue d’êtres aux cheveux dorés et au teint magnifique, rose et clair. Les hommes avaient une taille allant de plus d’un mètre quatre–vingt–cinq à près d’un mètre quatre– vingt–quinze et les femmes d’environ un mètre quatre–vingt. Leurs yeux, étaient du plus beau bleu violet, clairs et brillants, et ils exprimaient une intelligence noble et calme. Nous franchîmes une porte sur notre droite pour accéder à la salle du trône de l’empereur. C’était manifestement son jour d’audiences, car il y recevait des hôtes locaux et étrangers.

« C’était l’empereur Casimir Poséidon » expliqua Saint–Germain. « Il était véritablement Dieu Incarné. Notez la noblesse bienveillante de son visage, mais aussi la puissance extraordinaire qu’il reflétait. Il était, et est, un Maître Ascensionné, béni et bien–aimé. Au cours de nombreux siècles, les mythes et les fables perpétuèrent sa mémoire et illustrèrent, dans des poèmes épiques, la perfection de son royaume. Mais, le temps se perd dans l’éternité et le souvenir de ces grandes réalisions s’estompe au point qu’elles sont souvent oubliées par les générations suivantes. »

Casimir Poséidon était en tous points un souverain magnifique. Il mesurait un mètre quatre– vingt–quinze, était bien proportionné et droit comme une flèche. Debout, il dépassait tous les membres de son entourage, et l’atmosphère même en était imprégnée de Maîtrise. Ses lourds cheveux dorés tombaient jusqu’aux épaules. La toge royale était faite d’une matière qui ressemblait à un velours de soie violet bordé d’or ; en dessous, il portait un vêtement ajusté, fait d’une douce étoffe dorée. Sa couronne était un simple ruban en or avec, un immense diamant au centre du front.

« Ces gens », dit Saint–Germain, « étaient en contact direct avec toutes les parties du monde, grâce à de merveilleux moyens de navigation aérienne dont ils avaient reçu l’usage. La chaleur et l’énergie étaient prélevées directement de l’atmosphère. A cette époque, l’Atlantide connaissait un progrès magnifique, parce qu’elle était gouvernée et guidée vers la Perfection par divers Maîtres Ascensionnés apparaissant de temps en temps et gouvernant pour l’élévation spirituelle du peuple.

« De tout temps, au cours des âges, chaque fois qu’une grande civilisation a surgi, elle a été fondée au départ sur des Principes Spirituels, et elle a conservé le respect de ces Lois de Vie pendant sa marche ascendante. Cependant, dès que n’importe quel gouvernement ou le peuple lui–même commence à dévier vers la voie laxiste, laissant s’installer l’habitude de l’injustice et de l’usage impropre de la Vie, soit chez les dirigeants, soit dans le peuple, alors débute et se poursuit la désintégration, jusqu’à ce qu’ils reviennent aux Lois Fondamentales de l’Équilibre et de la Pureté, faute de quoi ils sont balayés par leur propre discorde, afin que l’Équilibre puisse être rétabli et qu’un nouveau départ soit donné.

« Casimir Poséidon était un descendant direct des Puissants Maîtres Ascensionnés, Souverains de l’Atlantide. En fait, la civilisation sur laquelle il régnait était un enfant de la culture et de l’accomplissement atlantes. Sa capitale était célèbre dans le monde entier pour sa magnificence et sa beauté.

« Lorsque les régions rurales apparaîtront, observez comment les objets sont transportés, car l’énergie que ce peuple utilisait était générée par une sorte de boîte motrice de soixante centimètres sur un mètre, couplée au mécanisme de l’appareil utilisé. Les fleuves fournissaient l’eau dont l’approvisionnement était maîtrisé et son énergie utilisée. Ni police, ni organisation militaire d’aucune sorte n’étaient nécessaires, car la méthode par laquelle la Loi était rappelée aux gens et le merveilleux pouvoir de soutien qui était irradié leur en permettaient le respect.

Un magnifique immeuble se dressait à l’est du parc. Nous nous en approchâmes et pûmes lire au–dessus de l’entrée : ‘Le Temple Vivant de Dieu à l’Homme’. Nous y entrâmes, et il nous apparut bien plus grand que depuis l’extérieur. Il devait s’y trouver des places assises pour au moins dix mille personnes.

Au centre de cet immense temple était un piédestal d’à peu près soixante centimètres de côté et de six mètres de haut, fait d’une substance auto–lumineuse d’un blanc laiteux projetant une lumière blanche légèrement teintée de rose. À son sommet se trouvait un globe de cristal d’un diamètre de soixante centimètres, fait d’une sorte de Substance contenant une douce Lumière Blanche auto–lumineuse. Elle était douce mais néanmoins si intensément lumineuse que tout l’immeuble en était brillamment éclairé.

« Cette sphère », remarqua Saint–Germain, « était faite d’un Matériau Précipité contenant un Intense Foyer de Lumière. Elle avait été attirée et placée dans le temple à cette époque par un des Grands Maîtres Cosmiques, pour une activité dispensatrice de Vie et de soutien aux gens. Elle émettait continuellement non seulement la Lumière, mais aussi une Energie et un Puissance qui stabilisaient leurs activités et l’empire.

« La sphère de Lumière avait été focalisée par le Grand Être, et ensuite, l’édifice qui l’entourait avait été érigé. Elle était réellement un Foyer Précipité et une Activité Concentrée de la Présence Suprême de Dieu. Le Grand Maître Cosmique qui l’avait établie apparaissait une fois par mois à côté de la Lumière et proclamait la Loi de Dieu, la Loi de Gouvernement et la Loi de l’Homme. Il décrétait ainsi la Voie Divine de la Vie et il était pour les gens de cet âge le Foyer de l’Activité Christique. »

A nouveau, Saint–Germain étendit la main, et devant nous défilèrent des images vivantes et parlantes de ce Grand Être. Il est impossible de décrire à l’aide de mots la Gloire de cette Présence. Je peux seulement dire qu’il était véritablement l’Expression Parfaite du Fils de Dieu. Puis, j’entendis le Grand Maître Cosmique proclamer au peuple la Loi.

La Majesté de sa Présence et son Décret sont gravés pour l’éternité en lettres de feu dans ma mémoire, si profondément que ma conscience les conserve clairement. Je vous cite son Décret tel qu’il se présente encore à mes yeux :

« Enfants bien–aimés du Puissant Dieu Unique ! Ne savez–vous pas que la Vie dont vous faites usage provient de la Suprême Présence Unique, et qu’elle est éternellement Pure, Sainte et Parfaite ? Si vous gâchez la Beauté et la Perfection de cette Vie Unique, vous vous coupez vous– mêmes des Dons de votre Dieu. Votre Vie est le Joyau Sacré de votre Amour de Dieu, la Source des Secrets de l’Univers.

« Votre Dieu vous confie la Lumière de Son Propre Cœur. Chérissez–la ! Adorez–la ! Laissez–la s’étendre en une Lumière toujours plus grande et une plus grande Gloire ! Votre Vie est la Perle de Grande Valeur ! Vous êtes le gardien des richesses de Dieu. Faites en sorte de ne les utiliser que pour Lui et sachez que vous recevez la Lumière de Vie, et vous devrez rendre compte de son usage.

« La Vie est un Cercle ininterrompu, le Principe sur lequel se fonde votre ville. Si vous créez CE qui est semblable à votre Source et si vous savez que Son Amour et Sa Paix sont en vous, si vous employez vos Pouvoirs de Création uniquement pour bénir, alors, en parcourant votre cercle d’existence, vous connaîtrez la Joie de la Vie, à laquelle s’ajoutera une Joie plus grande encore. Si vous ne créez pas à l’image de votre Source, alors le mal vous reviendra avec une plus grande virulence.

« Vous seuls choisissez votre destin et vous seuls répondez à Dieu de l’usage que vous faites de votre Vie, de votre Être. Voilà la Grande Loi à laquelle personne ne peut échapper. Longtemps, j’ai proclamé cette Loi de la Vie, la Loi de Vous–mêmes, que vous êtes envers vous–mêmes, puisque, toujours, vous pouvez revenir vers votre Dieu, si vous souhaitez la Perfection de la Vie.

« Je ne viendrai pas toujours guider sur le Chemin de la Vérité vos pas égarés, ni vous rappeler votre Lumière Éternelle installée au sommet d’une montagne pour vous guider. Dans un jour lointain, je parlerai dans le Cœur de l’homme, et si vous aimez la Vie, vous M’appellerez, Moi qui demeure dans de nombreux soi. Que ceci ne vous trouble pas, Mes enfants. Si vous voulez Me connaître, Moi, la Lumière, vous devrez Me chercher et Me trouver, et, M’ayant trouvée, vous devrez toujours demeurer en Moi.

« Ce jour–là, le Père–Mère–Fils sera Un dans le cœur de l’homme. Le Fils est pour toujours la Porte, le Chemin vers Dieu. Ma Lumière est dans votre esprit et dans votre cœur, vous rappelant toujours Ma Présence, car, dans les temps à venir, je ne serai présent que dans cette Lumière.

« Alors, je serai la Sagesse dans votre esprit pour faire régner l’Amour dans votre cœur, afin que vous emplisse la Paix de la Vie Unique, Dieu. Votre corps n’est que l’instrument de votre Ame, et dans votre Ame doit se déverser Ma Lumière, ou vous périrez.

« Ma Lumière dans votre esprit est le Chemin conduisant au Cœur de Toute Lumière. Ce n’est que par Ma Lumière en vous que vous pouvez étendre la Lumière dans chacune des cellules de votre Être et en faire un Être plus grand, encore et encore. Dans votre gorge se trouve Ma Lumière qui est votre pouvoir de dire Mes Paroles. À travers elles, J’illumine toujours, Je protège et Je parfais Mes enfants. Les Paroles qui n’accomplissent pas cette triple mission ne sont pas Mes Paroles et, quand elles sont dites, elles ne peuvent apporter que misère.

« Méditez sur Ma Lumière dans votre esprit, dans votre cœur, et vous verrez dans toutes choses, vous comprendrez et ferez toutes choses. Alors, ce qui n’est pas de Moi ne pourra jamais vous prendre au dépourvu.

« Je prononce ces paroles maintenant pour qu’elles soient gravées sur les tables de la Terre et dans la mémoire de ses enfants. Au jour lointain dont je parle, l’un des enfants de Dieu les recevra, ces Paroles qui sont Miennes, et les transmettra pour bénir le monde.

« En ces jours futurs, quand vous aurez pleinement reçu Ma Présence et La laisserez agir constamment dans votre Vie et votre monde, alors vous verrez que les cellules du corps que vous occuperez brilleront de Ma Lumière, et vous réaliserez que vous pourrez perdurer dans cet Éternel Corps de Lumière, la Tunique sans Couture du Christ. À ce moment, et là seulement, vous serez libres de la roue de la renaissance. Ayant fait ce long parcours à travers l’expérience humaine et accompli la Loi de Cause et d’Effet, vous transcenderez toutes les conditions régies par la Loi et vous deviendrez vous–mêmes la Loi, Tout Amour, l’UN. »

« Ainsi est le Corps du Christ, Éternel et Ascensionné », dit Saint–Germain en se tournant vers moi, « dans lequel chacun peut brandir le Sceptre de la Maîtrise et être Libre. Mon fils, même maintenant, vous pouvez ascensionner dans la Lumière de l’Unique, car la Lumière est dans votre esprit, la Lumière est dans votre cœur, et si vous vous maintenez fermement en elle, vous pouvez élever et vous élèverez votre corps physique de limitation dans votre Pur et Éternel Corps de Lumière, jeune et libre pour toujours, transcendant temps, lieu et espace.

« Votre Glorieux Soi vous attend toujours. Venez dans Sa Lumière et recevez la Paix Éternelle, et reposez–vous… dans l’action. Il n’a besoin d’aucune préparation. Il a tout Pouvoir. Venez pleinement dans l’étreinte de votre Soi de Lumière, et dès cet instant, même aujourd’hui, votre corps actuel peut Ascensionner. »

Quand il arrêta de parler, les images disparurent. Nous continuâmes sur une courte distance et nous arrêtâmes à un endroit où une grande pierre plate reposait sur le sol. Saint–Germain concentra sa puissance sur elle, et la pierre décolla du sol et s’écarta, laissant apparaître une entrée d’où descendait un escalier. Nous parcourûmes environ quinze mètres et arrivâmes face à une porte scellée. Il passa rapidement la main dessus, la descella en dévoilant quelques hiéroglyphes. « Fixez votre attention sur ce texte », ordonna–t–il.

C’est ce que je fis, et pus lire ces mots : « Temple Vivant de Dieu pour l’Homme », écrits lisiblement sur la porte devant moi. Je me trouvai devant la porte physique, que nous venions juste de voir dans les images vivantes.

La porte s’ouvrit, et nous pénétrâmes dans une salle sous l’une des petites coupoles construites dans chaque coin. Un grand nombre de caisses métalliques s’y trouvaient, longues de soixante centimètres, larges de trente–cinq et profondes de quinze. Saint–Germain ouvrit l’une d’elles et j’y vis des feuilles d’or sur lesquelles étaient inscrits au stylet les annales de cette civilisation.

Je réalisai que des chambres, scellées et protégées, devaient se trouver sous les quatre petites coupoles et que la grande coupole centrale avait été construite au–dessus de la Sphère de Lumière. Nous trouvâmes un passage secret reliant les quatre petites chambres et entrâmes dans la deuxième, où nous vîmes des conteneurs pleins de joyaux appartenant au temple.

La troisième chambre contenait des ornements d’or et de joyaux, le trône et d’autres sièges en or. Le trône était un exemple frappant de l’art des orfèvres. Le dossier, en forme de coquillage, se terminait en baldaquin au–dessus de la tête du souverain, et, sur les côtés, pendaient des draperies d’or faites de petits chaînons en forme de huit, retenues par une embrasse dont l’effet était extrêmement gracieux.

Au centre de la salle, une table en jade naturel, longue de plus de quatre mètres, large d’un mètre vingt, reposait sur un socle en bronze doré. Elle était entourée de quatorze chaises en jade dont les sièges étaient incurvés, les dossiers magnifiquement ciselés et les pieds pourvus d’embouts en or. Le dossier de chaque chaise était surmonté d’un phénix en or, les yeux faits de diamants jaunes, tel une sentinelle montant la garde. Ce dessin symbolisait l’immortalité de l’Ame et l’Être Divin Parfait que chaque individu devient en s’élevant à travers le feu de la souffrance des cendres de sa création humaine.

La quatrième chambre contenait sept différents types de blocs d’alimentation en énergie, comme je les nommais, qui recevaient et transmettaient la force extraite de l’Universel, nécessaire à l’éclairage, au chauffage et à la propulsion. Les annales montraient que ce peuple était en contact avec toutes les parties du monde, grâce à de merveilleux aéronefs. Cette civilisation fut suivie par celle connue sous le nom de Pirua, à laquelle succéda la civilisation inca, les deux s’étendant sur plusieurs milliers d’années.

Juste avant qu’elle ne fût ensevelie, la ville en question avait atteint l’apogée de sa gloire, et le Grand Maître Cosmique qui avait attiré la Lumière par laquelle elle avait été créée et soutenue, apparut à cet empire pour la dernière fois. Il vint mettre en garde contre le désastre menaçant, et il en aurait sauvé ses habitants s’ils l’avaient écouté.

Il prédit le cataclysme qui balaya l’empire dans l’oubli avant que cinq ans ne fussent écoulés et annonça que c’était sa dernière apparition parmi eux. Ceux qui voulaient être sauvés reçurent l’instruction de quitter cette partie du pays et furent informés du lieu où ils devaient se rendre. Ils furent aussi avertis du caractère soudain et définitif de ce bouleversement.

Au moment où il terminait sa prophétie, son corps disparut rapidement et, à la consternation du peuple, le socle et le globe de cristal portant la Lumière Éternelle disparurent avec lui. Dans un premier temps, les gens furent perturbés par la prédiction des évènements qui devaient frapper leur empire. Cependant, un an plus tard, rien de tel ne s’étant produit, le souvenir de sa Présence s’estompa, et le doute s’installa quant à l’accomplissement de sa prédiction.

L’empereur et ceux qui étaient plus avancés spirituellement quittèrent le royaume pour se rendre dans la partie occidentale des États–Unis, où ils demeurèrent en sécurité jusqu’à ce que le changement eût lieu.

La grande masse des gens restés sur place devint de plus en plus sceptique. Deux ans plus tard, l’un d’entre eux, plus agressif que les autres, tenta de s’introniser empereur. Au moment de partir, le véritable empereur avait scellé les entrées du palais et du temple où avait été gardée la Lumière. Le prétendant tenta de forcer une entrée dans le temple scellé, mais tomba mort à la porte.

Vers la fin de la cinquième année, à midi ce jour fatidique, le soleil s’assombrit et une terreur affreuse remplit l’atmosphère même. Au coucher du soleil, un fort tremblement de terre se produisit, détruisant les immeubles en ne laissant que ruines et chaos.

Le territoire qui est aujourd’hui l’Amérique du Sud se déséquilibra et roula vers l’est, submergeant toute la côte est de plus de cinquante mètres. Il resta plusieurs années dans cette position, puis se redressa graduellement jusqu’à ce qu’il fût à vingt mètres de sa situation originale, et il y est encore aujourd’hui.

Cette activité provoqua l’élargissement de l’Amazone. Auparavant, le fleuve, plus profond qu’aujourd’hui, avait une largeur de trente kilomètres et était navigable de bout en bout, depuis ce qui est maintenant le lac Titicaca au Pérou jusqu’à l’océan Atlantique. En des temps anciens, un canal avait été construit entre le Pacifique et le lac Titicaca, et cela, relié à l’Amazone, constituait une voie navigable entre les deux océans.

A cette époque, le continent s’appelait Meru, du nom d’un Grand Maître Cosmique, dont le principal centre d’activité était et est au Lac Titicaca. Le nom Amazone signifie ‘destructeur de bateaux’, nom qui nous est venu à travers les siècles de l’époque cataclysmique en question.

Le basculement du continent sud–américain explique maints aspects de la côte ouest que les géologues et hommes de science ont été incapables d’expliquer à partir des données scientifiques qu’ils ont découvertes à ce jour.

C’est ainsi que les grands cataclysmes de la Nature recouvrent du voile cosmique des civilisations aux réalisations superbes, n’en laissant réapparaître à la lumière que des fragments à mesure que le temps se fond dans l’éternité. Cette Vérité peut être mise en doute par le monde extérieur, mais les annales de cette civilisation, qui reposent maintenant au Téton Royal, en apporteront la preuve un jour et révèleront l’existence et les réalisations de cet âge ancien.

En assistant à ces activités extraordinaires, je me demandai comment une civilisation pouvait atteindre un tel degré de beauté, de magnificence et de perfection dans tous les domaines, et ensuite s’effondrer par l’activité terriblement destructrice d’un cataclysme. Saint–Germain vit la question dans mon esprit et y répondit volontiers :

« Voyez–vous », dit–il, « lorsqu’un groupe humain a la chance d’être placé sous la Radiation d’un Grand Maître de Lumière, tel ce Grand Être Cosmique, et d’en recevoir les instructions, il a l’opportunité de voir ce qu’est le Plan de Vie pour l’humanité et la Perfection qu’il est censé 1ui apporter et dans laquelle il peut vivre par ses propres efforts conscients. Cependant, très souvent au cours des siècles, le malheur a voulu que l’humanité n’essaie pas de comprendre la Vie, se laissant glisser dans un état de léthargie. Elle ne fait pas l’effort nécessaire pour accomplir ces choses par le pouvoir de Dieu dans l’individu. Elle commence à se reposer sur le Pourvoyeur de Radiation. La force de soutien n’est retirée que lorsque l’individu cesse de faire des efforts conscients pour comprendre la Vie et pour coopérer de bon gré et harmonieusement avec elle.

« Rarement, ils se rendent compte que la plupart de leurs bénédictions sont le résultat de la force de soutien de Celui qui dispense la Radiation. Lorsque la Voie de la Maîtrise a été enseignée à un certain groupe d’âmes et que, vie après vie, leur Droit Divin de Naissance leur est rappelé, l’heure arrive où plus aucune assistance n’est permise. C’est alors que la Radiation des Maîtres Ascensionnés se retire et que les âmes sont obligatoirement confrontées au fait que la force de soutien et d’accomplissement n’était pas due à leurs propres efforts.

« Ils doivent comprendre qu’ils ne peuvent recevoir que ce pourquoi ils font un effort. Dans cette activité, les expériences par lesquelles ils passent les contraignent à faire l’application consciente nécessaire, et quand c’est fait, l’expansion et la Maîtrise Divine commencent à s’exprimer.

« Celui qui, de manière continue, fait un effort conscient pour exprimer la Suprématie du Divin sur l’humain, ne connaît pas l’échec, car celui–ci ne se produit que lorsque cesse l’effort conscient. Toute expérience faite par l’individu n’existe que pour une seule raison : le rendre conscient de sa Source. Il doit apprendre qui il est, se reconnaître en tant qu’un Créateur et, en tant que tel, Maître de ce qu’il crée.

« Partout dans l’Univers, chaque fois que le pouvoir de créer est donné à un Être, il s’accompagne toujours de la responsabilité, indissociable, de la création. Toute création résulte d’un effort conscient, et si l’individu auquel ce Grand Don de Vie a été conféré refuse de prendre ses responsabilités et de faire son devoir, alors ses expériences de Vie le marqueront à force de misères jusqu’à ce qu’il le fasse. L’humanité n’a jamais été créée en état de limitation et elle ne trouvera aucun repos avant d’exprimer pleinement la Perfection dont elle a été dotée au commencement. Perfection, Maîtrise, Usage Harmonieux et Contrôle de toutes Substances et Forces sont la Voie de la Vie, le Modèle Divin Originel pour l’humanité.

« Dieu à l’intérieur de l’individu est cette Perfection et cette Maîtrise. C’est cette Présence dans le cœur de chacun qui est la Source de Vie, le Donateur de toutes choses bonnes et parfaites. Lorsque l’individu regarde vers sa Source et La reconnaît comme l’Effusion de Tout Bien, il en déclenche automatiquement et instantanément le flux, vers lui et son monde, parce que l’attention qu’il porte à sa Source est la Clef d’Or ouvrant sur toutes les bonnes choses qui lui sont destinées.

« La Vie en toute personne est Dieu, et seul l’effort conscient pour comprendre la Vie et exprimer en soi–même la plénitude du bien permet de faire cesser la discorde dans l’expérience extérieure. La Vie, l’individu et la Loi sont Un, et c’est ainsi pour l’Éternité.

« Venez », dit–il, « nous allons nous rendre dans une ville enfouie près de la rivière Jurua. »

Nous nous dirigeâmes vers l’ouest pour atteindre bientôt une légère élévation. Saint–Germain étendit la main et revivifia les Enregistrements Éthériques de ces gens. La ville que nous observions avait été la deuxième de l’empire par ordre d’importance. Celle dont nous venions

d’arriver était le centre du pouvoir et de l’activité spirituels, alors que celle que nous allions visiter était le siège des activités commerciales et gouvernementales, responsable du bien–être physique de la population. On y trouvait notamment le trésor national, l’hôtel de la monnaie et d’autres activités gouvernementales, de recherche et d’expérimentation.

Pas très loin de cette ville s’élevait la Puissante Cordillère des Andes, source des immenses richesses minérales de l’empire. Je notai chez les gens une chose particulièrement remarquable : tous étaient parfaitement en paix et pleinement satisfaits. Ils se déplaçaient en un rythme calme et léger. Les images prirent fin, et nous nous rendîmes vers la seule éminence rocheuse visible.

Saint–Germain toucha l’un des rochers ; celui–ci s’écarta et nous vîmes un escalier de vingt marches en métal, que nous descendîmes aussitôt pour arriver à une porte métallique. Nous la franchîmes et descendîmes vingt autres marches jusqu’à une porte de bronze, massive et scellée. Il tendit la main sur la droite et descella une ouverture rectangulaire dans laquelle se trouvaient des commandes métalliques, comme celles d’un orgue. Il en actionna deux, la lourde porte s’ouvrit lentement et nous nous trouvâmes dans une salle immense, telle qu’elle avait été exactement en ce temps reculé. Ouverte au public, elle avait servi de lieu d’exposition pour les inventions. Toutes les installations étaient faites d’un métal allié à ce qui ressemblait à du verre opalescent.

« Ceci », dit Saint–Germain, « était le résultat de la fusion entre divers métaux et du verre, de manière à rendre le métal aussi fort que l’acier et impérissable. A notre époque actuelle, un homme a été très près de découvrir le même procédé, car il disposait de tous les éléments, sauf un qui aurait rendu le métal impérissable. »

La salle tout entière était revêtue du même métal et comportait trois portes de sortie massives. Saint–Germain se dirigea vers un tableau de commandes, en actionna trois, et toutes les portes s’ouvrirent d’un seul coup. Nous franchîmes la première porte, qui donnait sur un passage long et étroit ressemblant plus à une cave qu’à une chambre. Y étaient alignés des conteneurs pleins de disques d’or de la taille d’un dollar argent, frappés à l’effigie de l’empereur et portant l’inscription : ‘Bénédiction de Dieu à l’Homme’.

Franchissant la deuxième porte, nous trouvâmes des conteneurs similaires remplis de pierres précieuses brutes de toutes sortes. Dans les conteneurs plats de la troisième chambre se trouvaient des feuilles d’or sur lesquelles étaient inscrites les formules et les procédés secrets en usage à cette époque.

« Parmi ceux–ci », dit Saint–Germain, « beaucoup ne furent pas utilisés en ce temps–là. Ils seront transmis à l’usage de l’âge actuel. »

Il revint au tableau et actionna une autre commande. S’ouvrit alors une quatrième porte, que je n’avais pas vue jusque–là. Elle nous conduisit vers un passage ou tunnel voûté qui reliait le trésor à l’hôtel de monnaie. Long d’au moins quatre cents mètres, il s’ouvrait à son extrémité sur une salle énorme.

C’était la partie principale de l’hôtel ; elle abritait un grand nombre de machines de construction absolument magnifique. Parmi elles, je vis des machines pour battre les pièces d’or, pour tailler et polir les pierres précieuses. J’en étais fasciné, tant leur fonctionnement était parfait. Là, Saint– Germain me montra un spécimen de verre malléable, aussi clair que du cristal.

On y trouvait encore de grandes quantités d’or natif : pépites, poussière, et des lingots pesant de trois à quatre kilos chacun. Je restai sans voix devant une telle quantité de richesses concentrées en un seul endroit. Saint–Germain, sachant ce que je ressentais, remarqua :

« De telles quantités de richesses, comme vous les voyez devant vous, ne peuvent en aucun cas être confiées à la masse de l’humanité, car l’égoïsme du monde actuel des affaires est tel que ce serait le summum de la folie que de la laisser gaspiller encore plus de dons de la Nature.

« Dieu et la Nature répandent à profusion leurs richesses sur la Terre pour l’usage et le bienfait des Ames qui s’y incarnent. Mais l’égoïsme et la soif de pouvoir dans les sentiments des hommes leur font oublier la Voie Supérieure de la Vie et sont la cause de l’inhumanité de l’homme pour l’homme.

« Les quelques individus qui accèdent au contrôle de la masse devraient avoir l’Intelligence de savoir que ce qui aide la masse est aussi la meilleure aide pour l’individu. Mais s’ils refusent de reconnaître cette Loi, alors il s’ensuit l’autodestruction, causée par leur propre égoïsme. L’égoïsme et le sentiment de pouvoir à contrôler d’autres obscurcissent la raison et émoussent la perception de l’esprit extérieur face à ses propres dangers. Ces individus courent immanquablement et tête baissée à leur ruine spirituelle, mentale, morale et physique, qui se prolonge très souvent jusque dans les troisième et quatrième incarnations suivantes. Seule la Lumière peut élever l’individu au–dessus de l’égoïsme.

« Ce n’est qu’en s’extirpant du bourbier de l’égoïsme et des appétits sous toutes leurs formes que les êtres humain recevront tout ce que Dieu et la Nature gardent pour un Bon Usage. Mais tout individu peut, en se débarrassant de son égoïsme et de son avidité, obtenir le plein usage de ces richesses, pour autant qu’il en dispose harmonieusement et pour le bien d’autrui. Les individus peuvent se préparer à être les gardiens de ces dons, car, à l’âge qui vient de s’ouvrir, en effet, seuls pourront avoir l’usage illimité de ce trésor ceux qui se seront rendus dignes d’en être les Fidèles Gardiens et Dispensateurs. Dieu et la Nature ne prodiguent ces Dons aux hommes que pour qu’ils en fassent un usage correct, et c’est à cette seule condition qu’ils peuvent être obtenus. » Saint–Germain croisa ses mains sur la poitrine et poursuivit :

« Puissant Dieu ! Entre si profondément dans le cœur de Tes enfants qu’ils ne désirent que Toi. Alors, aucun d’eux ne manquera d’un seul de Tes Grands Dons. »

Il scella tout comme que nous l’avions trouvé, et nous retournâmes à mon corps, que je réintégrai prestement.

À nouveau, il me tendit la coupe de cristal pleine de Substance Vivante et me dit :

« Mon fils bien–aimé, vous serez un assistant de grande valeur. Que, toujours, Dieu vous bénisse ! » Sur cette bénédiction, il s’inclina et disparut.

Le Maître Saint–Germain

Chapitre VII
La vallée secrète

Un beau matin, quelque temps plus tard, je reçus par la poste une lettre étrange qui me demandait de me rendre à une certaine adresse à Tucson dans 1’Arizona. Il y était suggéré que l’information qui devait m’être donnée était de telle nature qu’elle ne pouvait être exposée que de vive voix. Je m’interrogeai sur la manière extraordinaire dont la demande m’était parvenue et, cependant, j’éprouvai le Désir Intérieur de répondre à l’appel.

Quelques jours plus tard, je me rendis à l’adresse indiquée. Je sonnai. La porte s’ouvrit devant un homme d’environ quarante ans, svelte, aux cheveux gris acier et aux yeux gris, d’un mètre quatre–vingt–cinq environ.

Je me présentai et il me salua d’une poignée de main cordiale et sincère, qui révélait manifestement une nature vraie et digne de confiance. Son regard était ferme et sans crainte ; il donnait l’impression d’avoir beaucoup d’énergie.

Je ressentis à son égard une harmonie Intérieure inhabituelle et sus que cela ne pouvait signifier que le début d’une amitié profonde et merveilleuse. Lui aussi semblait avoir conscience de quelque chose d’Intérieur qui nous rapprochait. Il me pria d’entrer et de prendre place.

« Vous êtes venu à ma demande », commença–t–il, « et je vous en suis très reconnaissant, tant ma requête a dû vous paraître étrange. Votre adresse m’a été donnée par quelqu’un dont je parlerai plus tard. Laissez–moi expliquer tout d’abord que j’ai fait quelques découvertes remarquables, auxquelles je vous demande de croire sur parole et jusqu’à ce que je puisse vous emmener avec moi et vous en prouver la vérité et la réalité.

« J’ai reçu le conseil de prendre contact directement avec vous comme étant la seule personne à qui je pourrais révéler ce qui me concerne. Pour commencer, je vous parlerai de choses qui sont survenues il y a plus de vingt ans.

« A cette époque, j’étais marié à une femme magnifique. Je sais aujourd’hui qu’elle avait un haut degré de développement Intérieur, dont je n’avais pas conscience alors. Un fils nous fut donné, que nous adorions tous les deux. Pendant cinq ans, nous connûmes un bonheur complet. Soudain, l’enfant disparut, sans avertissement ni raison apparente.

« Nous cherchâmes et cherchâmes de nombreuses semaines et fîmes tout ce qui était humainement possible pour le retrouver, sans succès. Finalement, nous perdîmes tout espoir. Sa mère ne se remit jamais de ce choc et trépassa cinq mois plus tard.

« Au cours des derniers jours de sa vie, elle exprima le désir étrange que son corps soit conservé dans le caveau pendant une semaine avant d’être incinéré. Cela me sembla plutôt curieux, car jamais nous n’avions abordé ce sujet jusque–là. Cependant, je me conformai à son vœu. Imaginez ma surprise lorsque, cinq jours après les funérailles, le responsable du cimetière m’appela pour me dire qu’il avait trouvé le caveau ouvert et vide ; le corps n’y était plus. Jamais aucun indice ne fut trouvé qui aurait pu nous expliquer cet événement surprenant.

« Un matin, seize ans plus tard, je trouvai sur le sol, à mon réveil, une lettre non affranchie qui m’était adressée. Je la ramassai et l’ouvris ; sa lecture me laissa pantois et incrédule.

‘Votre femme et votre fils sont bien vivants’, disait–elle. ‘Vous les verrez bientôt. Jusque–là, soyez patient. Réjouissez–vous de savoir qu’il n’y a pas de mort. Le moment venu, vous recevrez des instructions que vous devrez suivre aveuglément. Tout dépend de votre silence absolu. Vous verrez et recevrez les explications complètes de tout ce qui semblait si mystérieux. Alors, vous comprendrez pourquoi la Vérité est bien plus étrange et merveilleuse que la fiction, car même la fiction la plus extraordinaire n’est que le reflet d’une Vérité qui existe quelque part dans l’univers.

Signé : ‘Un Ami’

« Mon Ami, vous pouvez imaginer mon étonnement. D’abord, je ne crus pas un mot de tout cela. Au soir du troisième jour, assis devant la cheminée, j’entendis la voix de ma femme, aussi claire et distincte que si elle se trouvait dans la pièce à côté, me disant :

‘Robert, mon bien–aimé ! Je suis vivante et je me porte bien, et notre fils est avec moi. Nous serons très heureux de t’avoir à nouveau avec nous. Ne rejette pas ce message ; tout ce qu’il dit est vrai. Tu seras conduit jusqu’à nous si tu interdis au doute de fermer la porte. Je te parle par le Rayon du Son, dont tu apprendras un jour à te servir.’

« Je ne pus résister plus longtemps à la tension, et dis : ‘Montre–toi à moi, et je te croirai.’ La voix répliqua instantanément : ‘Attends un instant !’ En à peu près trois minutes, un Brillant Rayon de Lumière Dorée entra dans la chambre, formant un tunnel au bout duquel se tenait ma merveilleuse épouse. C’était elle, sans doute possible.

‘Bien–aimé’, dit–elle, ‘pendant des années, de prétendus miracles se sont produits dans ta Vie, mais parce que ton attention n’était pas focalisée dans la bonne direction, nous avons dû attendre toutes ces années. Crois au message qui va te parvenir. Alors, tu nous rejoindras, et je t’assure qu’un monde nouveau s’ouvrira. Notre grand amour ne connaît pas de barrière.’

« Instantanément, le Rayon Lumineux disparut, de même que la voix. Ma joie fut sans bornes. Mes doutes se dissipèrent. J’eus un sentiment de calme, de paix et de quiétude que je n’avais pas connu depuis des années. Puis vinrent des semaines d’attente, qui, je le sais maintenant, étaient une période de préparation. Enfin, le message que j’attendais depuis si longtemps arriva, accompagné d’un plan et du chemin à suivre.

« Je vis qu’il me conduirait dans les hautes montagnes au sud–ouest de Tucson, dans l’Arizona. Je me préparai à m’y rendre sans plus tarder et dis à mes amis que j’allais faire un peu de prospection. Je pris un cheval et un animal de bât, et pus suivre les instructions reçues sans inconfort ni difficulté. Si j’avais pu m’y rendre en ligne directe, j’aurais facilement fait le trajet en deux jours.

« Le troisième jour, juste avant le coucher du soleil, j’arrivai près d’un canyon en cul–de–sac, que je n’aurais pas remarqué si je n’avais pas eu de plan. Je venais d’y établir mon campement lorsque la nuit tomba. Je m’enroulai dans les couvertures et m’endormis, rêvant bientôt clairement que j’étais en train de me réveiller de bon matin en voyant un jeune homme debout à mes côtés.

« Lorsque, effectivement, je me réveillai, il y avait à mon étonnement ce jeune homme près de moi, tout à fait réel, qui m’observait attentivement. Il me salua d’un beau sourire et me dit :

‘Mon ami, vous êtes supposé me suivre.’ Je remarquai qu’il avait rassemblé mes effets, et sans plus attendre, il conduisit la marche vers la tête du canyon. Après environ une heure, nous fûmes arrêtés par une falaise qui semblait nous barrer la route.

« Il se tourna, mit ses mains sur le rocher et appuya. Une partie du mur, de peut–être trois mètres sur trois mètres cinquante, s’enfonça d’à peu près trente centimètres et glissa sur le côté. Nous entrâmes dans un tunnel qui devait avoir été, il y a des siècles, le lit d’un cours d’eau souterrain. Mon compagnon ferma l’entrée derrière nous, et quand nous nous retournâmes pour avancer, une douce radiance jaillit de tous côtés, illuminant tout sur notre passage. Tout cela m’étonnait, mais je me souvins de l’avertissement que j’avais reçu dans mon instruction, ‘de rester silencieux.’

« Nous progressâmes dans le tunnel pendant plus d’une heure et arrivâmes enfin à une porte métallique massive. Au toucher de mon compagnon, elle s’ouvrit lentement. Il s’écarta pour me laisser passer. Je la franchis pour me retrouver sous la lumière du soleil, le souffle coupé de plaisir à la beauté de la scène qui se présentait à moi. Devant nous, une vallée d’un charme sans pareil s’étendait sur une surface d’à peu près quarante hectares.

‘Mon Ami’, dit le jeune homme, ‘vous êtes revenu à la maison après une longue absence, et vous comprendrez bientôt tout cela.’ Puis, il me précéda vers un superbe édifice à une petite distance du pied d’une falaise abrupte située à l’extrémité supérieure de la vallée. En nous approchant, je pus voir que nombre de fruits et de légumes y poussaient en abondance, notamment des oranges, des dattes, des noix et des noix de pécan. L’eau d’une super cascade rebondissait le long de la falaise, à la base de laquelle s’était formé un bassin. Massif, l’édifice donnait l’impression d’être là depuis des siècles.

« Nous l’avions presque atteint lorsqu’une magnifique femme vêtue de blanc apparut à l’entrée. Nous nous approchâmes, et ma femme bien–aimée se tenait devant nous, plus belle que jamais. En une seconde, je la tins dans mes bras et, après toutes ces années de supplice, ce fut près d’excéder ce que je pouvais supporter. Elle se tourna et, passant son bras autour des épaules du jeune homme qui m’avait conduit, elle dit : ‘Robert, voici notre fils.’

‘Mon Fils !’ Ce fut tout ce que je pus dire, submergé d’émotion.

« Il s’avança et mit ses bras autour de nous deux. Pendant quelques instants, nous nous tînmes là, pleins d’amour et de gratitude, à nouveau heureux. Soudain, je réalisai que seize ans avaient passé depuis qu’il avait disparu. Il devait donc avoir vingt et un ans. Il répondit à ma pensée et dit :

‘Oui, Père, j’ai vingt et un ans, et j’ai mon anniversaire demain.’

‘Comment as–tu pu lire ma pensée si facilement’, demandai–je ?

‘Oh ! C’est pour nous une chose ordinaire et facile. C’est tout à fait naturel, si l’on sait comment le faire, et vraiment très simple’ répliqua–t–il.

‘Viens’, continua–t–il, ‘tu dois avoir faim. Mangeons quelque chose.’ Leurs bras autour de moi, nous entrâmes dans le vieux bâtiment. L’intérieur était revêtu de marbre rose et d’onyx blanc. On me montra une salle splendide inondée du soleil matinal dans sa glorieuse radiance. Je me rafraîchis et trouvai un habit de flanelle blanche, qui m’avait été réservé. Je l’essayai et il m’allait parfaitement. Cela me surprit, mais, à nouveau je me souvins de l’avertissement de rester silencieux. Je descendis à l’étage inférieur et fus présenté à un homme d’aspect remarquable, aux grands yeux foncés et perçants, ayant à peu près ma taille.

‘Père’, dit mon fils, ‘voici Eriel, notre Maître bien–aimé. C’est lui qui a sauvé la vie de Mère et la mienne, et il nous a formés pendant toutes ces années, jusqu’à ce que tu puisses être préparé à nous rejoindre ici. C’est lui qui t’a envoyé le message et l’instruction de venir, car le temps était venu pour toi de commencer ta formation définitive.’

« Nous entrâmes dans la salle à manger, qui était magnifique, et je ne pus m’empêcher d’exprimer mon admiration. Elle se trouvait dans l’angle sud–est de la construction, à l’étage principal, et était inondée de soleil toute la journée. Les parois étaient faites de noyer profondément ciselé, et le plafond, soutenu par des solives, était incrusté de motifs hexagonaux entre les solives. Un plateau massif en noyer, de cinq centimètres d’épaisseur au moins, reposant sur un socle richement sculpté, servait de table ; il semblait être vieux de plusieurs milliers d’années. Nous prîmes place autour de la table, lorsqu’un jeune homme svelte entra. Mon fils le présenta en disant :

‘Voici notre Frère, Fun Wey, que notre Maître ramena de Chine alors qu’il était encore enfant et que sa vie était sur le point de lui être ôtée. Descendant d’une très vieille famille chinoise, il est capable d’accomplir bien des choses merveilleuses. Il a toujours souhaité nous servir, et nous avons le privilège et le plaisir de l’appeler Frère. Il a l’une des natures les plus joyeuses que j’aie jamais connues.’

« Au petit–déjeuner, il y eut entre autres choses de succulentes fraises avec de délicieux gâteaux aux dattes et aux noix. Nous nous rendîmes dans la grande salle de séjour, et le Maître Eriel me dit :

‘Au moment où votre femme bien–aimée, qui est votre Rayon Jumeau, aurait dû mourir, je vis l’opportunité de lui apporter une certaine assistance qui lui permettrait d’atteindre l’État Ascensionné, et, de cette manière, d’avoir une bien plus grande liberté et une plus grande capacité de service. J’eus le grand privilège et la joie d’apporter cette assistance.

‘J’ouvris le cercueil, la rétablis dans son action consciente et lui permis d’élever le corps. Il avait déjà atteint un haut degré d’épurement, tant était grand son désir de Lumière. C’est son intense adoration pour la Lumière et son désir ardent de Lumière qui rendirent possible son Ascension. Je le lui expliquai le jour où vous avez cru qu’elle était morte.

‘Vous trois fûtes mes enfants dans une ancienne incarnation il y a fort longtemps. Il en résulta un grand amour, qui a perduré à travers les siècles. C’est l’amour profond de votre épouse qui a permis en ce temps l’assistance donnée et l’élévation accomplie.

‘Votre fils, enlevé et détenu en vue d’obtenir une rançon, fut amené jusqu’à ce canyon. Les deux auteurs du rapt commencèrent à se quereller, et l’un d’eux conçut le plan de lui ôter la Vie.

‘J’apparus devant eux et pris l’enfant. Ils furent paralysés par leur propre peur et aucun ne s’en remit. Ils moururent quelques semaines plus tard. Si quelqu’un supprime délibérément la vie d’un autre être humain, ou s’il est déterminé mentalement à le faire, il met en route la cause qui, immanquablement, le privera de la sienne.

‘Désirer la mort d’autrui ou avoir ce sentiment a le même effet, car il se projette vers l’autre, puis commence son voyage de retour vers son émetteur. Très souvent, des individus laissent s’exprimer leur ressentiment contre l’injustice, accompagné du désir intense de débarrasser le monde d’un certain individu. C’est une forme subtile de la pensée de mort, et celle–ci doit revenir vers celui dont elle émane.

‘Très nombreux sont les gens qui amènent leur propre dissolution par cette activité très subtile du soi humain, car jamais personne n’échappe à cette Loi Immuable. Sa réaction a de nombreuses phases, et c’est parce que l’humanité dans sa globalité se laisse aller à de tels sentiments et pensées qu’elle a fait l’expérience de la dissolution du corps, corps après corps.

‘Le nombre d’êtres humains qui meurent de violence physique est infinitésimal par rapport aux morts causées par ces subtiles activités de la pensée, du sentiment et de la parole prononcée. Depuis des milliers d’années, la race humaine s’extermine elle–même de cette manière subtile, parce qu’elle ne veut pas apprendre et ne respecte pas la Loi de la Vie.

‘Il n’est qu’une seule Loi de Vie, c’est l’Amour. L’individu pensant et conscient de soi qui ne veut pas obéir ou n’obéit pas à ce Décret Éternel et Bénéfique, ne peut pas retenir et ne retiendra pas le corps physique, car tout ce qui n’est pas Amour dissout la forme. Qu’il s’agisse de pensée, de parole, de sentiments, d’actes, intentionnels ou non, la Loi s’applique sans exception. Les pensées, sentiments, paroles et actes ne sont chacun qu’une force qui agit et se déplace éternellement sur une orbite qui leur est propre.

‘Si l’homme savait qu’il ne cesse jamais de créer, ne fût–ce qu’un instant, il réaliserait que, par la Présence de Dieu en lui, il pourrait purifier ses mauvaises créations et ainsi se libérer de ses propres limitations.

‘Il file un cocon de discorde humaine autour de lui et s’endort avec, le soir, en oubliant, tout au moins pour un temps, que s’il peut le faire, il peut aussi le défaire. En utilisant les Ailes de son Ame, qui sont Adoration et Détermination, il peut briser les ténèbres qu’il a lui–même créées. S’il le fait, il peut vivre à nouveau au Centre de son Être, dans la Lumière et la Liberté de son Soi Divin.

‘Cependant, en ce qui concerne votre activité et celle de votre famille bien–aimée – je devrais dire : de ma famille bien–aimée – le nuage qui semblait couvert de tant de tristesse s’est retourné, révélant sa doublure glorieuse et dorée. Vous êtes arrivés maintenant dans la Splendeur Radieuse de la Lumière, dont vous ne ressortirez jamais plus.

‘Le plus souvent, si les êtres humains savaient les choses merveilleuses qui leur sont parfois destinées, ils empêcheraient inconsciemment la venue de ce bien supérieur. Vous avez été invité à venir ici non seulement pour retrouver vos proches bien–aimés, mais aussi pour recevoir l’instruction définitive sur l’existence et l’usage du Puissant Pouvoir Divin qui est latent en vous. Tout sera possible pour vous lorsque vous aurez compris comment le libérer et le contrôler.

‘Vos proches bien–aimés se sont servis des Rayons de Lumière et de Son pour communiquer avec vous. La connaissance de son pouvoir vous sera donnée, et, vous aussi, vous pourrez les manier, consciemment et à volonté. Ressentez–le profondément, et quand vous contrôlerez consciemment cet aspect, vous acquerrez la conscience du Puissant Pouvoir Divin qui est prêt à se libérer à tout instant.

‘Il est prévu que vous restiez ici pour six semaines d’étude et que vous retourniez ensuite dans le monde extérieur pour appliquer la compréhension que vous aurez acquise. Revenez quand vous voulez, car vous êtes maintenant l’un des nôtres.’

« Je ne pourrai jamais exprimer en paroles ce que ces six semaines ont signifié pour moi. Je fus stupéfait de découvrir ma propre capacité d’utiliser et d’appliquer l’enseignement d’une telle sagesse. Rapidement, je pris confiance en moi, ce qui rendit les choses beaucoup plus faciles. Ce qui semblait si mystérieux et si inhabituel pour l’humain, je le trouvai naturel et normal avec cette Présence Intérieure stupéfiante.

« J’avais encore à réaliser que j’étais vraiment le Fils de Dieu. En ma qualité de Fils de la Source de tout Bien, l’Energie– Sagesse Illimitée obéissait à mes ordres conscients, et quand je la dirigeais, comme le fait un Maître, elle produisait des résultats immédiats. Au fur et à mesure qu’augmentait ma confiance dans ma propre faculté d’utiliser la Grande Loi, leur accomplissement s’accéléra naturellement et de plus en plus. Je m’émerveille encore de cette Fontaine effusant l’Amour et la Sagesse qui ne cessaient de jaillir de ce Grand Maître. Nous l’aimons avec une dévotion profonde, plus grande que l’amour qui peut exister entre parents et enfants, car le Lien d’Amour qui naît du don de la Compréhension Spirituelle est Éternel, et bien plus profond que tout amour, aussi beau et fort soit–il, généré par l’expérience humaine. Souvent, il nous disait :

‘Si vous voulez faire de vous–mêmes une Fontaine Éternelle d’Amour Divin qui se déverse partout où va votre pensée, alors vous deviendrez un tel Aimant de Tout Bien que vous devrez appeler à l’aide pour le dispenser. La Paix et le Calme de l’Ame effusent un pouvoir qui force l’obéissance de l’esprit extérieur. Il faut le réclamer avec autorité. Notre foyer, ici dans la Vallée Secrète, est en activité depuis plus de quatre mille ans.’

« Un beau jour, après avoir fait un discours remarquable sur la Propriété de Dieu, il me regarda avec insistance et m’invita pour une promenade. Il se dirigea vers le côté de la vallée opposé à celui par lequel nous étions entrés. Près de la paroi sud et parallèlement à elle, une strie courait d’est en ouest ; elle commençait au sol, s’élevant à deux mètres dix environ et s’étendait sur six cents mètres, pour redescendre ensuite au niveau du sol. En nous approchant, je vis que c’était une veine de quartz blanc. Le Maître Eriel se dirigea sur l’endroit où la veine touchait le sol et donna un coup de pied à un morceau de quartz. Je vis qu’il était extrêmement riche en or. Mon amour humain pour l’or tenta de surgir en moi, mais, immédiatement, la Présence Intérieure l’en empêcha. Alors le Maître dit en souriant :

‘Voilà qui est bien. Maintenant, j’ai à faire en Europe et je dois vous quitter momentanément.’ Il sourit et disparut. C’était la première fois qu’il m’avait montré la Pleine Maîtrise qu’il possédait et ce qu’il était capable d’accomplir de la sorte.

« Mon fils apparut immédiatement à l’endroit même où se trouvait Eriel et rit de bon cœur en voyant ma surprise.

‘Mère et moi–même’, dit–il, ‘pouvons prendre notre corps avec nous de la même manière, partout où nous voulons aller. Ne sois pas surpris, c’est une Loi Naturelle, qui ne te semble étrange et inhabituelle que parce que tu ne l’utilises pas encore. Elle n’est pas plus surprenante que l’eût été le téléphone pour les gens du Moyen–Age. S’ils avaient connu la Loi de sa fabrication, ils auraient pu l’utiliser aussi bien que nous le faisons en ce siècle.’

« Depuis cette visite à ma famille dans la Vallée Secrète, j’y suis retourné sept fois. La dernière fois, avant de revenir dans le monde extérieur, le Maître m’a donné votre adresse, ce qui explique la demande que je vous ai faite de venir ici. Il vous invite à vous joindre à moi pour y retourner. »

Mon hôte réalisa soudain qu’il avait parlé pendant plusieurs heures, et il s’excusa d’avoir mis ma patience à contribution. Je lui répondis que, pour ce qui me concernait, les expériences qu’il m’avait rapportées étaient si passionnantes et qu’elles m’avaient tellement intéressé que j’en avais perdu la notion même du temps. J’acceptai sans ambages et avec reconnaissance l’invitation du Maître Eriel à leur rendre visite. Un instant plus tard, un jeune homme élancé entra dans la chambre.

« Permettez–moi de vous présenter notre Frère Fun Wey, déclara mon hôte. » Celui–ci me dit dans un anglais parfait :

« Mon Frère au Cœur de Lumière a fait un long voyage. Mon cœur bondit de joie et d’extase. Mon âme ressent votre sérénité et votre radiation. » S’adressant directement à mon hôte, il poursuivit :

« Sachant que vous étiez occupé, je suis venu pour vous servir. »

« Nous aurons grand plaisir à rompre le pain avec vous », répondit mon ami en se tournant vers moi, et ensemble nous nous rendîmes dans la salle à manger. Notre dîner fut délicieux, et quand nous eûmes terminé, mon hôte reprit sa narration en relatant nombre d’expériences qu’il avait faites avec Eriel. Elles étaient vraiment remarquables, c’est–à–dire si on les considère du point de vue humain de notre conscience, mais vu sous l’angle de notre Divinité, tout n’était et n’est que suprêmement naturel.

Soudain, un Rayon de Lumière ou plutôt un Tube de Lumière entra dans la salle, et, par la conversation, je sus que parlait le Rayon Jumeau de mon hôte. Quelques instants plus tard, le Rayon se tourna vers moi, et mon hôte dit :

« Bien–aimée, permets–moi de te présenter le Frère que notre Maître Eriel m’a demandé de rencontrer. »

Je vis son Rayon Jumeau et l’entendis aussi clairement que si elle avait été dans la pièce d’à côté. Ce mode de communication fut réellement une expérience très heureuse ; il est possible de condenser la Lumière de telle manière qu’elle forme un tube par lequel peuvent se transmettre le son et la vision. Ce tube était aussi réel qu’un projecteur.

Mon hôte insista pour que je m’installe dans sa maison jusqu’au jour de notre départ pour la montagne. Au septième jour suivant notre rencontre, nous partîmes avant l’aube, et ce fut l’une des expériences les plus mémorables que j’avais vécues jusque–là. Tout ce qu’il m’avait dit se confirma jusqu’au moindre détail.

Notre arrivée dans la vallée secrète fut un événement des plus joyeux ; grand était notre bonheur. Je rencontrai le Rayon Jumeau de mon hôte et leur fils. Puis on me fit voir l’ancien édifice où tant d’étudiants avaient reçu la véritable compréhension des Lois de l’Être et avaient accédé à leur Liberté Éternelle.

C’était une sensation merveilleuse de se trouver à l’endroit où le Grande Puissance Divine avait été focalisée pendant tant de siècles et où les Maîtres Ascensionnés avaient établi une retraite pour certaines de leurs œuvres. Assis, je contemplais les bienfaits prodigués aux étudiants qui avaient eu le privilège de venir en ce lieu, quand le Maître Eriel s’adressa à moi :

« Mon Fils », commença–t–il, « vous approchez d’une merveilleuse libération. Tenez–vous bien à l’acceptation permanente de votre propre Présence Maîtresse qui demeure en vous, et vous n’aurez qu’à vous en réjouir grandement. » Il tendit sa main droite, et le voile entre le visible et l’invisible s’écarta.

« Je veux que vous voyiez », poursuivit–il « comme nous qui sommes Ascensionnés, l’activité sublime et majestueuse de notre Monde. Ici, en tant que Fils de Dieu, nous en portons témoignage en permanence, car il n’y a en nous plus de doute, de crainte ou d’imperfection. »

Je me souviendrai toujours de la joie et du privilège qui furent les miens pendant les jours que je passai avec ces gens merveilleux.

« Chaque jour », dit Eriel, « vous serez témoin de l’utilisation des Rayons de Lumière et de Son, qui suppriment temps et espace et que l’humanité est appelée à employer dans un futur proche, aussi naturellement qu’elle utilise aujourd’hui le téléphone. C’est l’une des activités les plus étonnantes que l’individu puisse apprendre à diriger. Un Rayon de Lumière peut être attiré et dirigé de sorte qu’il serve de crayon pour écrire sur du métal ou dans le ciel, et les écrits demeurent visibles aussi longtemps que leur auteur le souhaite.

« Quand l’étudiant est assez fort pour résister aux opinions du monde de l’ignorance, alors il est prêt à témoigner des merveilles des activités individuelles de Dieu manifestées par les Maîtres Ascensionnés.

« Tant qu’il ne peut pas le faire, le pouvoir de la suggestion et le rayonnement du doute provenant d’autrui le perturberont par intermittence à tel point qu’il abandonnera souvent la quête de la Vérité. L’interruption du flux constant de l’instruction entraîne la discorde. Et la discorde est l’obstacle, la voie dissimulée par laquelle la force sinistre sur cette Terre pénètre dans l’activité extérieure de l’étudiant qui a pris la décision de faire face à la Lumière.

« Cette activité est très subtile parce que c’est un sentiment qui s’insère chez l’individu avant même qu’il ne prenne conscience de son existence. Il persiste de façon incroyable et se développe de manière si insidieuse qu’on ne réalise ce qui se passe que lorsque sa dynamique est déjà bien active.

« Ce sentiment commence par un doute léger. Or le doute n’a besoin d’être ressenti que deux ou trois fois pour devenir de la méfiance. La méfiance tourbillonne une fois ou deux dans le corps émotionnel, puis elle fait place à la suspicion, et la suspicion est autodestruction.

« Souvenez–vous–en, mon fils, lorsque vous retournerez dans le monde extérieur ; cela vous servira de bouclier pour traverser toutes les expériences de la Vie, en vous conservant exempt de discorde. Quiconque émet la suspicion sera suspecté à son tour, parce que chacun ne trouve dans son monde que ce qu’il y a mis. C’est, partout dans l’Univers, l’Irrévocable Décret Éternel. Toutes les impulsions de la conscience reviennent vers le point central qui les a émises. Même un atome ne peut pas y échapper.

« L’étudiant véritable de la Lumière fait face à la Lumière, il la projette devant lui, voit sa Radiance Enveloppante partout où il va et l’adore constamment. Il se détourne du doute, de la peur, de la suspicion et de l’ignorance de l’esprit humain et ne connaît que la Lumière. C’est sa Source, son Véritable Soi. »

Sur ces mots, Eriel prit congé de moi, et je retournai à la routine quotidienne de ma vie extérieure.

Chapitre VIII
La Puissance Omniprésente de Dieu

Le lendemain, je reçus une communication par laquelle je me trouvai engagé dans une activité commerciale exigeant tout mon temps et toute mon attention. La seule perspective d’y participer me réjouit vivement, et je m’y lançai avec enthousiasme. J’en éprouvai une sensation rafraîchissante, stimulante, chose que je n’avais jamais connue jusque–là dans mon expérience des affaires.

Au cours de cet engagement, j’entrai en contact personnel avec un homme au caractère très dominateur. Toute son attitude en affaires visait à réaliser par la force son désir, si celui–ci rencontrait quelque opposition ou qu’il ne pouvait être satisfait par l’intrigue.

Il ne croyait qu’en la puissance de son propre intellect et de sa volonté humaine ; il ne connaissait et ne se fiait à rien d’autre. Il n’hésitait jamais à écraser ou ruiner les personnes en travers de son chemin, de sa réussite, et recourait à tous les moyens pour arriver à ses propres fins égoïstes.

Je l’avais rencontré quelque trois ans avant que l’expérience qui suit n’arrivât. À cette époque, je m’étais senti quasi impuissant en sa présence, tant était puissant le sentiment de domination qu’il émettait en permanence. Toutefois, malgré mon propre sentiment à son égard, je savais que sa domination sur les autres n’était que force focalisée dans l’activité extérieure. Je fus quelque peu troublé lorsque je me rendis compte que je devrais collaborer avec lui. Je cherchai immédiatement le moyen de traiter avec lui en appliquant la Loi Divine, quand la Voix Intérieure me dit clairement :

« Pourquoi ne pas laisser le Puissant Dieu Intérieur prendre en mains cette situation et la régler ? Cette Puissance Intérieure ne connaît aucune domination ; elle est toujours invincible. »

J’en fus très reconnaissant et confiai tout à Sa direction. Je rencontrai l’homme en question en compagnie de deux autres et acceptai d’aller avec eux inspecter une mine située dans un état éloigné. Je pressentais qu’elle était de grande valeur. La propriétaire était une dame âgée, dont le mari était décédé des suites d’un accident survenu dans la mine quelques mois auparavant.

Il avait laissé les choses dans un état précaire, et notre ami dominateur était déterminé à acheter la mine à ses propres conditions, pas très honnêtes. Nous arrivâmes sur les lieux le lendemain vers deux heures, après un long voyage en voiture. Nous rencontrâmes la propriétaire, qui, je le réalisais, était une âme bénie, authentique et honorable.

Dès lors, je pris la ferme décision qu’elle devrait obtenir un accord correct pour la propriété et en recevoir toute sa valeur. Elle nous invita pour un agréable déjeuner, après quoi nous allâmes inspecter la mine en passant à travers chantiers, galeries, puits et fronts de taille. Plus j’observais, plus j’étais convaincu que quelque chose clochait. L’atmosphère même semblait me le souffler.

J’étais certain qu’un riche filon avait été découvert sans que la propriétaire en eût été informée. D’une certaine manière, je sus qu’en secret, l’acheteur avait chargé l’un des ouvriers de surveiller les recherches et que, pendant les semaines d’observation, celui–ci avait gagné la confiance du surintendant. Mon cœur me dit que ce dernier était un homme bon, mais, spirituellement parlant, peu éveillé.

Alors que nous lui parlions, mon Soi Divin me dévoila tout ce qui s’était passé. Peu de temps auparavant, alors que ces deux personnes procédaient à une inspection de la mine, ils étaient arrivés à un endroit où les tirs de mine avaient ouvert une brèche en face d’une galerie conduisant directement au cœur de la montagne. L’explosion s’était produite en révélant un veine de quartz à forte teneur en or. Le surintendant allait se précipiter vers la sortie pour l’annoncer à la propriétaire lorsque l’ouvrier espion l’interpella :

« Attendez ! Je connais l’homme qui va acheter la mine. Si vous voulez garder votre emploi, ne parlez pas de ce filon. Je m’arrangerai pour que, non seulement, vous restiez à votre poste de chef de chantier, mais qu’aussi vous receviez cinq mille dollars. De toute manière, la vieille dame aura assez pour assurer sa subsistance. » Craignant de perdre son emploi, le directeur avait accepté.

Au cours de notre inspection de la mine, nous arrivâmes à l’extrémité de la galerie principale, et je ressentis fortement que où il aurait été dangereux de travailler. Tel avait été le rapport fait à la propriétaire par les deux complices. Alors que, nous trouvant à cet endroit, je parlais aux autres, ma Vision Intérieure s’ouvrit et me dévoila tout ce qui s’était passé : le riche gisement, son camouflage, l’offre au chef de chantier et son acceptation. J’étais reconnaissant de voir se confirmer mon pressentiment, mais je sus aussi que je devais attendre. Nous retournâmes à la résidence de la propriétaire, où les négociations commencèrent. L’acheteur ouvrit la discussion en déclarant :

« Madame Atherton, combien voulez–vous pour votre propriété ? »

« Je l’estime à deux cent cinquante mille dollars » répondit–elle avec courtoisie et gentillesse.

« Absurde ! » ! s’écria–t–il, « complètement absurde, ridicule. Elle n’en vaut pas la moitié. » Il poursuivit sur le même ton pendant quelques instants, fulminant comme à son habitude. Cette tactique avait fonctionné très souvent dans le passé. Fidèle à lui–même, il contesta, tempêta et finit par dire :

« Madame Atherton, vous vous trouvez dans la situation de quelqu’un qui doit vendre ; je vais être généreux et vous en offre cent cinquante mille dollars. »

« Je vais y réfléchir », répondit–elle, très intimidée par cette attitude dominatrice et bravache, au point qu’elle commença à en accepter l’idée, cédant à son arrogance et à l’impudence. Il remarqua son hésitation et, immédiatement, se mit à exercer une forte pression.

« Je ne peux pas attendre », continua–t–il, « mon temps est précieux. Vous devez vous décider sur–le–champ, ou l’affaire ne se fait pas. »

Il sortit les documents de sa poche et les déposa sur la table. Madame Atherton eut un air d’impuissance. Je lui fis ‘non’ de la tête, mais elle ne me vit pas. Le contrat était là, sur table. Madame Atherton traversa la pièce, approcha une chaise, prête à signer. Je savais que si je voulais la protéger, je devais agir tout de suite. Je m’approchai d’elle et m’adressai à notre ami dominateur.

« Un instant », dis–je, « ou vous payez à cette chère dame le prix que vaut sa mine, ou vous ne l’aurez pas. » Il retourna alors son courroux contre moi et recourut à sa tactique habituelle, m’accablant d’invectives mordantes.

« Je voudrais bien savoir qui pourra m’empêcher de l’avoir à mon prix », rétorqua–t–il. Je sentis surgir en moi, telle une montée de lave, le Puissant Pouvoir Divin Intérieur. Grâce à Lui, je restai de marbre devant cette tirade vindicative, et répliquai :

« Dieu vous en empêchera. »

Cette réponse le fit éclater de rire. Il continua, tapageur, cynique, insultant. J’attendis calmement.

« Pauvre fou ! », reprit–il dans un nouvel éclat de colère, « vous pouvez égrener vos niaiseries divines ! Ni vous, ni Dieu, ni rien au monde ne peut m’arrêter. J’obtiens ce que je veux, et je l’obtiens de toutes les manière. Personne ne m’a jamais encore arrêté. » Son arrogance semblait sans limites, et il se retrouvait, corps et esprit, victime de ses émotions. Sa raison était incapable de fonctionner, comme c’est toujours le cas sous l’empire d’un sentiment incontrôlé, sinon, elle l’aurait incité à ne pas poursuivre ses insultes.

Je ressentis à nouveau l’expansion de la Puissance Divine. Cette fois, elle se fit de plus en plus forte, jusqu’à ce que, tel un clairon, la Puissante Voix Intérieure de mon Soi Divin, se mît à dévoiler la Vérité sur toute la transaction et la tromperie à la mine.

« Madame Atherton », dis–je, « vous avez été victime d’une grave tromperie. Vos employés ont découvert un riche filon. Cet homme avait un espion parmi eux, qui a soudoyé votre surintendant pour qu’il garde le silence. » Le chef de chantier et les autres blêmirent et restèrent sans voix pendant que mon Soi Intérieur continuait à révéler leur tricherie. Tel qu’en lui–même, l’acheteur potentiel m’interrompit brutalement et, dans sa colère sauvage, cria :

« Vous mentez. Je vais vous assommer pour être intervenu de la sorte. » Il leva sa canne d’acier et, comme je tendais la main pour m’en emparer, une Flamme Blanche en fusa soudain, l’atteignant en plein visage. Il tomba au sol comme frappé par un éclair. Alors, mon Puissant Soi Divin, avec toute l’autorité de l’éternité, s’exprima de nouveau, majestueux et puissant :

« Que personne ne bouge dans cette pièce, sans en avoir la permission ! Mon soi extérieur, non plus moi mais Dieu en Action, se dirigea à l’endroit où gisait l’homme et poursuivit en disant :

« Grande Ame dans cet homme, je te parle ! Trop longtemps, tu as été prisonnière de son soi personnel, dominateur. Révèle–Toi maintenant ! Prends le commandement de son esprit et de son corps ! Redresse les nombreuses tromperies qu’il a commises dans sa vie présente. Que, dans l’heure qui suit, cette forte création extérieure de discorde et d’injustice, qu’il a bâtie, se consume ! Plus jamais, il ne dupera ou ne dominera humainement un autre enfant de Dieu ! Au soi extérieur, je dis : ‘réveille–toi dans la paix, l’amour, la bonté, la générosité et la bonne volonté envers tout ce qui vit.’ »

Le visage de l’homme reprit lentement des couleurs et ses yeux s’ouvrirent, empreints d’un étrange égarement. Dieu en moi, qui me dirigeait encore, le prit doucement par la main et, tout en le soutenant par le bras, le conduisit vers un fauteuil confortable. A nouveau, Il ordonna :

« Mon Frère ! Regarde–moi. »

Il leva les yeux vers les miens, et, dans un tressaillement du corps, dit d’une voix à peine audible : « Oui, j’ai vu. Je comprends combien j’ai eu tort. Que Dieu me pardonne ! » Il cacha son visage dans ses mains, silencieux et honteux. Des larmes commencèrent à couler entre ses doigts ; il pleura comme un enfant.

« Tu payeras à cette chère dame un million de dollars », continua Mon Soi Divin, « et tu lui donneras une participation de dix pour cent dans la mine, car le gisement découvert récemment a des réserves d’au moins dix millions en minerai d’or. » Avec une grande humilité et une douceur étrange, il répondit :

« Que cela soit fait maintenant. » Il demanda cette fois à ses hommes, au lieu d’ordonner selon son ancienne habitude, de rédiger les documents conformément aux instructions. Madame Atherton et lui y apposèrent leur signature pour conclure la transaction.

Je me tournai vers les autres dans la pièce et constatai à l’expression de leur visage qu’ils s’étaient tous élevés en conscience au point de voir au–delà du voile humain, et chacun dit :

« Que Dieu m’aide ! Jamais plus je n’essaierai de tromper mon prochain ou de lui faire tort. » Ils venaient d’être élevés à reconnaître et accepter complètement le Soi Divin en chacun.

Quand ces évènements se produisirent, l’après–midi était déjà bien avancé. Madame Atherton invita cordialement ses visiteurs à passer la nuit chez elle et à l’accompagner le lendemain à Phoenix pour y faire enregistrer l’acte de vente. Après le dîner, nous nous réunîmes dans le grand séjour autour d’une grande cheminée. Chacun cherchait sincèrement à mieux comprendre les Grandes Lois Cosmiques de la Vie.

Ils me demandèrent comment j’étais parvenu à ce type de connaissance. Je leur parlai du Maître Saint–Germain et de la façon dont je l’avais rencontré. Je relatai quelques–unes de mes expériences sur le mont Shasta et comment, au cours d’une conversation sur la Grande Loi Cosmique, il avait dit :

« Mon Fils, la Grande Loi Cosmique ne fait pas plus de différence que la table de multiplication lorsque quelqu’un fait une erreur d’application, ou que l’électricité si quelqu’un ignore la loi qui gouverne son utilisation et cherche à en utiliser la force sans savoir comment la contrôler.

« Les Grands Décrets Immuables, qui pour toujours maintiennent l’ordre dans le Royaume Infini de la Vie manifestée, sont tous fondés sur le Grand et Unique Principe de Création, l’AMOUR. C’est le Cœur, la Source de Tout, et le Centre même sur lequel prend place l’existence dans la forme.

« L’Amour est Harmonie, et s’il n’est pas au départ d’une forme, celle–ci ne peut pas du tout accéder à l’existence. L’Amour est le Pouvoir de cohésion de l’Univers, et sans lui, un Univers ne pourrait exister.

« Dans votre monde scientifique, l’Amour s’exprime en tant que force d’attraction entre les électrons. C’est l’Intelligence directrice qui leur donne la Volonté de se mouler dans la forme, c’est la Puissance qui les fait tourbillonner autour d’un noyau central et c’est le Souffle à l’intérieur du noyau qui les attire vers lui. La même chose est vraie pour tout vortex de force partout dans la création.

« Un noyau central et les électrons tourbillonnant autour de lui constituent un atome. Ce noyau d’Amour est à l’atome ce que le pôle magnétique est à la Terre et ce que la colonne vertébrale est au corps humain. Sans noyau central ou Cœur Central, il n’y a que la Lumière Universelle, informe, les électrons remplissant l’Infini et tourbillonnant autour du Grand Soleil Central.

« L’électron est Pur Esprit ou Lumière de Dieu. Il demeure pour toujours Parfait et Libre de toute souillure. Il est éternellement Auto–entretenu, Indestructible, Auto–luminescent et Intelligent. S’il ne l’était pas, il ne pourrait obéir et n’obéirait pas à la Loi, qui est l’activité directrice de l’Amour. Il est Energie–Lumière, Immortelle, Éternellement Pure, Intelligente, la seule Substance Vraie et Réelle, dont toutes choses sont faites dans l’Univers. C’est l’Essence de Vie de Dieu, Éternellement Parfaite.

« L’espace interstellaire est rempli de cette pure Essence de Lumière. Il n’est pas sombre et chaotique, comme le prétend le concept ignorant et limité de chétifs intellects humains. Cette Grande Mer de Lumière Universelle qui existe partout à travers l’Infini est attirée en permanence dans la forme, et il lui est donné une qualité d’une sorte ou d’une autre, selon la manière dont les électrons sont maintenus, par l’Amour, autour d’un point ou noyau central.

« Le nombre d’électrons qui se combinent les uns avec les autres dans un atome donné est déterminé par la pensée consciente, et c’en est le résultat. Leur fréquence à laquelle ils tourbillonnent autour du noyau central est déterminée par le sentiment. L’intensité de l’attraction et du mouvement tourbillonnant à l’intérieur du noyau central est le Souffle de Dieu et, par suite, l’activité la plus concentrée de l’Amour Divin. En termes scientifiques, on dirait la force centripète. Ce sont les facteurs déterminants qui font la qualité d’un atome.

« Ainsi, vous voyez que l’atome est une entité, une chose vivante et respirante, créée ou amenée à l’existence par le Souffle, l’Amour de Dieu, à travers la Volonté d’une Intelligence Consciente de Soi. De cette manière, le ‘Verbe s’est fait chair’. Le mécanisme dont se sert l’Intelligence Consciente de Soi pour accomplir cette manifestation de son Être est la pensée et le sentiment.

« La pensée destructrice et le sentiment discordant modifient le rapport et la fréquence de rotation des électrons à l’intérieur de l’atome, de telle sorte que la durée du Souffle de Dieu à l’intérieur du pôle en est affectée. La durée du Souffle est décrétée par la Volonté de la Conscience qui utilise ce type d’atomes particulier. Si cette Volonté Directrice Consciente se retire, les électrons perdent leur polarité et se dispersent pour chercher – intelligemment, notez– le – leur chemin de retour vers le Grand Soleil Central et se polariser eux–mêmes. Là–haut, le Souffle de Dieu ne cesse jamais, et ils ne reçoivent qu’Amour ; l’Ordre, qui est la Loi Première, s’y maintient éternellement.

« Certains scientifiques ont prétendu et enseigné que les planètes entrent en collision dans l’espace. Une telle chose est impossible. Si c’était le cas, cela reviendrait à précipiter dans le chaos tout le Plan de Création. Il est vraiment heureux que les Puissantes Lois de Dieu ne se limitent pas à l’opinion de certains des enfants de la Terre. Ce que pensent les scientifiques, mondains ou autres, est sans importance ; la Création de Dieu ne cesse jamais d’avancer et d’exprimer toujours plus de Perfection.

« La pensée constructive et le sentiment harmonieux à l’intérieur de l’esprit et du corps humains sont les activités de l’Amour et de l’Ordre. Celles–ci permettent aux électrons de maintenir constants leurs Parfaits Rapport et Fréquence de rotation à l’intérieur de l’atome, et donc de rester polarisés à leur emplacement particulier dans l’Univers, aussi longtemps que la durée du Souffle de Dieu à l’intérieur de leur noyau se maintient par la Volonté de l’Intelligence Directrice Consciente de Soi utilisant le corps dans lequel ils existent. De cette manière, la qualité de Perfection et le maintien de la Vie dans un corps humain sont toujours sous le contrôle conscient de la Volonté de l’individu qui l’occupe. La Volonté de l’individu sur son temple est suprême, et même en cas d’accident, personne ne quitte son corps ou temple avant de l’avoir décidé. Très souvent, une souffrance dans le corps, la peur, l’incertitude et bien d’autres choses incitent la personne à changer ses décisions, prises antérieurement, mais tout ce qui arrive au corps est et sera toujours sous le contrôle du libre arbitre de l’individu.

« Pour comprendre l’explication précédente au sujet des électrons et le contrôle conscient qu’en a l’individu par ses pensées et sentiments afin de gouverner la structure atomique de son propre corps, il lui faut comprendre le Principe Unique régissant la forme à travers tout l’Infini. Quand l’homme fera l’effort de se le prouver à lui–même ou à l’intérieur de son propre corps atomique de chair, alors il commencera à se maîtriser lui–même. Lorsqu’il y sera parvenu, tout dans l’Univers collaborera de bon gré à l’accomplissement de tout ce qu’il voudra par Amour.

« Quiconque se fait volontairement le serviteur de la Loi d’Amour a constamment la Perfection présente dans son esprit et dans son monde. À lui, et à lui seul, appartiennent toute Autorité et toute Maîtrise. Il a seulement le droit de régner parce qu’il a appris tout d’abord à obéir. Quand il a acquis l’obéissance de la structure atomique à l’intérieur de son esprit et de son corps, alors toute structure atomique extérieure à son esprit et à son corps lui obéira aussi.

« Ainsi, par la pensée et le sentiment, l’homme, chacun en soi–même, a le pouvoir de s’élever au plus haut ou de descendre au plus bas. Chacun détermine seul son propre chemin d’expérience. Par le contrôle conscient de son attention sur ce qu’il permet à son esprit d’accepter, l’homme peut marcher et dialoguer avec Dieu, face à Face, ou se détourner de Lui et tomber plus bas que les animaux en plongeant sa conscience humaine dans l’oubli. Dans ce dernier cas, la Flamme Divine qui est en lui se retire alors de sa demeure humaine. Après des éons, il tentera une fois de plus un voyage humain dans le monde de la matière physique, jusqu’à ce qu’il remporte consciemment la victoire finale par son libre arbitre. »

Je leur parlai des possibilités illimitées que Saint–Germain m’avait montrées, qui étaient là pour que l’humanité les réalise, pour autant qu’elle soit disposée à accepter la Grande Présence Divine en chaque individu en tant que puissance dirigeante et accomplissante. L’acheteur de la mine me demanda pourquoi j’employais si souvent le mot ‘acceptation’ ; je lui rappelai les paroles que Saint–Germain avait dites pour me l’expliquer :

« Même dans l’activité extérieure de votre Vie, quand vous achetez quelque chose de merveilleux et parfait ou qu’il vous est offert, si vous ne l’acceptez pas, il vous sera impossible de l’utiliser ou d’en tirer profit. Il en va de même pour la Grande Présence Divine en nous. Tant que nous n’acceptons que notre Vie est la Vie de Dieu, et que toutes force et énergie avec lesquelles nous réalisons toutes choses sont la Force et l’Energie de Dieu, comment pourrions–nous avoir dans notre monde les Qualités et les accomplissements de Dieu ?

« En tant que Fils de Dieu, il nous est ordonné de choisir qui nous allons servir, la Puissante Présence de Dieu en nous ou le soi humain extérieur. La gratification des sens et appétits humains a pour conséquence et seul résultat la misère et la destruction.

« Tout Désir Constructif est en réalité le Soi Divin Intérieur qui presse la Perfection vers le soi extérieur, pour son usage et son plaisir. La Grande Energie de Vie coule en nous constamment. Elle apporte joie et bonheur si nous l’orientons vers des réalisations constructives. Si, au contraire, elle se dirige vers la satisfaction des sens, elle ne produit rien d’autre que de la misère, car telle est l’action de la Loi : Impersonnelle Energie de Vie.

« Rappelez constamment à l’activité extérieure de votre esprit que vous êtes Vie, Dieu en Action, en vous et dans votre monde. Le soi personnel ne cesse de revendiquer la propriété du pouvoir et des choses, alors que l’Energie même par laquelle il existe lui est prêtée par le Soi Divin. Dans son activité extérieure personnelle, le soi humain n’est même pas propriétaire de sa peau. Les atomes mêmes de son corps proviennent de la Grande Mer de Substance Universelle ; ils lui sont prêtés par la Suprême Présence de Dieu.

« Exercez–vous à rendre tout pouvoir et toute autorité à la Grande et Glorieuse Flamme Divine, qui est votre Soi Réel et la Source dont vous avez toujours reçu toutes bonnes choses. »

Nous parlâmes jusqu’à deux heures du matin, quand je leur suggérai d’aller dormir. Personne ne voulait, mais je leur dis :

« Vous dormirez dans les bras de Dieu. » Le lendemain matin, ils furent tout surpris de constater avec quelle rapidité ils s’étaient endormis.

Nous nous levâmes à sept heures et prîmes le chemin de Phoenix. Une fois l’acte de vente enregistré, je déclarai que je devais les quitter, mon travail avec eux étant momentanément terminé. Ils furent tous très reconnaissants et désireux d’en savoir plus. Je promis de rester en contact et de continuer à les aider, selon ce que m’ordonnerait Saint–Germain. Alors que j’étais en train de partir, l’acheteur de la mine se tourna vers moi et me dit :

« Peu importe ce qu’on pense de moi, je veux vous embrasser et vous remercier du fond du cœur d’avoir sauvé de la ruine mon soi extérieur et de m’avoir fait découvrir la Grande Lumière. » Je m’inclinai humblement et lui répondis : « Remerciez Dieu. Je ne suis que le canal. Dieu seul est la Grande Présence et le Pouvoir qui font bien toutes choses. » Madame Atherton, s’adressant à moi, exprima son sentiment :

« Je glorifie et remercie Dieu en vous pour sa Puissante Présence Protectrice. Jamais de ma vie, je ne cesserai de remercier Dieu et vous–même pour la Lumière que cette expérience nous a apportée à tous. »

« Je suis certain que nous nous rencontrerons tous à nouveau », répondis–je, et après avoir dit au revoir à chacun, je dirigeai mes pas une nouvelle fois vers le mont Shasta et arrivai chez moi au soir du second jour.

Deux semaines plus tard, je ressentis la vive impulsion de faire une fois encore le voyage au lieu de rendez–vous avec le Maître Saint–Germain. Je partis à quatre heures du matin et arrivai à l’entrée de la forêt dense vers neuf heures.

Je n’avais pas fait vingt pas dans la forêt que, déjà, le cri plaintif de mon amie la panthère résonna à mes oreilles. Ma réponse fut rapide. D’un bond, elle fut à mes côtés et me fit fête comme à un ami de toujours. Nous continuâmes vers notre lieu de rendez–vous.

Je remarquai que la panthère était fébrile et se comportait comme si elle était sous l’influence d’une agitation intérieure. C’était tout à fait inhabituel, car elle avait toujours été très calme en ma présence. Je lui tapotai et caressai la tête, mais rien n’y fit. Je m’assis et nous déjeunâmes.

« Allons–y, mon amie », lui dis–je une fois le repas terminé, « faisons une promenade ! » Elle me regarda fixement et longuement ; son regard avait l’expression la plus pathétique que je lui avais jamais vue. Je n’arrivai pas à le comprendre.

Après avoir parcouru une certaine distance, nous arrivâmes au pied d’une falaise, haute de cinq mètres environ, au sommet de laquelle saillait un rocher. Quelque chose me poussa à regarder la panthère ; ses yeux avaient l’air féroce et sauvage. Je perçus comme une sorte de tension dans l’atmosphère, mais ne réalisai pas quelle en était la cause. Je fis quelques pas, et un frisson me glaça le dos. Levant les yeux, je vis un lion des montagnes replié sur lui–même, prêt à sauter. L’instant d’après, il bondit vers moi. Je me jetai contre la paroi, et le lion atterrit au–delà de l’endroit où je m’étais trouvé. Rapide comme l’éclair, la panthère fondit sur le lion et un combat mortel s’engagea.

La violence de l’affrontement qui suivit fut indescriptible. Ce ne furent que cris de fureur et de rage, coups de griffes, morsures et étreintes sauvages. Beaucoup plus lourd, le lion sembla un moment prendre le dessus. Cependant, plus rapide, la panthère parvint à se dégager. Il y eut un bref temps d’arrêt, puis la panthère saisit sa chance, et d’un bond, se retrouva sur le dos du lion et lui planta ses crocs juste derrière les oreilles.

La panthère tenait sa prise dans sa mâchoire d’acier, et après s’être débattu, le lion faiblit, et le combat cessa. La panthère, le flanc profondément déchiré, vint à moi en chancelant. Elle me regarda ; toute fureur avait disparu de ses yeux, mais elle aussi s’affaiblissait. Une expression de contentement passa sur son visage, et soudain, dans un gémissement, elle mourut à mes pieds.

Je restai figé, pleurant en silence la perte de mon amie, à qui je m’étais attaché presque autant qu’à un compagnon humain. Quelques secondes plus tard, je relevai la tête et vis Saint– Germain, debout à mes côtés.

« Mon Frère bien–aimé, ne soyez ni triste ni consterné », dit–il. « A votre contact, la panthère avait tellement stimulé sa conscience qu’elle ne pouvait plus rester dans son corps présent, et la Grande Loi Cosmique exigea d’elle de vous rendre quelque service. C’est ce qu’elle a fait en vous sauvant la vie. Tout est bien, vraiment. » Du pouce de sa main droite, il me toucha le front.

« Soyez en paix », continua–t–il. Mon chagrin me quitta, et je me sentis soulagé. « La Grande Loi Cosmique est infaillible. Nous ne pouvons pas recevoir sans donner, ni donner sans recevoir. Ainsi se maintient le Grand Équilibre de la Vie.

« Je vous félicite sincèrement pour le service que vous avez rendu à la mine et pour votre sérénité en cette occasion. Tous les participants à cette transaction deviendront de grands serviteurs de l’humanité.

« Bientôt, vous serez appelé à rendre un service bien plus grand que tous ceux que vous avez rendus jusqu’ici. Quand vous le ferez, souvenez–vous toujours que ce sont le Pouvoir et l’Intelligence de Dieu qui agissent et que votre esprit et votre corps n’en sont que les canaux.

Jusqu’à ce que vous abordiez cette expérience, méditez sans cesse sur la Puissance Illimitée de Dieu qui peut s’exprimer à travers vous à n’importe quel moment.”

Je lui demandai quelle était l’attitude du Maître Ascensionné par rapport aux nombreux canaux qui transmettent une Vérité partielle, et il répondit :

« Il y a beaucoup de canaux sincères. Certains ont plus de compréhension que d’autres. Tous sont des enfants de Dieu qui servent au mieux de leur capacité et avec la compréhension dont ils disposent. Nous ne devons juger personne, mais ne voir que Dieu s’exprimant en chacun. Nous nous efforçons de bénir toute activité, où qu’elle soit. Nous voyons la Lumière Intérieure rayonnant à travers ces activités, et cela fait que nous ne nous trompons jamais pour savoir si elles font entendre la vérité ou non.

« Il en va de même pour les individus. Ceux qui offrent leur service au Nom de Jésus–Christ Ascensionné recevront toujours une force de soutien plus qu’ordinaire. »

Nous fîmes encore quelques pas, quand il me dit : « Venez, je vais vous accompagner à la maison. Passez votre bras autour de mon épaule ». Ce que je fis. Je sentis alors mon corps s’élever du sol. En quelques instants, je me retrouvai dans ma chambre, Saint–Germain souriant à mes côtés de ma surprise.

« Venez me voir dans sept jours », dit–il, « à notre lieu de rencontre, car alors, nous terminerons notre travail dans cette partie du pays. » Il sourit, s’inclina avec grâce et disparut lentement de ma vue. La dernière chose que je vis furent ses yeux superbes, qui me souriaient.

En vue de mon prochain service, je méditai quotidiennement sur la Grande Présence Divine Intérieure, et je réalisai toujours plus combien il était important de garder mon attention fixée seulement sur cette Présence, quelles que soient les apparences, afin de rester inaccessible à toute condition extérieure. Au cours d’une des conversations avec Saint–Germain, il avait particulièrement souligné l’importance de maintenir mon soi extérieur en harmonie. A cet égard, il avait dit :

« Mon fils, vous ne pouvez pas vous rendre compte combien est grande la nécessité de conserver l’harmonie du soi extérieur, si vous voulez que la Perfection et la Force Intérieures s’expriment pleinement dans votre vie extérieure. On ne peut jamais insister assez sur l’importance de maintenir un sentiment de paix, d’Amour et de sérénité dans le soi personnel. Lorsque ce sentiment est présent, la Puissante Présence du Dieu Intérieur peut agir sans limites, en un instant.

« Répandre continuellement et inconditionnellement un sentiment de Paix et d’Amour Divin sur toute personne et toute chose, que vous pensiez qu’elle le mérite ou non, est la Clef Magique qui ouvre la porte à cette extraordinaire Puissance Divine Intérieure et la libère. Heureux est celui qui a appris cette Loi, car il voudra ÊTRE tout Amour et toute Paix. Sans cela, l’humanité n’a rien de bien, et avec, elle a toutes choses Parfaites. L’Harmonie est la Note fondamentale, la Seule et Grande Loi de Vie. C’est sur elle que repose toute Manifestation Parfaite ; sans elle, toute forme se désintègre et retourne à la Grande Mer de Lumière Universelle. »

Pendant ces sept jours, je passai beaucoup de temps à méditer. Je sentais la paix grandir toujours plus en moi, jusqu’à ce que, au terme du sixième jour, ce fut comme si ma conscience entière ressemblait à une mer d’huile.

Je quittai mon logement à quatre heures du matin, le septième jour, et arrivai au lieu de rendez– vous à dix heures trente. Je m’assis sur un tronc en attendant, habité par un sentiment d’allégresse qui, je le savais, était le fruit de la méditation. J’étais si profondément plongé dans la contemplation de mon Soi Divin que je n’entendis personne s’approcher, avant qu’une voix ne m’en sortît.

Je levai les yeux, et vis un vieil homme, à barbe et cheveux blancs, qui, à première vue, semblait être un vieux prospecteur, bien que ses vêtements fussent trop propres pour cette occupation. Il s’approcha et me tendit la main, ce qui confirma mon impression : il n’était pas un manuel. Nous nous saluâmes, parlâmes quelques instants de tout et de rien ; puis il se tourna vers moi et me dit :

« Mon ami, je voudrais vous raconter une histoire. Ce ne sera pas long. Je ne l’ai racontée à quiconque depuis fort longtemps. Je voudrais essayer de le faire encore une fois. »

A ce moment–là, je commençai à sentir beaucoup d’intérêt à l’écouter. Il me parut qu’il pouvait avoir soif, et, alors que je tendais la main pour prendre un verre et lui offrir de l’eau de la fontaine à côté de laquelle nous nous trouvions, une coupe de cristal se forma dans ma main, semblable à celle que Saint–Germain m’avait tendue à plusieurs reprises. Le vieil homme leva les yeux, brillants et excités, et s’exclama :

« C’est lui, c’est lui ! »

Je ne savais quoi faire et insistai pour qu’il boive. En regardant dans la coupe, je vis qu’elle contenait le même liquide clair et pétillant que celui que le Maître m’avait donné. Le vieil homme s’en saisit avec avidité. Son visage exprimait la plus profonde gratitude que j’eusse jamais vue, et il but. Immédiatement, il retrouva le calme et la quiétude, tout en montrant la plus intense sincérité. Je lui demandai de me raconter son histoire, et il commença :

« Mon père était officier anglais ; il était stationné au Punjab, en Inde, où nous avions notre maison. Alors que j’avais seize ans, il finança un ami qui partait pour l’Afrique du Sud tenter sa chance dans les mines de diamants, et mon père n’entendit jamais plus parler de lui.

« L’année de mes vingt ans, un étranger élancé et beau, homme de grande sagesse, rendit visite à mon père à la maison. Il apportait un message de cet ami.

‘Je vous apporte des nouvelles’, déclara–t–il, ‘de l’ami que vous avez financé il y a quatre ans. Il a connu un grand succès dans son entreprise et, en fait, il est devenu très riche. Il est mort récemment sur ses mines et n’a laissé aucun héritier. Il vous a légué toute sa fortune, ou à votre fils, pour le cas où vous seriez décédé. Si vous le souhaitez, je vais me charger de tout et faire transférer ce qui vous revient.’

‘Je ne peux pas quitter l’Inde actuellement’, répondit mon père, ‘car je suis ici en service commandé. J’apprécie grandement votre offre de vous occuper de cette affaire pour moi.’ Je me tenais à proximité pendant leur conversation, et une fois leurs arrangements réglés, l’inconnu s’est tourné vers moi.

‘Mon fils’, dit–il, ‘lorsque vous rencontrerez l’homme qui vous offrira une coupe en cristal de liquide pétillant, vous aurez trouvé celui qui peut vous aider à élever votre corps. Je ne peux rien vous dire de plus, sauf que vous le trouverez sur une grande montage en Amérique du Nord. Cela peut vous sembler vague maintenant, mais c’est tout ce que je peux dire.’

‘L’étranger s’en fut, et un mois plus tard, mon père, parti pour régler quelques affaires indigènes, fut abattu et mourut avant de pouvoir être ramené. J’étais fils unique. Un mois plus tard, mère et moi nous apprêtâmes à retourner en Angleterre. Juste avant notre départ, l’étranger revint et dit qu’il était prêt à me transmettre la fortune de mon père. Je lui expliquai que mon père avait été tué.’

‘Oui’, répliqua l’étranger, ‘lorsque je vous ai quittés, il y a deux mois, je savais que votre père décéderait avant mon retour. J’ai donc pris les dispositions pour que la fortune vous soit transférée ou, plus précisément, à la Banque d’Angleterre pour votre compte. Voici de l’argent dont vous pouvez vouloir disposer pour le voyage de retour, les documents de transfert et les références que vous devrez présenter à la banque. Vous n’aurez qu’à les remettre pour recevoir la garde de votre fortune. Une grande partie est en diamants de première qualité.’ « Je le remerciai et lui offris de le rémunérer pour ses services, mais il répliqua :

‘J’apprécie grandement votre aimable intention, mais c’est déjà réglé. Je serai heureux de vous accompagner jusqu’au bateau à Bombay.’

« Ce voyage me révéla sa grande sagesse. À ses côtés, je me sentais comme un enfant. Je sais aujourd’hui qu’il m’avait enveloppé dans une Radiation qui m’a accompagné à travers toutes ces années. Il s’occupa des questions de transport, nous accompagna jusqu’au navire, et les dernières paroles qu’il m’adressa furent :

‘Souvenez–vous de la Coupe de Cristal. Cherchez et vous la trouverez.’

« Après un magnifique voyage, nous débarquâmes à Southampton et nous rendîmes à Londres, où je présentai mes documents à la Banque d’Angleterre. L’employé auquel je les remis remarqua :

‘Oui, nous vous attendions aujourd’hui. Voici votre relevé de compte et votre chéquier.’

« Je jetai un coup d’œil pour voir à combien s’élevait ma fortune et fus surpris d’apprendre que cent mille livres sterling étaient déposées sur mon compte. Cinq ans plus tard, ma mère décéda. Je transférai la moitié de mes avoirs à une banque de New York et commençai ma recherche de l’homme à la Coupe de Cristal.

« Je ne pourrais jamais dire assez ce que furent les déceptions, les épreuves et les peines que j’ai connues, mais en dépit de tout, je ne pus jamais abandonner. Ce qui me semble particulièrement étrange, c’est que, bien que j’aie vieilli dans mon apparence extérieure, mon énergie et ma force sont aussi grandes, parfois je pense même plus grandes qu’à l’époque de ma pleine jeunesse.

« J’ai soixante–dix ans. Aujourd’hui, je ne voulais que suivre cette piste et, Dieu soit loué, je vous ai trouvé. Mon désir était si fort qu’il en était presque irrésistible.

« Mais, mon bon monsieur », demandai–je, « que dois–je faire pour vous ?

« Vous le saurez », répliqua–t–il, « car je sais que je n’ai commis aucune erreur. Au cœur de cette montagne majestueuse, il y a une Grande Puissance. Je le sens. Demandez à Dieu ce que vous devez faire. »

Soudain, je sentis le Puissant Pouvoir Divin surgir si fortement qu’il me souleva presque du sol. Faisant le signe que Saint–Germain m’avait enseigné, je demandai à Dieu la Lumière et, levant la main en signe de salut, je dis :

« Puissant Dieu dans l’homme et dans l’Univers ! Nous cherchons Ta Lumière ! Nous cherchons Ta Sagesse ! Nous cherchons Ta Puissance ! Que Ta Volonté soit faite dans et pour Mon Frère, qui m’a cherché et trouvé afin que je fasse pour lui ce que j’ignore.

Toi, Tu le sais ! Manifeste Ta Volonté à travers mon esprit et mon corps, et fais qu’advienne tout ce qui doit être fait pour lui, Ton Fils. »

Alors que ma main s’abaissait, elle tenait la Coupe de Cristal remplie de Vive Lumière Liquide. Je la lui offris, et mon Puissant Soi Divin parla à nouveau :

« Bois sans crainte. Ta quête est terminée. »

Sans l’ombre d’une hésitation, il but le contenu. Je m’avançai rapidement et pris ses deux mains dans les miennes. Lentement, progressivement, toutes les marques de l’âge disparurent en lui, et Dieu en moi poursuivit :

« Vois ! Tu es, maintenant et pour toujours, libre de toute limitation terrestre. Ascensionne maintenant vers la Grande Armée de Lumière, qui t’attend. »

Très lentement, il commença à s’élever du sol en même temps que ses vêtements humains disparaissaient, remplacés par un habit d’un blanc éblouissant. Je lâchai ses mains. Alors, d’une voix emplie de l’Amour le plus profond, il dit :

« Je reviendrai vers toi, Frère bien–aimé. Tu seras bien payé de retour pour ce Service Transcendant. Tu étais le seul à travers qui il pouvait se faire pour moi. Un jour, tu verras pourquoi. » Et, souriant de bonheur, il disparut sur un Chemin Rayonnant de Lumière.

Lorsque le Puissant Pouvoir Divin Intérieur se retira, je restai abasourdi et tombai à genoux pour exprimer la plus profonde prière de ma Vie en humilité reconnaissante et louange pour avoir eu le privilège de rendre un tel service.

Je me levai et Maître Saint–Germain me reçut dans sa merveilleuse accolade.

« Mon Frère bien–aimé ! », « je suis ravi. Votre service au Grand Dieu Intérieur a été noble et fidèle. Vous avez reçu magnifiquement votre Puissant Dieu en Action. Je vous félicite vivement. Vous serez toujours dans notre Étreinte, quand bien même vous n’en seriez pas toujours conscient extérieurement.

« Vous êtes devenu un digne Messager de la Grande Fraternité Blanche et de l’Armée Ascensionnée. Tenez–vous étroitement à votre Puissant Soi Divin. Ainsi, vous serez toujours prêt à servir, quel que soit l’endroit ou le besoin. Mon Amour vous enveloppe jusqu’à notre prochaine rencontre. Je vous tiendrai informé. »

Lentement, je repris le chemin de la maison, louant et remerciant à chacun de mes pas le Puissant Dieu Unique, qui nous moule tous dans l’Éternelle Perfection.

Chapitre IX
Vénus visite le Teton Royal

Bien des semaines s’étaient écoulées. Au matin du 31 décembre 1930, le Maître Saint–Germain arriva.

« Soyez prêt à sept heures ce soir », dit–il, « je viendrai vous chercher. Focalisez votre attention autant que possible sur la Gloire du Dieu Intérieur en vous, afin que vous receviez la totalité des bienfaits prévus pour cette Divine Occasion. Rappelez–vous votre Rayon Jumeau et votre fils, car, ce soir, vous serez tous trois les invités d’honneur de la Fraternité du Téton Royal à l’occasion de son Assemblée du Nouvel An. »

Je passai le reste de la journée dans une profonde méditation. Il arriva à sept heures, et, comme mon corps physique reposait déjà sur le lit, je n’eus plus qu’à me glisser dans celui qu’il m’avait préparé.

« Ce soir », continua–t–il, « une expérience doit être tentée, qui n’a pas été réalisée depuis plus de soixante–dix mille ans. Comme tous y sont déjà bien préparés, nous sommes tout à fait confiants quant à sa réussite. Venez ! »

Nous avions certainement voyagé à grande vitesse, bien que je ne m’en fusse pas rendu compte, car nous fûmes en peu de temps au sommet du Téton Royal, recouvert d’une épaisse couche de neige qui le faisait scintiller sous la lune comme des millions de diamants. En approchant de l’entrée du tunnel, je remarquai qu’elle était entourée d’un espace dégagé d’un rayon d’au moins trente mètres. Quand nous y entrâmes, l’atmosphère était chaude et confortable. Nous franchîmes l’entrée qui avait été ouverte pour les participants à la célébration du Nouvel An.

Saint–Germain et moi entrâmes dans la grande salle d’audience, où nous retrouvâmes Lotus et notre fils, qui étaient déjà arrivés, escortés par Amen Bey. Notre joie fut intense, car nous ne nous étions plus rencontrés sur le plan physique depuis environ deux ans, pendant lesquels chacun, en travaillant hors de son corps, avait eu aussi ses propres occupations, avec, pour conséquence, que nous nous étions trouvés, aux niveaux Intérieurs, dans des canaux d’activité différents.

Dans la grande salle, brillamment illuminée, flottait le glorieux parfum des roses et des fleurs de lotus. Venant de tous côtés, la plus délicieuse des musiques remplissait l’atmosphère. Nombre de participants étaient déjà sur place et d’autres arrivaient à intervalles rapprochés.

Nous remarquâmes qu’un objet de grande taille, recouvert d’un tissu doré, avait été placé au centre de la salle. Rien n’ayant été précisé à son sujet, nous gardâmes le silence. Saint–Germain nous présenta à nos hôtes, puis nous conduisit dans une pièce pleine d’instruments de musique peu courants, au nombre desquels il y avait un grand orgue et quatre harpes faits d’une substance semblable à de la perle parsemée de points d’or, alors que les caisses de résonance et les parties supérieures étaient en métal blanc. Les cordes des harpes étaient gainées d’argent pour les aigus, d’or pour les basses, et la matière dont elles étaient faites leur conférait une sonorité particulière, sorte de mélange de sons produits par le métal, le bois et la voix humaine. On ne peut se représenter la sonorité de ces instruments qu’en les écoutant, car ils étaient différents de tout ce qui a été utilisé dans le monde de la musique occidentale. Ils se rapprochent un peu des sons magnifiques de l’esraj, un instrument que l’on rencontre en Inde.

Nous vîmes aussi quatre violons, faits de la même substance semblable à de la perle, mais leur résonance dépasse largement celle de tout bois connu. Leurs cordes étaient gainées d’or et d’argent et avaient une tonalité presque au–delà de toute description. Nous entendîmes tous ces instruments plus tard dans la soirée.

De retour à la Grande Salle d’Audience, Saint–Germain montra à Lotus et à notre fils les magnifiques portraits qui venaient d’être transférés du temple de Mitla, à Oaxaca, au Mexique. Il les accompagna à travers la salle des archives, où leur furent montrées les preuves des observations que j’y avais faites antérieurement avec lui.

Pour le travail à faire au cours de cette célébration du Nouvel An, tous les membres du Téton Royal étaient vêtus de superbes tuniques dorées, avec, au côté gauche de la poitrine, l’emblème de la Fraternité, brodé de manière à lui donner l’aspect d’un velours bleu foncé, de même nuance que le grand panneau du Miroir Cosmique.

Étaient présents soixante–dix hommes, trente–cinq dames et le Maître Président, Lanto, qui est le Frère Béni responsable de cette Retraite. Lorsque tous ceux qui appartiennent à cette branche furent réunis, il s’avança et s’adressa à eux en ces mots :

« Il est onze heures, l’heure de notre méditation. Dirigeons ce soir notre adoration vers la Grande Lumière, sentons–nous Un avec notre propre Divinité, pendant trente minutes, puis reconnaissons pendant trente autres minutes l’Unité de Vénus avec notre Terre. Que chacun prenne sa place habituelle en formant une ellipse au centre de la pièce. »

Pendant une heure, il sembla que cent six personnages dorés étaient unis en un seul et même souffle, tant ils étaient à l’unisson. À la fin de la méditation, l’immense hall fut envahi par un joyeux éclat de musique, et Lanto s’avança devant le Grand Miroir.

Il étendit les mains, et une formidable explosion de Lumière jaillit devant le miroir, faisant apparaître dans le lointain un groupe de personnes entouré de Lumière rose, or et violette, éclatante de beauté et de rayonnement. Alors que le groupe se rapprochait, les mêmes magnifiques couleurs emplirent la grande salle d’audience, donnant à chaque personne présente un extraordinaire sentiment d’élévation et de puissance.

À ce moment, douze Invités de Vénus furent parmi nous, vêtus d’habits blancs et scintillants au– delà de tout ce qu’on peut décrire, sept hommes et cinq dames, tous d’une très grande beauté.

Six de ces hommes mesuraient près d’un mètre quatre–vingt–quinze, et le septième les dépassait bien de cinq centimètres. Les dames, elles, avaient une taille de plus d’un mètre soixante–quinze. Ils avaient tous une chevelure châtain clair, à l’exception du Grand Maître, qui l’avait, lui, de l’or flamboyant le plus pur. Leur yeux couleur violet–bleu, brillants et perçants, étaient magnifiques et fascinants.

Le Grand Maître fit le salut de l’Orient en effleurant son cœur et son front du bout des doigts de sa main droite et s’inclina profondément devant Lanto. Les autres s’avancèrent à leur tour, le saluèrent et furent présentés à l’assemblée. Lanto leur adressa quelques brèves paroles de bienvenue, dont seule la partie qui suit peut être rapportée :

« En présence du Dieu Suprême et Unique et des membres de la Grande Fraternité Blanche ici présents, les douze Invités de Vénus sont faits Membres de la Fraternité du Téton Royal. »

Le Grand Maître fut désigné comme Maître Président pour la soirée. Il remercia pour l’accueil, se dirigea vers le centre de la pièce et fit enlever le tissu d’or qui recouvrait les objets.

Et voici que devant nous se trouvaient les trois cercueils de cristal contenant encore les corps conservés de Lotus, de notre fils, et le mien. Ils avaient l’air de dormir, comme si les formes venaient d’aller se coucher, et ils rayonnaient de santé. Le Maître Président se tourna vers nous et dit :

« Êtes–vous prêts ? » Et nous trois répondîmes par l’affirmative.

« Alors, prenez place à côté des conteneurs », ordonna–t–il.

Nous obéîmes, et immédiatement, un Merveilleux Rayonnement nous enveloppa, nous et les corps, et son intensité augmenta rapidement jusqu’à ce que nous fussions probablement invisibles à la vue extérieure. En quelques instants, la Radiance diminua et, à notre surprise, les cercueils étaient vides. Nous nous tenions là, debout, habillés de ces corps que nous avions déposés il y a si longtemps et qui avaient été conservés et purifiés par la Flamme de Vie pendant tous ces siècles.

La transformation était surprenante ; le sentiment que nous éprouvions est indescriptible, et nous étions aussi étonnés que peut l’être le lecteur. Cependant, le côté humain de n’importe qui, même à son meilleur niveau, sait si peu des formidables Merveilles qui existent partout et toujours tout autour de nous et des Infinies Possibilités offertes à chaque plan de Vie, que tout est possible. Et plus nous vivons dans l’Amour et la reconnaissance de notre Divinité, plus ces Merveilles dans toute la Création se révèleront dans nos vies individuelles.

L’expérience avait été un succès, et alors que nous marchions parmi les Frères et les Sœurs, tous nous félicitèrent, le Maître et nous–mêmes, pour cet accomplissement. Ils se réjouissaient grandement qu’une expérience si étrange fût devenue une Vérité puissante, et beaucoup relevaient l’étroite ressemblance de ces corps avec ceux des Visiteurs de Vénus.

Les cercueils de cristal furent déplacés dans leur chambre, et les merveilleux instruments de musique furent amenés dans la salle d’audience. Saint–Germain joua la première pièce au grand orgue, qu’il avait appelée ‘Cœurs du Futur’. Elle me sembla la musique la plus délicate, la plus colorée, pourtant puissante, jamais sortie d’un orgue sur Terre. Pendant qu’il jouait, les plus belles couleurs, somptueuses à couper le souffle, se répandaient dans l’atmosphère de l’énorme salle.

Un groupe joua le morceau suivant : le Maître Saint–Germain à l’orgue, trois des Maîtres Féminins de Vénus et Lotus à la harpe, deux des Frères de Vénus, notre fils et moi–même au violon. Lorsque tout le monde fut prêt, les mots ‘Ames en Extase’ apparurent en lettres flashées au–dessus de l’orgue. Pendant que Saint–Germain jouait le prélude, tous entrèrent dans la plénitude et la joie de cette merveilleuse musique. Son volume et sa puissance prirent une telle ampleur que ce fut comme si la beauté et la gloire de cette joie émettait suffisamment de Conscience Divine pour élever dans la Perfection Éternelle toute l’humanité et la Terre elle– même.

Quatre autres œuvres furent jouées, avec la même puissance d’élévation et d’harmonisation universelles, au point que nous eûmes l’impression que la montagne même pourrait se soulever. Lorsque la musique prit fin, les instruments furent remisés, et le Maître Président fit asseoir en ordre convenu les personnes présentes devant le Grand Miroir. Il prit place lui–même à la pointe du triangle de terre, et des scènes et merveilles de Vénus commencèrent à apparaître, en même temps qu’il expliquait chaque détail dont la compréhension n’allait pas de soi.

Les images apportèrent de nombreuses révélations sur le système éducatif, montrant des instruments astronomiques, dont la perfection aurait laissé béat d’admiration et d’étonnement le monde scientifique actuel, et des équipements de géologie pour l’examen de l’intérieur des strates des planètes Vénus et Terre. Nous vîmes des inventeurs et plusieurs de leurs formidables découvertes, qui dépassaient notre imagination la plus audacieuse.

« Nombre de ces inventions », commenta le Maître, « seront amenées et utilisées sur Terre au cours de l’Age de Cristal Doré, dans lequel nous sommes entrés maintenant. »

Certaines des principales inventions que la Terre utilisera nous furent expliquées. Si l’humanité pouvait les voir, elle reprendrait courage et énormément confiance dans l’avenir. Il se peut que ces images de Vénus puissent être reprises et décrites plus tard dans un ouvrage distinct, pour autant que la permission en soit obtenue.

Les scènes de Vénus terminées, ce fut le tour de la Terre. De nombreux changements furent montrés qui se produiront au cours des soixante–dix années à venir. Ils concernaient l’Europe, l’Asie, l’Inde, l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud. Ils nous révélèrent que, malgré les apparences actuelles, la force sinistre qui tente de créer le chaos et la destruction dans le monde entier sera complètement anéantie. Quand ce sera fait, la masse des hommes se tournera vers la Grande Présence Divine à l’intérieur de chaque cœur, qui gouverne aussi l’Univers. « La Paix régnera sur Terre, et l’homme fera preuve de bonne volonté envers l’homme. » Cette révélation était stupéfiante. Suivirent les scènes finales qui concernaient principalement les États–Unis au siècle prochain. Les progrès qu’ils connaîtront sont presque incroyables.

Ces choses–là sont vraies, car la Grande Loi Divine est infaillible, et les Révélations de cette nuit du Nouvel An sont les Annales de Dieu, Véritables et Éternelles.

Certaines grandes âmes nous furent présentées, qui s’éveilleraient, s’élèveraient et rejoindraient l’Armée des Êtres Ascensionnés pour la réalisation de ce grand progrès. Ensuite, le Maître Président rappela à l’assistance la mémoire des Kumaras Bénis et, d’une voix empreinte d’Amour et d’Adoration, il leur rendit hommage en exposant ceci :

« Les Sept Kumaras, que certains étudiants intérieurs connaissent sous le nom de Seigneurs de la Flamme, de Vénus, furent les seuls de tout ce système de planètes à offrir, de leur propre libre arbitre et par Amour infini, de veiller sur les enfants de la Terre et de les assister dans leur progrès ascendant. C’est à l’époque la plus critique de la croissance de la Terre qu’ils vinrent et apportèrent une aide transcendante. C’était le temps d’initiation qui est très dangereux dans la Vie d’une planète et de son humanité, mais grâce à leur protection et à leur guidance, le but fut atteint et les hommes furent en mesure d’atteindre les Hauteurs Supérieures.

« De nombreux Frères savent que tous les deux mille cinq cents ans, les Kumaras libèrent une effusion accrue d’Amour, de Sagesse et d’Energie Cosmiques. Cette Lumière Flamboyante et cette Radiation Transcendante qui se déversent sur la Terre et sur ses habitants, imbibant tout, sont un formidable processus d’élévation qui donne une impulsion de progrès à la croissance de la Terre entière comme à son humanité.

« Précédant de peu chacune de ces Grandes Effusions surviennent des perturbations physiques extraordinaires, et un malaise général se ressent dans la population. Ces troubles proviennent de la discorde accumulée au cours de la dernière phase de la période précédente. Une telle disharmonie est toujours générée par l’abandon du Principe de Vie fondamental, et le dérèglement humain des sens qui en résulte pollue l’activité extérieure de l’humanité, de la Terre et de son atmosphère.

« C’est pour l’épurer et ramener l’humanité à la Pureté Originale de la Vie que des actions cataclysmiques se produisent. C’est à la suite de ces périodes que les Kumaras libèrent une effusion énorme de LUMIERE pour éclairer et renforcer les enfants de la Terre, leur permettant finalement de réaliser la Conquête Suprême.

« Nous nous approchons à nouveau d’une telle période, et cette fois–ci, l’effusion d’Amour, de Sagesse et d’Energie Cosmiques, les puissants Rayons de Lumière, non seulement stimuleront les esprits de la race, mais aussi la structure atomique de la Terre, la rendant plus Lumineuse dans notre système solaire. Jamais, depuis que ces Grands Seigneurs de la Flamme sont venus sur Terre, les conditions n’ont permis une si Grande Effusion, comme elle se produira avant longtemps. Nombre de ceux, qui semblaient endurcis par leurs activités passées, s’éveilleront presque d’un jour à l’autre, et ressentiront la Proximité de la Grande Présence Divine dans chaque cœur. Nombreux parmi ceux qui sont restés doux et humbles, mais près de la Présence Intérieure, vont soudainement, à leur propre étonnement et à celui des autres, exploser de Lumière Transcendante, qu’ils manifesteront. Tout sera fait par la Puissance de l’Amour Divin, et l’humanité commencera réellement à se rendre compte que le comble de la folie est qu’une partie de la Création Divine fasse la guerre à une autre partie.

« Le désir de bénir autrui plutôt que soi–même entrera de façon quasi involontaire dans le cœur des hommes ; il projettera une Lumière qui illuminera le reste du Chemin vers la Perfection.

« L’égoïsme seul maintient les enfants de cette sphère dans l’asservissement et la misère qui ont pu s’exprimer sur Terre, mais quand la Lumière du Christ étendra l’Amour dans le Cœur, il fuira et fera naufrage dans la mer de l’oubli.

« De grands changements physiques naturels auront lieu. Deux Grands Centres de Lumière répandront leurs bienfaits sur l’humanité : le premier sera la Glorieuse et Étincelante Présence de Shamballa dans son Éblouissante Radiation, le second se manifestera aux États–Unis, cependant ailleurs que là où tous ont pu être amenés à le croire, et en un lieu qui n’a pas encore été indiqué aux canaux extérieurs du monde.

« Pendant l’activité actuelle d’assistance et d’effusion intense de Lumière de la Grande Armée Ascensionnée, qui aide les enfants de la Terre, des centaines de gens verront leurs corps physiques stimulés par la rapide élévation du rythme vibratoire et, cela fait, ils réaliseront que leur limitation et leur discorde physiques ont été jetées comme des guenilles ; ils réaliseront aussi pour toujours qu’eux, Enfants de la Lumière, ils feront un pour toujours avec l’Éternelle Flamme de Vie, avec la Perfection de la Jeunesse et de la Beauté Éternelles, et qu’ils seront une réalité visible et tangible.

« Bien–aimés enfants de la Terre, vous vous trouvez sur le Seuil des Ages. Les Grands Êtres d’Amour en gardent la porte ouverte et vous invitent toujours à cheminer consciemment en leur compagnie dans la Lumière. Quelles que soient les activités et les apparences du monde extérieur, marchez avec la Lumière et dans la Lumière. Vous rencontrerez alors un Maître de Lumière, qui, ayant suivi ce même sentier avant vous, sera toujours à vos côtés et veillera sur vous pour vous révéler le Vrai Chemin.

« Le cycle change et nous entrons dans une Nouvelle Dispensation qui amène avec elle des moyens plus sûrs, plus puissants et néanmoins plus rapides, qui permettent à celui qui gravit le Chemin de la Réalisation de garder un contact permanent avec la Grande Lumière Cosmique.

« Dans cet Ordre Nouveau, la discipline exigera du néophyte qu’il focalise et maintienne toute son attention sur les trois centres du corps les plus hauts, et il fera tout son travail à leurs niveaux. Seuls les centres du cœur, de la gorge et de la tête recevront sa considération et son attention conscientes.

« Tout l’effort de l’aspirant consistera à conserver son attention sur ceux–ci, car ce n’est qu’en se détournant des centres inférieurs qu’il pourra s’extirper de la misère et de la limitation. Le centre au sommet de la tête est le foyer le plus élevé du corps humain, et c’est là que pénètre la Corde d’Argent de Lumière Blanche Liquide qui vient de la Grande Source de Création.

« Quand l’attention de l’esprit reste fixée sur ce centre, la Porte de l’Ame s’ouvre et l’Activité Triple de la Pure Lumière Blanche entoure la poitrine juste au–dessous du plexus solaire, éliminant pour toujours les activités destructrices de la nature animale dans l’homme. Cela permet à son âme de faire un bond en avant dans son Activité Divine Complète et de s’unir une fois de plus avec la Perfection de Sa Source pour être, ensuite, éternellement Maître de toute création humaine, c’est–à–dire des discordes de la Terre. Les étudiants sincères devraient méditer fréquemment sur l’Action Parfaite de la Lumière Dorée dans leur tête, car elle illuminera et instruira l’esprit extérieur dans toutes les bonnes choses. C’est la Lumière du Dieu Intérieur, et chacun devrait ressentir comment elle remplit sa conscience entière, son corps et son monde. C’est la ‘Lumière qui éclaire tout homme qui vient en ce Monde’, et il n’y a aucun être humain qui n’ait pas en lui un peu de cette Lumière.

« Beaucoup, à travers la Terre, sont en train de s’éveiller rapidement et de ressentir en eux le Puissant Jaillissement de cette Lumière Intérieure, qui, par-là, trouve à mieux s’exprimer. S’ils veulent se conserver fermement en harmonie, s’ils gardent leur attention de manière inflexible sur le Soi Divin Intérieur et s’ils acceptent et visualisent la pleine activité de son Éblouissante Radiance, ils peuvent s’envelopper eux–mêmes dans la Triple Activité de la Lumière Blanche, ce qui élimine toute création discordante du monde extérieur.

« Bien–aimés Frères et Sœurs, nous aurons la joie et le privilège de vous rencontrer en janvier et en juillet de chaque année, ici dans votre Retraite, en raison de la Proximité et de l’Effusion de la Lumière Divine Contrôlant Tout qui inondera bientôt l’Amérique d’un rivage à l’autre.

« Maintenant, alors que les conteneurs de cristal sont en train d’être amenés, méditons intensément sur l’Unité entre Vénus et la Terre, sur l’Omniprésence de la Divinité résidant dans la forme. »

Nous restâmes plongés dans un profond silence pendant à peu près dix minutes, puis le Maître Président ordonna à nous trois de prendre nos places à côté des cercueils. Il fit le Signe du cœur et de la tête, croisa les mains sur la poitrine et appela la Présence Divine :

« O Toi, Puissant Créateur de l’Univers et de tout ce qu’il contient, Toi, Dieu Omniprésent et Unique, nous attendons la Manifestation de Ta Grande Présence Bénéfique. »

Une essence lumineuse, douce et rose, s’approcha près de nous et nous enveloppa, nous–mêmes et les conteneurs. Tout à coup, une Grande Colonne de Lumière Blanche Eblouissante pénétra dans la Radiance qui nous enveloppait, y resta trois ou quatre minutes et disparut progressivement de notre vue.

Lorsque nous regardâmes dans les conteneurs, les trois corps y reposaient. Nous observant tous les trois, nous vîmes que nous avions revêtu les corps que Saint–Germain nous avait préparés et grâce auxquels nous avions pu rendre visite à la Grande Assemblée au Téton Royal.

Le Maître Président bénit les personnes assemblées, la Fraternité du Téton Royal et tous les habitants de la Terre, en promettant de revenir les voir au mois de juillet suivant.

Les Douze de Vénus reprirent leur place sur le cercle du sol de la salle d’audience.

La montagne tout entière trembla sous l’action du Puissant Pouvoir Divin qu’ils avaient attiré, et la Lumière ainsi focalisée prit la forme d’un aigle gigantesque, de corps violet et à la tête et aux pieds couleur d’or. La salle entière s’emplit d’une Lumière Blanche Resplendissante formant le départ d’un grand Chemin d’Essence Lumineuse par lequel les Douze Êtres Radieux retournèrent dans leur foyer sur Vénus.

La Vision Suprême qui s’offrit aux personnes assemblées dépasse tout ce qui peut être décrit par la parole. Au moment où la Grande Activité Vibratoire fut abaissée, une Merveilleuse Radiance de Cristal illumina le Miroir Cosmique, sur lequel apparurent les mots : ‘Paix et Illumination à toute la Terre et à ses habitants. Bénédictions de Vénus’.

Chaque invité toucha son cœur et son front, croisa les mains sur la poitrine et s’inclina en signe d’acceptation de la Puissante Effusion. Un à un, les invités défilèrent devant Lanto pour recevoir une instruction personnelle concernant le travail de l’an mille neuf cent trente et un, puis ils s’assirent en silence profond et en adoration de la Grande Lumière. A la fin de la méditation, un jaillissement de musique glorieuse emplit le grand hall, et les têtes s’inclinèrent pour recevoir Sa Bénédiction. Belle et claire, sa Voix résonna :

« Il n’est rien de Suprême sauf Dieu. Il n’est rien d’Éternel et de Réel que le Christ. Il n’est rien de Vrai que la Lumière. Ces Trois sont l’UN. Tout le reste n’est qu’ombre. Souvenez–vous : les ombres dissimulent, les ombres trompent et les ombres font trébucher l’humanité.

« Celui qui avance sur le Chemin de Lumière se tient vraiment au Christ et regarde toujours vers Dieu ; il vit dans un monde qui lui est propre, imperméable aux furieux tourbillons qui l’entourent et aux ombres qui subsistent, même quand il y travaille. Il dirige sa Lumière sur elles et les précipite ainsi dans la mer de l’oubli.

« Il n’est pas de bonheur autre que de faire face au Grand Dieu Unique, Source de Tout, et de L’adorer. Il n’est rien de permanent sauf le Christ. Il n’y a aucune autre manière d’avancer dans l’Univers que de prendre le Chemin de Lumière.

« Si vous vous armez de cette Éternelle Compréhension de la Vie, si vous jurez allégeance seulement à votre Source, Dieu, restez vrais envers le Christ et portez la Lumière, vous ferez de l’obligation ‘d’Aimer et de Bénir la Vie’ votre code d’honneur, quelle que soit la forme que prenne la Vie pour s’exprimer et où que vous la rencontriez. C’est l’Éternel Plan de l’Existence, et quiconque sait Cela peut aller partout dans l’Univers, explorer tout ce qui s’y trouve, et néanmoins rester préservé de n’importe quelle ombre créée par une humanité oublieuse de son Origine.

« DIEU seul est Grand, et toute Gloire n’appartient qu’à la Source de toute Grandeur. Est véritablement sage celui qui ne reconnaît que sa Source et en refuse toute autre, car il devient le Bonheur Permanent et reste le Maître, où qu’il aille.

« Alors, et alors seulement, peut–il devenir Créateur de Mondes. Sur ceux–ci, il répand son bonheur, et c’est dans cette activité que vit réellement le Plan Divin pour tous.

« Membres de la Fraternité du Téton Royal ! révélez ce Plan aux enfants capricieux de la Terre. Déversez votre Radiance sur les ombres qu’ils se sont créées eux–mêmes, et montrez–leur la Voie vers le Grand Soleil Central, notre Source Transcendante. Que ma Lumière vous enveloppe, ma Puissance vous élève et mon Amour s’insuffle à travers vous dans ceux qui cherchent leur foyer dans la Lumière.

« Bien–aimée humanité, que cette même Puissante Radiance déverse sa Lumière pour vous illuminer, vous guérir et vous bénir de cet Amour Divin, qui, toujours, tiendra tous les hommes serrés dans l’Étreinte Éternelle de l’Unique Lumière Suprême.

« Amérique, que Dieu te bénisse et t’habille maintenant de la Lumière Éternelle sans ombres.